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Adrien Collet

Michel Platini réclame le départ de Gianni Infantino de la présidence de la FIFA

L'ancienne légende du football français accuse le patron de la FIFA de ne pas respecter les règles du jeu et estime qu'il doit quitter ses fonctions, alors que l'UEFA prépare une plainte pénale en Suisse.

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Michel Platini réclame le départ de Gianni Infantino de la présidence de la FIFA

Michel Platini a lancé dimanche un appel sans équivoque au départ de Gianni Infantino de la présidence de la FIFA. L'ancien numéro 10 de l'équipe de France, triple Ballon d'Or et ex-président de l'UEFA, a estimé sur Canal+ que le dirigeant italo-suisse avait failli à sa mission première en ne respectant pas les règles fondamentales du football.

Les affaires économiques sont une chose, mais je pense qu'Infantino a failli parce qu'il est le garant des règles du jeu et il ne les a pas respectées

a déclaré Platini dans l'émission « Canal Football Club ». L'ancien joueur a cité trois exemples précis pour étayer son accusation : les pauses publicitaires systématisées durant la Coupe du monde 2026, la prolongation de la mi-temps de la finale à 30 minutes, et l'affaire du carton rouge de l'attaquant américain Folarin Balogun.

Une intervention présidentielle controversée

Cette dernière affaire illustre particulièrement les critiques de Platini. Le président américain Donald Trump a personnellement contacté Gianni Infantino pour demander la révision de l'expulsion de Balogun. La FIFA a alors suspendu la sanction en invoquant l'article 27 de son code disciplinaire, permettant au joueur de disputer la suite du tournoi malgré son carton rouge.

Les pauses obligatoires pour l'hydratation, introduites lors des 104 matchs de la Coupe du monde 2026 indépendamment de la température, ont également suscité la controverse. Ces interruptions auraient généré environ 250 millions de dollars de revenus publicitaires supplémentaires pour le diffuseur américain Fox Sports.

Une pression croissante sur le président de la FIFA

Gianni Infantino, qui dirige la FIFA depuis février 2016 après avoir succédé à Sepp Blatter dans un contexte de scandales de corruption, fait face à la crise la plus sérieuse de ses dix années à la tête de l'instance mondiale. Le 27 août 2026, l'UEFA a annoncé son intention de déposer une plainte pénale devant les tribunaux suisses pour « gestion déloyale », en vertu de l'article 158 du Code pénal suisse, concernant le projet avorté de privatisation de la Coupe du monde.

Ce projet prévoyait la cession d'une participation de 20% dans FIFA Forward Enterprise à des investisseurs privés pour 4,2 milliards de dollars, avec Thrive Capital Management, fondé par Joshua Kushner, comme investisseur principal. La confédération européenne a été rejointe par la Confédération asiatique de football (AFC) et la CONCACAF, formant une coalition représentant l'Europe, l'Asie, l'Amérique du Nord, l'Amérique centrale et les Caraïbes.

« Ce sera par la justice »

Ce ne sera pas par les instances du sport que ça se réglera et qu'il tombera. Je pense que si l'UEFA veut faire tomber Infantino, ce sera par la justice

a affirmé Michel Platini. L'ancien dirigeant a également porté plainte en juin 2026 contre Gianni Infantino pour « dénonciation calomnieuse » et « trafic d'influence ». « Je l'ai fait en France parce qu'en Suisse, je n'ai pas beaucoup de chances de gagner », a-t-il expliqué avec un sourire.

Platini a évoqué sa propre histoire avec la FIFA, marquée par des accusations d'escroquerie qui l'avaient écarté de la course à la présidence en 2016. Son acquittement définitif a été prononcé en août 2025, lorsque le Ministère public suisse a annoncé qu'il ne ferait pas appel du jugement de mars 2025 qui l'avait blanchi, lui et Sepp Blatter, des accusations de fraude liées à un paiement de 2 millions de francs suisses. Les procédures pénales lancées en 2015 avaient suspendu les deux hommes de leurs fonctions, ouvrant la voie à l'élection inattendue d'Infantino en février 2016.

J'ai toujours su qu'il aimait beaucoup l'argent et le pouvoir

a déclaré Platini au sujet d'Infantino, son ancien secrétaire général à l'UEFA. « Ce n'est pas lui qui m'a fait tomber, il en a profité. Mais maintenant qu'il y a beaucoup d'enquêtes qui sont menées dans le monde, il y a des bruits qui circuleraient selon lesquels il était au courant de certaines choses. Suite au prochain épisode. »

Interrogé sur un éventuel retour dans les instances du football, Michel Platini a été catégorique : « Non, je n'ai pas envie. Les clubs, les instances, c'est fini. » Il a néanmoins laissé entendre qu'il pourrait créer une société de conseil dans le football, de nombreux clubs et fédérations lui ayant demandé son aide.

Le prochain congrès de la FIFA, prévu en mars 2027 au Maroc, devrait voir Gianni Infantino se présenter à sa propre succession. Réélu sans opposition en 2019 et 2023, le président de la FIFA fait désormais face à une coalition internationale déterminée à l'évincer et à d'éventuelles poursuites judiciaires en Suisse.

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