Immigration

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Léa Fontaine

Le Guyana accueillera des migrants expulsés par les Etats-Unis dans le cadre d'un accord temporaire

Le petit pays sud-américain a signé un accord d'un an pour recevoir jusqu'à 12 personnes par mois, devenant le dernier d'une trentaine de pays à coopérer avec la politique anti-immigration de Donald Trump.

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Le Guyana accueillera des migrants expulsés par les Etats-Unis dans le cadre d'un accord temporaire

Le Guyana a annoncé samedi 5 septembre qu'il accueillerait des migrants expulsés par les Etats-Unis, rejoignant ainsi plus de 30 pays qui ont signé des accords de déportation vers des pays tiers avec l'administration Trump. L'accord, formellement conclu le 25 novembre 2025, prévoit un arrangement d'une durée d'un an permettant au pays d'accueillir jusqu'à 12 personnes par mois.

Dès vendredi 4 septembre, six migrants – des ressortissants cubains et afghans – sont arrivés dans le pays, marquant la première mise en œuvre concrète de cet accord. Ces premiers arrivants ont été sélectionnés sur la base du volontariat et ne possèdent pas de casier judiciaire, conformément aux conditions établies par Georgetown.

Le président Irfaan Ali, réélu en septembre 2025 après avoir pris ses fonctions en août 2020, a présenté cet arrangement comme une démonstration de l'engagement du Guyana en faveur des droits humains et de la coopération internationale. Dans un communiqué officiel, le gouvernement a précisé que l'accord est « strictement transitoire et ne constitue pas une réinstallation permanente ».

Un dispositif encadré par l'ONU

Les personnes expulsées resteront sur le territoire guyanais sous certaines conditions, le temps que leur statut migratoire soit déterminé. L'Organisation internationale pour les migrations (OIM), agence des Nations unies, est responsable de la mise en œuvre opérationnelle du programme, incluant l'accueil, le logement et le soutien aux personnes relocalisées. Les Etats-Unis assument l'intégralité des coûts de l'opération.

« En fonction de la décision prise pour chaque cas, les migrants pourront retourner dans leur pays d'origine ou être réinstallés dans un pays tiers de leur choix », a indiqué le gouvernement. Le Guyana n'acceptera que les personnes ayant choisi volontairement d'être envoyées sur son territoire.

Les discussions entre les deux pays avaient débuté plusieurs mois avant la signature formelle de l'accord. Le secrétaire d'Etat américain Marco Rubio et le président Ali s'étaient entretenus dès janvier 2025 pour aborder la crise migratoire et convenir d'une action conjointe face à ce défi régional.

Un réseau mondial d'accords controversés

L'accord avec le Guyana s'inscrit dans une campagne anti-immigration agressive menée par Donald Trump depuis son retour à la Maison Blanche en 2025. Selon les données disponibles, l'administration américaine avait envoyé environ 22 000 ressortissants de pays tiers vers au moins 26 pays début août 2026.

Parmi ces destinations figure le Salvador, où quelque 250 Vénézuéliens ont été envoyés en mars 2025 au Centre de confinement du terrorisme (CECOT), une méga-prison pour membres de gangs. Ce cas a suscité une vive controverse, plusieurs organisations de défense des droits humains ayant documenté des allégations de torture et d'abus à l'encontre des déportés.

Le Guyana rejoint ainsi une liste de pays des Caraïbes et d'Amérique centrale qui ont accepté de coopérer avec Washington dans le cadre de l'expulsion de migrants. Toutefois, le pays n'est pas signataire de la Convention relative au statut des réfugiés de 1951 ni de son Protocole de 1967, ce qui pourrait avoir des implications sur les protections accordées aux personnes relocalisées.

Cette politique de déportation vers des pays tiers représente un investissement financier considérable pour les Etats-Unis, qui ont versé au moins 44 millions de dollars directement aux gouvernements partenaires, sans compter les coûts de transport aérien, selon les organisations qui suivent ces accords.

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