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Julien Lefèvre

Sécurité à Alès : le maire Christophe Rivenq rejette les critiques de l'opposition sur le trafic de drogue

Lors du conseil municipal du 12 octobre, le maire d'Alès a défendu son bilan sécuritaire face aux accusations du Rassemblement National concernant l'insécurité et les points de deal dans plusieurs quartiers de la ville.

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Des accusations précises de l'opposition

Le conseil municipal d'Alès, qui s'est tenu lundi 12 octobre, a été le théâtre d'un vif échange sur la question de la sécurité et du trafic de stupéfiants. Interpellé par le groupe d'opposition « Rassemblés pour Alès » du Rassemblement National, le maire Christophe Rivenq a fermement défendu son action, tout en reconnaissant la gravité de certaines situations dans plusieurs quartiers de la commune de 46 125 habitants.

La séance avait débuté par un hommage à Alain Aurèche, adjoint à la santé décédé cet été. Pour lui succéder, les conseillers ont élu Cyril Laurent au neuvième rang des adjoints, seul candidat en lice lors d'un vote à bulletin secret. Après ce moment d'émotion, les élus ont abordé plusieurs dossiers de gestion courante et l'extension du permis de louer, avant que la question de l'insécurité ne cristallise les débats.

Alexandre Belair, élu du groupe « Rassemblés pour Alès », a dressé un tableau inquiétant de la situation sécuritaire dans certains secteurs de la ville. Il a évoqué des barrages dans le quartier des Cévennes, des professionnels contrôlés à l'entrée de certains immeubles et des témoignages préoccupants aux Prés-Saint-Jean. L'élu a réclamé des mesures concrètes pour rétablir la sécurité et permettre aux professionnels d'intervenir auprès des habitants sans crainte.

Face à ces accusations, Christophe Rivenq, membre des Républicains réélu en mars 2026 avec 55,54 % des voix face au candidat du Rassemblement National, a choisi la fermeté. Il a reconnu des situations « intolérables et inacceptables », tout en défendant le travail engagé par la municipalité et les forces de l'ordre.

Un bilan défendu par le maire

Le maire a affirmé qu'Alès comptait en 2026 le même nombre de points de deal qu'en 2014, une donnée qui s'inscrit dans le cadre du système national de surveillance des points de vente de stupéfiants. En France, 104 unités opérationnelles de renseignement sur les stupéfiants (CROSS) déployées dans chaque département depuis septembre 2020 établissent trimestriellement des cartes des points de deal sur le territoire. À l'échelle nationale, la France comptait 3 159 points de vente actifs fin 2022, contre 3 325 en 2021.

Christophe Rivenq a décrit un trafic en constante recomposition, alimenté par des réseaux criminels qui remplacent rapidement les personnes interpellées.

Les faits constatés, les signalements et les déferrements devant le parquet sont le résultat d'une action implacable

a-t-il déclaré, reconnaissant toutefois que cette mobilisation ne suffisait pas à résoudre tous les problèmes. Le problème s'inscrit dans un contexte national préoccupant : le marché criminel de la drogue en France génère entre 3,5 et 6 milliards d'euros annuellement, et la violence liée au trafic reste une préoccupation majeure malgré une baisse des meurtres et tentatives de meurtre liés à la drogue, passés de 418 en 2023 à 367 en 2024.

Le maire a rappelé que la police municipale intervenait quotidiennement, mais que ses moyens restaient limités. En effet, la police municipale française opère sous l'autorité du maire pour les questions administratives et dispose de compétences judiciaires restreintes par rapport à la police nationale. Elle ne peut conduire d'enquêtes criminelles et son action est limitée au territoire communal, tandis que la police nationale dispose d'une juridiction nationale et de pleins pouvoirs d'investigation.

Des renforts annoncés pour le commissariat

Christophe Rivenq a confirmé l'arrivée depuis le 1er septembre de renforts pour le commissariat d'Alès : quatre policiers supplémentaires, trois officiers de police judiciaire et un poste administratif.

Le ministre doit arriver dans quelques jours pour les mettre en place. Ils vont pouvoir œuvrer pour renforcer les patrouilles de la police nationale.

a précisé le premier magistrat.

Le maire a également insisté sur le travail mené en coordination avec la sous-préfète, le procureur de la République, la justice et les forces de gendarmerie pour multiplier les opérations contre les trafics.

Je ne baisserai pas la garde

a-t-il martelé.

Rejet de la proposition de brigade cynophile

L'échange a également porté sur la proposition du Rassemblement National de créer une brigade cynophile municipale. Christophe Rivenq l'a fermement rejetée :

Je n'en ai pas la compétence. Il faut arrêter de raconter des sornettes aux Français en leur faisant croire qu'il existe des solutions simples. Si je pouvais régler le problème de drogues en prenant 5 ou 6 chiens, je le ferai demain matin.

Le maire a défendu une stratégie associant répression des trafics et prévention auprès des consommateurs. Selon lui, la lutte contre les points de deal ne peut être efficace sans agir aussi sur la demande. Il a réaffirmé sa volonté de poursuivre les opérations de sécurité, tout en rappelant que les missions de police judiciaire relèvent de l'État.

Extension du permis de louer à deux nouveaux quartiers

Le conseil municipal a également voté l'extension du périmètre de l'autorisation préalable de mise en location aux secteurs du Faubourg d'Auvergne et au quartier de Tamaris, sur sollicitation de l'Agglomération. Ce dispositif, instauré par la loi ALUR du 24 mars 2014, permet aux municipalités de contrôler la location privée pour lutter contre l'habitat indigne. La Caisse d'allocations familiales (CAF) fournit mensuellement aux communes participantes la liste des locataires bénéficiant d'aides au logement pour vérifier la conformité.

Le maire a défendu un déploiement progressif, « faubourg par faubourg », afin de protéger à la fois propriétaires et locataires.

Tout le monde a intérêt

à la mise en place de ce dispositif, a-t-il estimé. L'adjointe Martine Magne a rappelé que l'objectif restait de prévenir la dégradation du bâti et de lutter contre l'habitat dégradé.

Les premiers résultats dans les quartiers déjà concernés témoignent de l'efficacité du système. Au Faubourg du Soleil, où il est appliqué depuis avril 2026, 175 autorisations ont été délivrées sans aucun refus, et les quatre signalements de la CAF ont été régularisés. À Rochebelle, où le dispositif est en vigueur depuis le 1er janvier 2025, 80 autorisations ont été accordées et les 17 signalements de la CAF ont également été régularisés.

Subventions aux associations sportives et culturelles

Le conseil municipal a par ailleurs voté plusieurs subventions. Une enveloppe de 24 300 euros a été consacrée à cinq associations sportives alésiennes : 9 000 euros pour le Full Contact Cévenol, 7 000 euros pour Alès Agglo Volley Ball et Alès Cévennes Handball, 1 000 euros pour l'ASSTP et 300 euros pour la Pétanque Alès Cévennes.

Côté culture, 20 600 euros ont été alloués à quatre associations : 10 000 euros pour Itinérances, 5 000 euros pour JazzOparc, 1 500 euros pour Renc'arts en Cévennes et 3 560 euros pour la Verrerie d'Alès. Une subvention exceptionnelle de 5 000 euros a également été votée à la Fondation de France au profit du fonds dédié « Solidarité canicule, incendies », complétant une somme similaire déjà votée par l'Agglomération.

Dans le cadre de l'Opération programmée d'amélioration de l'habitat et de renouvellement urbain (OPAH-RU) « centre ancien et faubourgs de la Ville d'Alès », huit bénéficiaires, représentant 17 dossiers, se sont partagés 39 669 euros. Trois commerces ont également bénéficié de 16 609 euros au titre de l'opération Cœur de Ville.

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