Un engouement sans précédent
Les 12 500 places gratuites permettant d'accéder aux quatre zones aménagées à Metz pour apercevoir le pape Léon XIV lors de sa venue le 28 septembre se sont arrachées en quelques jours. Depuis l'annonce de cette visite historique, la cité mosellane connaît un engouement sans pareil.
Entre 50 000 et 100 000 personnes devraient se presser le long du parcours de 2 200 mètres que le Saint-Père effectuera en papamobile. Cette venue s'inscrit dans le cadre d'un voyage apostolique du 25 au 28 septembre qui mène le pontife à Paris, Lourdes puis Metz. Il s'agit de la cinquième visite internationale de Léon XIV, né Robert Francis Prevost le 14 septembre 1955 et élevé au rang de cardinal par le pape François le 30 septembre 2023. Surtout, c'est la première visite papale officielle en France depuis celle de Benoît XVI en septembre 2008, soit dix-huit ans d'attente.
À Paris, environ 800 000 personnes ont convergé sur les Champs-Élysées, tandis qu'à Lourdes, quelque 150 000 fidèles ont assisté à la messe en plein air. À Metz, l'affluence s'annonce elle aussi considérable pour cette ville de 122 572 habitants, dont l'agglomération compte environ 228 000 résidents.
Une pénurie d'hébergements
Fin juillet, le parc hôtelier de la ville affichait déjà complet pour cette date, malgré des tarifs parfois multipliés par trois ou quatre. La plateforme Airbnb a enregistré une hausse de 194 % des recherches pour Metz, tandis que Booking a observé un bond de 306 %. Face à cette pénurie de logements, l'évêché a lancé un appel aux volontaires pour héberger les fidèles.
Le recrutement de bénévoles a lui aussi dépassé toutes les espérances.
Il nous en fallait 1 200 et 1 500 ont répondu présent
Un message de paix depuis une terre meurtrie
Si les étapes parisiennes et lourdinaises s'inscrivent dans une logique évidente, le choix de Metz pour clore ce périple a surpris. Le pape entend délivrer un message de paix depuis cette terre meurtrie par les guerres, berceau de l'idée européenne portée par Robert Schuman. Cet homme politique français, qui fut ministre des Affaires étrangères, prononça le 9 mai 1950 sa célèbre déclaration proposant la création de la Communauté européenne du charbon et de l'acier, première pierre de la construction européenne. Cette date du 9 mai est aujourd'hui célébrée dans toute l'Union européenne comme la Journée de l'Europe.
Schuman lui-même est décédé à Metz le 4 septembre 1963. En juin 2021, le pape François l'a déclaré vénérable, après que le Vatican eut conclu qu'il avait vécu une vie de vertu héroïque, étape importante dans son processus de canonisation. Durant la Seconde Guerre mondiale, Schuman fut arrêté par la Gestapo en 1940, s'échappa en 1942 et passa le reste de la guerre caché dans des monastères, participant aux activités de la Résistance française.
Située dans le nord-est de la France, à seulement 85 minutes de Paris en train, Metz jouxte les frontières belge, luxembourgeoise et allemande, faisant d'elle un véritable carrefour européen. La cathédrale de la ville abrite environ 70 000 pieds carrés de vitraux datant du XIIIe au XXe siècle, la plus grande surface de vitraux de France, témoignage remarquable de son patrimoine architectural.
Une aubaine pour l'attractivité touristique
Cette visite papale représente une opportunité majeure pour Metz, qui cherche à développer son attractivité touristique. La ville connaît depuis quelques années une expansion dans ce domaine, et l'événement du 28 septembre devrait lui offrir une vitrine internationale inespérée.
Cette venue s'inscrit également dans un contexte de renouveau religieux en France. Le nombre de baptêmes d'adultes a considérablement augmenté ces dernières années, porté notamment par les jeunes de 18 à 25 ans. Cette dynamique pourrait expliquer en partie l'enthousiasme suscité par cette visite papale historique.



