Trois périodes de fermeture aux véhicules
Les automobilistes devront emprunter un autre itinéraire du 12 novembre à la mi-décembre 2026, puis pendant une semaine entre la fin janvier et le début février 2027, et enfin de la fin février à la fin avril 2027. Pour les piétons et les cyclistes, une passerelle sera aménagée sur le côté aval du pont. Elle restera accessible sauf lors de certaines opérations complexes de grutage.
Ce franchissement de la Saône constitue un axe important du Val de Saône, entre Fontaines-sur-Saône au nord et Collonges-au-Mont-d'Or au sud. Les estimations quotidiennes, dans les deux sens réunis, font état de 200 à 400 cyclistes, de 7 700 véhicules et de 300 poids lourds. Les bus scolaires y passent également en nombre. À ces déplacements s'ajoutent les contraintes du trafic sur les quais, d'une navigation fluviale soutenue et des réseaux portés par le pont, indispensables à l'activité économique.
Une signalisation sur place doit guider les usagers en fonction de leur mode de déplacement. Selon la mairie de Fontaines-sur-Saône, la Métropole de Lyon, maître d'ouvrage du chantier, prévoit aussi des totems d'information aux deux extrémités du pont ainsi qu'aux ponts de Neuville et Paul Bocuse. Des tracts seront distribués.
Une fissure stabilisée au printemps, une partie du pont à remplacer
L'intervention définitive fait suite à l'alerte d'avril 2026 : une inspection avait mis en évidence des fissures dans le béton de la travée cantilever. Cette partie centrale de 19 mètres s'appuie sur les extrémités de deux bras en porte-à-faux, sans support directement en dessous. Son état ne permet pas une réparation durable ; la Métropole a donc retenu son remplacement par une structure neuve pour assurer la pérennité du pont.
D'après le Journal du Bâtiment et des TP, la fissure surveillée était passée de 0,4 millimètre au contrôle de 2019 à 1,5 millimètre en 2026. La Métropole précise que l'alerte est issue d'une Inspection Détaillée Programmée, confiée à un bureau d'études spécialisé dans les ouvrages d'art. Ce type de contrôle est réalisé tous les six ans sur 275 autres ouvrages métropolitains.
Au printemps, le pont avait été fermé pendant deux semaines pour une réparation provisoire et la pose de capteurs. Le dispositif décrit par la Métropole dans son communiqué du 24 avril 2026 agit comme un "serre-joint" : des profilés UPN disposés autour de la poutre fissurée sont reliés par des barres métalliques, puis serrés afin de comprimer la poutre et de réduire la fissure.
La mise en place sous le pont d'éléments de 80 kg avait nécessité une nacelle négative et des interruptions de la navigation pendant les opérations. Dix agents de la Métropole et quatre entreprises extérieures avaient participé à cette intervention, achevée par une épreuve de chargement. Après les vérifications, les véhicules avaient pu circuler de nouveau, tandis que la surveillance de l'ouvrage se poursuivait.
La fiche technique métropolitaine décrit un pont dalle en béton armé construit en 1953. Il comprend trois travées de 45,8 m, 70,4 m et 43,0 m, avec la travée cantilever de 19,0 m au centre. Sa largeur utile atteint 9,45 m et la limitation de tonnage est fixée à 44 tonnes.
Déplacer les réseaux avant d'intervenir sur la structure
Le programme de réparation s'étend sur huit mois. Avant de retirer la partie endommagée, les équipes devront déplacer les réseaux d'eau, de gaz haute pression, d'électricité et de télécommunications. Ceux-ci passent actuellement sous les trottoirs ou sur des supports en encorbellement de chaque côté du pont.
Deux structures extérieures seront d'abord fixées à l'ouvrage. Celle située en aval servira à la fois de passage aux piétons et aux cyclistes et de support aux réseaux de haute tension et de télécommunications. En amont, un second support recevra l'eau, le gaz et la haute tension. Les réseaux seront ensuite transférés sur ces installations.
La Métropole coordonne ces interventions avec les concessionnaires pour maintenir les services essentiels, sécuriser les opérations et limiter la durée du chantier ainsi que ses répercussions. Chaque gestionnaire devra neutraliser son réseau, poser les nouvelles conduites et réaliser les raccordements. Les coupures nécessaires seront annoncées directement aux clients concernés par leur gestionnaire.
Pendant ces travaux, les éléments de remplacement seront préfabriqués près de l'écluse de Couzon-Rochetaillée, à 2 kilomètres du pont. La travée abîmée sera découpée en quatre morceaux, puis déposée à l'aide de deux grues placées de part et d'autre de l'ouvrage. Les éléments neufs seront installés selon le même procédé.
Les équipes réaliseront ensuite les trottoirs et la chaussée, puis poseront les corniches et les garde-corps. La remise des réseaux à leur emplacement définitif constituera la dernière étape.
Une réunion publique le 9 novembre
Ce chantier concerne l'un des 648 ponts, passerelles et trémies dont la Métropole assure l'entretien, selon le Journal du Bâtiment et des TP. Dans le cadre de sa politique d'entretien préventif, le Conseil métropolitain a également engagé, le 28 septembre 2026, près de 60 millions d'euros pour rénover trois autres ouvrages majeurs : les ponts de Couzon-au-Mont-d'Or, de Vernaison et de l'Université.
Les travaux du pont Général-Leclerc seront présentés lors d'une réunion publique le lundi 9 novembre 2026 à 18 h 30, à la salle des fêtes de Collonges-au-Mont-d'Or, au 36 place de la mairie. Selon la mairie de Fontaines-sur-Saône, y participeront Gilles Gascon, vice-président de la Métropole chargé des mobilités, des transports en commun et de la performance du réseau, ainsi que Bénédicte Hamelin, maire de Fontaines-sur-Saône, et Arlette Baillot, maire de Collonges-au-Mont-d'Or.




