Incendie meurtrier à Bukavu : au moins 26 enfants tués dans une école de RDC
Un drame s'est produit jeudi 10 septembre dans la matinée à Bukavu, capitale de la province du Sud-Kivu, dans l'est de la République démocratique du Congo. Un incendie d'origine inconnue s'est déclaré aux environs d'un établissement scolaire vers 9 heures, heure locale, alors que les enfants étaient en cours. Le sinistre a déclenché un mouvement de panique et une bousculade qui ont coûté la vie à au moins 26 enfants et blessé 25 autres, selon l'Unicef. Un précédent bilan provisoire faisait état de 14 victimes.
Selon un rapport d'inspecteurs du ministère de l'éducation nationale congolais diffusé vendredi, la bousculade a entraîné « le piétinement des enfants qui tombaient par terre et l'asphyxie de ceux qui étaient bloqués à l'intérieur ». Les autorités de Kinshasa et du groupe armé M23, qui contrôle la ville, ont appelé à l'ouverture d'enquêtes pour déterminer les circonstances exactes du sinistre.
Une ville densément peuplée sous contrôle rebelle
Bukavu, ville densément peuplée de plus d'un million d'habitants selon les estimations de 2021, est située au bord du lac Kivu et connue pour ses maisons de bois typiques entassées à flanc de colline. La ville est tombée aux mains du M23 en février 2025, après une offensive militaire lancée le 5 février et qui s'est achevée le 16 février. Cette prise de contrôle fait suite à la capture de Goma, capitale de la province voisine du Nord-Kivu, fin janvier 2025.
Le M23, qui s'est emparé de vastes territoires dans l'est de la RDC depuis sa résurgence en 2021, après des années de dormance depuis sa formation en 2012, y a établi une administration parallèle. Le groupe armé, dont le soutien par le Rwanda est documenté par plusieurs rapports d'experts des Nations unies malgré les démentis de Kigali, fait partie des plus de 120 groupes armés qui se disputent le contrôle de l'est du pays, région riche en minerais stratégiques.
Un nouveau drame dans une série d'incendies
L'incendie a dévasté une large zone densément bâtie à flanc de colline, ne laissant que des débris de maisons calcinées et des tôles froissées, selon un correspondant de l'Agence France-Presse. Des centaines de maisons ont été détruites, laissant leurs habitants sans abri. Les villes congolaises, largement dépourvues de matériel anti-incendie, sont régulièrement frappées par de tels sinistres, souvent causés par le manque de distance entre les bâtiments et des raccordements illégaux au réseau électrique.
Le ministère de l'éducation nationale a exprimé sa « profonde tristesse » dans un communiqué, soulignant que ce « nouveau drame intervient dans un contexte marqué par une succession particulièrement préoccupante d'incendies à Bukavu ». En octobre 2025, un incendie avait déjà fait 14 victimes dont 12 enfants dans la ville. À Kinshasa, la capitale, un incendie dans une salle de mariage avait causé 12 morts dans la nuit du 4 au 5 septembre.
Émotion nationale et appels à l'aide humanitaire
Le drame a provoqué une vive émotion à travers le pays. Le M23 a fait état de 26 morts – « vingt filles et six garçons » – et décrété un « deuil national de trois jours ». Une cérémonie d'inhumation des victimes est prévue samedi à Bukavu, en présence des autorités du groupe armé. De nombreux responsables politiques et de la société civile ont exprimé leur tristesse.
Le médecin congolais et prix Nobel de la paix Denis Mukwege a appelé vendredi sur X à « prendre en toute urgence des mesures » pour « acheminer de l'aide humanitaire » à la population de Bukavu. « Les drames » dans les localités aux mains du M23 « ne doivent pas servir de décor à des messages de compassion officielle sans aucune action concrète », a-t-il ajouté.
Le conflit dans l'est de la RDC depuis la résurgence du M23 en 2021 a déplacé des millions de personnes et fait des dizaines de milliers de victimes civiles, aggravant une situation humanitaire déjà critique dans cette région instable où se multiplient les violences. En février dernier, quelques jours seulement après la prise de Bukavu par le M23, un attentat lors d'un rassemblement du groupe armé avait fait au moins 13 morts et entre 70 et 100 blessés dans la ville.



