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Thomas Rivière

Haïti : au moins 40 morts dans une attaque de gangs armés à Kenscoff

Une attaque nocturne menée par des gangs armés a fait environ quarante morts dans la commune de Kenscoff, près de Port-au-Prince. Les assaillants ont notamment pris pour cible un camp de déplacés installé dans une église.

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Une attaque meurtrière dans un camp de déplacés

Une attaque de gangs armés a fait environ quarante morts dans la nuit de dimanche 23 à lundi 24 août à Kenscoff, commune située dans les hauteurs de la capitale haïtienne Port-au-Prince. Le maire de la ville, Massillon Jean, a confirmé ce bilan provisoire à l'Agence France-Presse, précisant que les recherches se poursuivaient et que certaines personnes restaient portées disparues.

Nous avons dénombré une quarantaine de cadavres. Les recherches se poursuivent. Certaines personnes sont toujours portées disparues
a déclaré l'édile, évoquant
une nuit de terreur
. Les membres de gangs
ont fait une incursion dans un camp de déplacés situé dans une église. Ils ont exécuté plusieurs personnes. On recense des morts et des dizaines de blessés. Certaines personnes ont été enlevées
a-t-il ajouté.

Kenscoff visée à plusieurs reprises

Cette attaque s'inscrit dans une série de violences qui frappent Kenscoff depuis plusieurs mois. En juillet dernier, des attaques armées survenues entre le 4 et le 8 juillet avaient déjà provoqué le déplacement d'environ 5 840 personnes, selon l'Organisation internationale pour les migrations. Les affrontements entre groupes armés cherchant à étendre leur emprise dans la région se multiplient dans cette zone montagneuse proche de la capitale.

Le premier ministre Alix Didier Fils-Aimé, qui assume seul le pouvoir exécutif depuis février 2026 après l'expiration du mandat du Conseil présidentiel de transition, a exprimé dans un communiqué sa

profonde compassion
pour les victimes et leurs familles. Le gouvernement a également annoncé l'envoi de renforts afin de rétablir la sécurité dans la zone.

Une violence généralisée

Haïti, pays le plus pauvre des Amériques, traverse une crise sécuritaire sans précédent. Selon les statistiques des Nations unies, plus de 3 100 personnes ont été tuées et 1 189 blessées entre janvier et juin 2026. Les gangs armés multiplient meurtres, enlèvements, viols et recrutements d'enfants à travers le pays.

Les groupes armés contrôlent désormais entre 70 et 90 % de Port-au-Prince, selon plusieurs estimations internationales. Cette emprise croissante a provoqué des déplacements massifs de population : près de 1,5 million de personnes sur environ 11 millions d'habitants ont été déplacées à l'intérieur du pays à cause des violences, selon une estimation de l'Organisation internationale pour les migrations en juin.

Une réponse internationale encore limitée

Face à cette situation, une Force de répression des gangs (FRG) soutenue par l'ONU est en cours de constitution pour assister les forces de police locales dépassées. Créée en septembre 2025 par le Conseil de sécurité des Nations unies en remplacement de la mission d'appui multinationale initiale, cette force a reçu ses premiers déploiements en avril 2026, avec l'arrivée de contingents en provenance du Tchad.

À terme, la FRG doit compter 5 500 policiers et militaires étrangers, mais le nombre d'effectifs actuellement déployés sur le terrain n'est pas connu. Cette montée en puissance progressive intervient alors que le pays se prépare à organiser des élections générales le 13 décembre 2026, les premières depuis plus d'une décennie, dans un contexte sécuritaire particulièrement préoccupant.

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