Le Brent dépasse 112 dollars
À 9 h 45 GMT, soit 11 h 45 à Paris, le Brent pour livraison en décembre atteignait 112,36 dollars le baril, en hausse de 3,25 %. Cette référence de la mer du Nord n'avait plus atteint un tel niveau depuis début mai. Le West Texas Intermediate américain, également pour livraison en décembre, progressait de 2,62 %, à 99,70 dollars.
Les Gardiens de la Révolution, bras armé de la République islamique d'Iran, ont averti jeudi qu'ils étendraient le conflit si les forces américaines poursuivaient leur aide aux navires traversant le détroit d'Ormuz. Pour Téhéran, la maîtrise de ce passage permet de peser sur Washington, notamment en poussant les cours du pétrole à la hausse avant les élections législatives américaines de mi-mandat du 3 novembre.
Des risques maritimes qui dépassent Ormuz
L'insécurité dans la région alourdit la prime de risque du transport maritime. La forte hausse des coûts du fret se répercute sur les prix du pétrole, même si les exportations du Moyen-Orient ont résisté ces dernières semaines. Arne Lohmann Rasmussen, analyste chez Global Risk Management, relève que les attaques touchent désormais aussi le golfe d'Oman. Les transferts de pétrole d'un navire à l'autre, qui ont aidé à maintenir les exportations, deviennent ainsi plus risqués.
Les volumes passant par Ormuz donnent la mesure des enjeux : selon l'Agence internationale de l'énergie (AIE), le détroit a vu transiter en moyenne environ 20 millions de barils de brut et de produits pétroliers par jour en 2025. Cela correspond à quelque 25 % du commerce pétrolier maritime mondial ; 80 % de ces volumes étaient destinés à l'Asie.
Les solutions de contournement restent limitées. L'AIE évalue entre 3,5 et 5,5 millions de barils par jour les capacités permettant d'éviter Ormuz, par l'oléoduc saoudien Est-Ouest vers la mer Rouge et par l'oléoduc ADCOP des Émirats arabes unis, qui rejoint le port de Fujairah. À l'entrée de la mer Rouge, les Houthis ont par ailleurs pris le contrôle du détroit de Bab el-Mandeb, selon Les Echos.
Les attaques mettent les exportations saoudiennes sous pression
La capacité de l'Arabie saoudite à conserver des exportations élevées suscite également des inquiétudes. Depuis plusieurs semaines, les Houthis du Yémen frappent ses installations civiles et pétrolières avec une ampleur inédite. À Dammam, dans l'est du royaume, une attaque menée dans la nuit contre l'aéroport a tué deux personnes et en a blessé huit. Elle n'avait pas été revendiquée dans l'immédiat. La veille, le ministère saoudien de l'Énergie avait fait état de deux morts à la suite de l'interception d'un tir au-dessus du champ pétrolier de Chaybah, également dans l'est du pays.
D'après Deutsche Welle, cette campagne d'attaques d'octobre 2026 constitue une escalade sans précédent depuis le début de la guerre au Yémen en 2014. Le 10 octobre, une frappe sur l'aéroport international King Khalid de Riyad avait fait 13 morts et 309 blessés, entraînant la fermeture de l'aéroport.
Une tour du siège d'Aramco à Dhahran a aussi été touchée dans la nuit du 13 au 14 octobre, sans faire de victimes. Des employés interrogés par l'AFP ont rapporté la destruction des trois derniers étages, selon RFI, avec l'AFP. Le ministère saoudien de l'Énergie a, de son côté, décrit un incendie limité.
Selon Les Echos, le royaume aurait déjà consommé les deux tiers de ses stocks de missiles de défense aérienne avant le début des hostilités avec les Houthis. John Evans, analyste chez PVM, juge pour sa part que "Les efforts déployés par l'Arabie saoudite pour contenir l'activité des Houthis échouent".
Washington a ordonné aux employés "non essentiels" de son ambassade à Riyad de quitter le pays avec leurs familles. John Evans y voit un signe "généralement précurseur de menaces plus graves sur le plan militaire".
Prévisions économiques abaissées et rendez-vous perturbés
Selon Les Echos, le FMI a abaissé ses prévisions pour l'économie saoudienne : il anticipe désormais une contraction du PIB de 3,3 % en 2026. Cette estimation intègre uniquement le conflit dans le golfe Persique, sans tenir compte de l'escalade en cours en mer Rouge.
Le quotidien rapporte également le report du sommet entre l'Union européenne et les pays du Golfe, qui devait se tenir le 24 octobre 2026 à Riyad. La Future Investment Initiative, prévue à la fin du mois, pourrait quant à elle se dérouler en ligne.





