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Thomas Rivière

Équateur : Luisa González arrêtée sur fond d'enquête sur sa campagne de 2023

L'ancienne candidate de gauche à la présidence équatorienne a été arrêtée jeudi 22 octobre 2026. Visée par une enquête sur un financement présumé irrégulier de sa campagne de 2023 en provenance du Venezuela, Luisa González est défendue par son mouvement, Révolution citoyenne, qui exige sa libératio…

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Sept personnes visées dans le dossier Laberinto

La police a confirmé l'arrestation de Luisa González dans un message sur WhatsApp, sans donner de motif. Selon El Mundo, elle a été conduite au Cuartel Modelo de Guayaquil.

De son côté, le parquet a annoncé pour ce jeudi l'engagement de poursuites pour blanchiment de capitaux présumé contre trois personnes dans le dossier Laberinto. Parmi les initiales qu'il a rendues publiques figurent L.M.G.A., qui correspondent à l'identité de Luisa González. Au total, sept personnes font l'objet de cette enquête.

Les investigations concernent le financement de la campagne présidentielle de 2023 et ses dépenses publicitaires. Le parquet évoque des incohérences dans les contributions et des doutes sur la provenance licite des fonds. Selon Al Jazeera, il examine un réseau d'entités ayant servi à acheminer environ 500 000 dollars pour de la publicité électorale entre mai et août 2023.

Le parquet n'a pas indiqué si ce dossier prolonge l'enquête ouverte en janvier contre l'ancienne candidate ou s'il s'agit d'une procédure distincte. Son domicile avait alors été perquisitionné et elle avait démenti avoir reçu de l'argent du Venezuela.

Primicias rapporte que les deux autres suspects arrêtés sont Estefanía Elizabeth Molina Freire et Santiago Díaz Asque. La première, ancienne assistante de Luisa González responsable des comptes de la campagne de 2023, aurait déclaré au CNE avoir reçu des fonds d'origine illicite. Le second, ancien chef de campagne de Révolution citoyenne, était déjà incarcéré pour purger une peine de 29 ans de prison pour viol sur mineure.

Andrés Araúz, qui était le colistier de Luisa González à la présidentielle de 2023, compte également parmi les sept personnes visées, d'après un document consulté par Primicias.

Révolution citoyenne appelle à manifester

Gabriela Rivadeneira, présidente de Révolution citoyenne, a dénoncé une arrestation arbitraire, qu'elle assimile à l'enlèvement d'une dirigeante politique. En conférence de presse, elle a affirmé que "l'Équateur vit sous une dictature". Elle a aussi imputé l'arrestation au gouvernement de Daniel Noboa et réclamé que le lieu de détention de Luisa González soit communiqué, ainsi que sa libération immédiate.

S'attendant à un transfert à Quito, Gabriela Rivadeneira a appelé les sympathisants à y manifester contre la détention. Elle a annoncé que les mobilisations se poursuivraient autant que nécessaire et que le mouvement saisirait les organisations internationales.

Rafael Correa, président de l'Équateur de 2007 à 2017 et allié politique de Luisa González, a lui aussi confirmé l'arrestation sur X : "Ils ont arrêté Luisa Gonzalez. Ça suffit !" Révolution citoyenne est proche de l'ancien chef de l'État. Selon El Mundo, celui-ci est en fuite devant la justice équatorienne et fait l'objet d'une condamnation à huit ans de prison pour corruption.

L'arrestation a également suscité un échange virulent entre Daniel Noboa et son homologue colombien Gustavo Petro, rapporte El Mundo. Après que Gustavo Petro a qualifié l'Équateur de véritable dictature, le président équatorien l'a accusé d'appartenir à une structure de narcotrafic et de blanchiment d'actifs.

En Colombie, le mouvement Pacto Histórico a dénoncé une persécution politique dans un communiqué du 22 octobre, selon Infobae. Il a demandé aux organisations internationales de défense des droits humains, aux Nations unies et aux gouvernements latino-américains de rester attentifs à la situation en Équateur.

Une opposition écartée des prochaines élections locales

Luisa González a affronté Daniel Noboa au second tour de la présidentielle de 2023, où elle avait obtenu 48 % des suffrages. Elle a de nouveau perdu face à lui en avril 2025, cette fois avec une victoire de Daniel Noboa à plus de 55 % des voix, selon Al Jazeera.

En 2026, elle a tenté de se présenter à la préfecture de Manabí, province historiquement acquise à Révolution citoyenne. Le Tribunal du contentieux électoral a rejeté sa candidature en septembre, après une objection déposée par ADN, le parti au pouvoir, et par le parti de droite Creo.

Principal parti d'opposition, Révolution citoyenne accuse le gouvernement d'entraver sa participation aux scrutins municipaux et provinciaux. Le mouvement a été suspendu pour neuf mois en mars, à la suite d'une enquête du parquet pour blanchiment d'actifs présumé.

L'autorité électorale a ensuite avancé à novembre 2026 les élections locales initialement prévues l'année suivante. La suspension étant encore en vigueur, Révolution citoyenne n'a pas pu enregistrer ses candidats et se trouve exclue du scrutin. Selon Al Jazeera, le vote est fixé au 29 novembre 2026.

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