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Claire Moreau

Passage à l'heure d'hiver : l'Europe attend toujours un accord pour y mettre fin

Le retour à l'heure d'hiver a lieu dans la nuit du samedi 24 au dimanche 25 octobre 2026 : les horloges sont ramenées de 3 h à 2 h. La réforme proposée huit ans plus tôt reste sans calendrier d'adoption, faute d'accord entre les États membres sur l'heure à conserver.

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Un vote européen qui n'a pas changé les règles

La suppression des changements d'heure nécessite un texte commun au Parlement européen et au Conseil de l'Union européenne, où siègent les États membres. Or le Conseil n'a toujours pas arrêté sa position. Selon cette institution, ni décision définitive ni calendrier ne sont fixés.

La Commission européenne avait présenté sa proposition de directive le 12 septembre 2018. Elle faisait suite à une consultation organisée du 4 juillet au 16 août : 4,6 millions de réponses avaient été recueillies dans les 28 pays alors membres de l'UE, un record pour une consultation de la Commission. Parmi les participants, 84 % souhaitaient supprimer le changement d'heure semestriel. Ce chiffre décrit leur avis, pas celui de l'ensemble de la population européenne.

Le Parlement a soutenu la réforme le 26 mars 2019, par 410 voix contre 192 et 51 abstentions, en retenant 2021 comme échéance cible. Ce vote lui donnait un mandat pour négocier ; il ne supprimait pas à lui seul les changements d'heure.

La directive 2000/84/CE, entrée en vigueur en 2001, reste donc applicable : le passage à l'heure d'été intervient le dernier dimanche de mars et le retour à l'heure d'hiver le dernier dimanche d'octobre. D'après EconoTimes, la coordination européenne avait commencé en 1980 pour résoudre les difficultés que des dates différentes d'un pays à l'autre posaient notamment aux transports et à la logistique.

Le choix d'une heure permanente divise les États

L'abandon des changements saisonniers recueille un large accord de principe. Mais le Conseil doit réunir une majorité qualifiée pour adopter sa position, et les États ne s'entendent pas sur la suite. Conserver l'heure d'été donnerait davantage de lumière en soirée, au prix de matinées hivernales très sombres dans l'ouest de l'Europe. Garder l'heure d'hiver favoriserait la lumière du matin, avec des soirées plus courtes.

La coordination entre voisins constitue un autre obstacle. Si chaque pays retenait une heure différente, de nouveaux décalages pourraient compliquer les transports, les échanges et le fonctionnement des marchés. Les États hésitent aussi à trancher sans analyse approfondie des conséquences. Depuis 2019, d'autres dossiers ont par ailleurs pris le pas dans les priorités européennes.

En France, aucune option n'est arrêtée. Selon Pleine Vie, une consultation menée en 2019 auprès de 2,1 millions de participants avait recueilli 83,71 % d'avis opposés au changement d'heure, tandis que 59,17 % des participants préféraient conserver l'heure d'été toute l'année. Dans le cadre de la réforme envisagée, chaque pays devrait choisir entre heure d'été et heure d'hiver permanentes.

Des initiatives relancées, une étude attendue fin 2026

Le dossier n'a pas été abandonné. Pendant la présidence polonaise du Conseil en 2025, une proposition d'expérimentation de l'heure d'été permanente pendant deux ans dans toute l'Union a suscité des demandes d'analyses supplémentaires de la part des délégations nationales, rapporte EconoTimes. Il s'agissait d'une proposition d'essai, non d'une mesure adoptée.

La même année, le Premier ministre espagnol Pedro Sánchez a annoncé vouloir obtenir la fin du changement d'heure "dès 2026", avec le soutien affiché de Varsovie et d'Helsinki, selon Pleine Vie. Le Parlement européen a également repris le débat le 23 octobre 2025. Sudinfo indique que la Commission a décidé de lancer une nouvelle étude approfondie pour éclairer une éventuelle décision, sans avancée législative décisive à ce stade.

D'après EconoTimes, cette étude a démarré en février 2026. Elle porte sur les conséquences économiques, sociales et environnementales d'une suppression, notamment pour les transports, l'énergie, la santé publique et le marché intérieur. Les résultats sont attendus d'ici à la fin de 2026, mais cette échéance ne constitue pas un calendrier de décision du Conseil.

Pleine Vie évoque aussi la présidence lituanienne du Conseil, prévue en 2027, comme une occasion possible de reprendre les discussions. Aucune date de suppression n'est pour autant annoncée.

Pour les familles, des horaires à réajuster

En attendant un accord européen, les familles doivent encore composer avec ce décalage. Le rythme veille-sommeil des jeunes enfants dépend de la lumière et de la régularité des horaires. Un bébé peut ainsi se réveiller au moment habituel pour lui, mais une heure plus tôt à l'horloge après le passage à l'heure d'hiver.

Bébés et Mamans conseille de conserver les rituels du coucher et de déplacer progressivement les repas et les siestes, à raison de 10 à 15 minutes par jour. La lumière du matin aide également l'horloge interne à se régler. Un réveil plus matinal reste donc à prévoir pendant l'adaptation.

Les appareils dépourvus de mise à jour automatique doivent aussi être réglés manuellement, qu'il s'agisse du four, de l'horloge de la voiture, d'une montre ou d'un réveil.

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