Faits divers

3 min de lecture

Marie Lambert

Agression dans une école maternelle à Nice : une enquête ouverte pour tentative de meurtre

Une mère d'élève de 36 ans a été interpellée après avoir agressé la directrice et une enseignante de l'école maternelle publique Clément-Roassal, lundi 2 novembre 2026. Selon le parquet de Nice, elle a notamment pointé une arme à feu vers la directrice et pressé la détente, sans qu'un coup parte. S…

lake-b479499e-2a49-4c0d-9d2f-c6cc06f83fa9-0.webp

Une arme toujours recherchée

Le procureur de Nice, Damien Martinelli, a annoncé lundi l'ouverture d'une enquête, notamment pour tentative de meurtre d'une personne chargée d'une mission de service public. Les investigations ont été confiées à la police judiciaire de Nice. L'arme de poing décrite dans les faits n'a pas été retrouvée lors de la perquisition au domicile de la suspecte.

La femme, dont deux enfants fréquentent cet établissement situé près du centre-ville, a été arrêtée chez elle peu après l'agression. France 3 Provence-Alpes-Côte d'Azur précise qu'elle est née en 1990 et que sa garde à vue a commencé à 11 heures le 2 novembre.

Elle nie avoir commis des violences. Lors de sa garde à vue, elle a déclaré être aide-soignante et posséder les nationalités tunisienne et italienne. Selon le parquet, elle a fait l'objet de deux condamnations, dont l'une pour violences avec arme en 2019.

Des menaces et des coups pendant un entretien

Le récit communiqué par le procureur situe l'arrivée de la mère à l'accueil de l'école vers 9 heures. Elle demandait à voir la directrice de toute urgence. Une fois reçue, elle aurait dirigé une arme à feu vers elle en affirmant que l'un de ses enfants avait subi des agressions sexuelles.

Selon les premiers éléments de l'enquête, la mère a donné une première gifle à la directrice, puis lui a tiré les cheveux. Après avoir remis l'arme à sa ceinture, elle l'a giflée une deuxième fois. Elle a ensuite ressorti l'arme, l'a braquée vers la directrice et a appuyé sur la détente. Aucun coup n'est parti. Elle a alors indiqué ne disposer que de deux balles.

Le parquet rapporte qu'elle a ensuite manipulé l'arme et s'en est servie pour frapper la directrice au visage. Elle a également sorti un couteau et en a posé la lame sur sa joue. Son départ du bureau est intervenu environ une heure après son arrivée.

Avant de quitter l'école, elle a rencontré une autre enseignante, devant laquelle elle a répété ses accusations. Elle lui a donné une gifle, puis a dirigé l'arme vers elle après l'avoir actionnée, selon le procureur.

La directrice hospitalisée, aucun élève témoin selon le maire

La directrice a été blessée à la mâchoire, d'après une source proche de l'enquête citée par France 3. Elle était encore à l'hôpital dans la soirée du 2 novembre, a rapporté franceinfo.

Le maire de Nice, Éric Ciotti, s'est déplacé peu après l'agression, qu'il a qualifiée d'"intolérable". Il a précisé qu'aucun élève n'avait assisté aux scènes. Selon son récit, la mise en cause a aussi dérobé le téléphone portable de l'enseignante et fermé la porte du bureau de la directrice pendant la séquestration.

Le recteur et le directeur académique se sont également rendus dans l'établissement. Sur X, le 2 novembre, le ministre de l'Éducation nationale, Édouard Geffray, a exprimé son soutien aux deux victimes et à l'ensemble de la communauté éducative. Il a dénoncé une agression "intolérable" dans "un contexte de banalisation de la violence".

Les données nationales sur les violences envers les personnels

Pour l'année scolaire 2022-2023, les données de la Direction de l'évaluation, de la prospective et de la performance (DEPP), rapportées par Planet.fr, indiquent que 48 % des collèges et lycées publics avaient signalé au moins un incident grave visant un membre du personnel. Cette proportion était de 16 % dans les écoles publiques du premier degré.

Dans le premier degré, les familles étaient impliquées dans 44 % des faits. Les violences physiques constituaient 34 % des incidents graves visant des enseignants.

Éducation nationalePolice nationale
← Retour à Faits divers

À lire aussi