Payer ne supprime pas les publicités
L'offre payante donne accès au site pendant un mois sans dépôt de cookies publicitaires destinés à analyser la navigation. Son prix n'est pas renseigné dans le panneau disponible. Les annonces restent affichées, mais elles ne s'appuient pas sur ces traceurs.
Le panneau précise que les cookies nécessaires au fonctionnement du site et à la mesure de son audience restent utilisés dans cette formule. Il les présente comme exemptés de consentement.
Pour consulter gratuitement le site, le visiteur doit autoriser Webedia et ses 1 043 partenaires, dont 1 033 partenaires IAB, à recueillir des données personnelles et à employer des cookies publicitaires ou des technologies similaires. Parmi les usages annoncés figurent les profils publicitaires personnalisés, la mesure des performances, les études d'audience et la géolocalisation précise.
L'utilisateur peut revenir sur son accord à tout moment en passant par "Préférences cookies", en bas des pages. Le panneau indique qu'il lui faut alors souscrire l'offre payante pour continuer à consulter les contenus sans cookies publicitaires.
Un modèle adopté par Webedia en avril 2021
Webedia justifie ce choix par le financement de ses contenus et services. Selon l'éditeur, la réglementation sur les cookies ne lui permet plus de dépendre uniquement de la publicité personnalisée, sur laquelle reposait historiquement son modèle économique.
Le groupe a déployé ce "cookie wall" sur l'ensemble de ses sites grand public en avril 2021. Les tarifs étaient alors de 2 € TTC par mois pour jeuxvideo.com et AlloCiné, contre 1 € par mois pour Ozap et TerraFemina. Le panneau apparaissait également sur PurePeople et Puremédias. Numerama décrivait à l'époque cette extension à plusieurs propriétés du groupe.
20 Minutes relevait aussi ce changement pour des services habituellement gratuits, notamment les forums de jeuxvideo.com. Selon le journal, la publicité non ciblée rapporte environ deux fois moins que la publicité ciblée : les abonnements payants servent à compenser le manque à gagner lorsque les internautes refusent les cookies.
Dans une analyse publiée le 12 février 2026, Minted estime que le taux de consentement atteint environ 85 % avec un dispositif de type "consent wall". Le média indique qu'avec les premiers bandeaux proposant de tout accepter ou de tout refuser, environ 40 % des utilisateurs refusaient le suivi.
Une légalité à examiner au cas par cas
La présence d'une option payante ne suffit pas, à elle seule, à trancher la question juridique. Dans ses lignes directrices de juillet 2019, la CNIL avait interdit les murs de traceurs. Le Conseil d'État a toutefois écarté cette interdiction générale et absolue par sa décision du 19 juin 2020.
Comme le rappelle la CNIL, la liberté du consentement doit être examinée pour chaque situation, en tenant compte notamment de l'existence d'une alternative réelle et satisfaisante lorsque l'internaute refuse les traceurs.
Le 16 mai 2022, l'autorité a publié ses premiers critères d'évaluation. Elle recommande une alternative réelle et équitable ainsi qu'un prix "raisonnable" pour l'accès payant. Elle ne fixe cependant aucun seuil chiffré : le caractère raisonnable du tarif doit lui aussi être apprécié au cas par cas.




