Manchester City fait appel après sa condamnation pour violations financières majeures
Manchester City a annoncé vendredi 2 octobre qu'il faisait appel du jugement rendu mardi par la commission indépendante mandatée par la Premier League, qui l'a reconnu coupable de violations graves des règles financières du championnat anglais.
Dans un communiqué, le club détenu depuis septembre 2008 par le cheikh Mansour Ben Zayed Al Nahyane, vice-président et vice-premier ministre des Émirats arabes unis, se dit innocent des accusations portées contre lui. La formation dénonce des « erreurs manifestes et substantielles de droit, de principe et de fait » dans le verdict, affirmant disposer d'un « ensemble complet de preuves irréfutables à l'appui de ses positions ».
Des revenus gonflés de 830 millions de livres
La commission indépendante a établi que Manchester City avait mis en place des contrats factices avec des partenaires commerciaux pour gonfler artificiellement ses revenus de 830 millions de livres sterling entre 2009 et 2018. Au total, le club aurait gonflé ses revenus et minoré ses coûts de plus de 900 millions de livres sur cette période, bien au-delà des pertes maximales de 105 millions de livres autorisées sur trois ans par les règles de profit et de durabilité de la Premier League.
Les charges initiales, au nombre de 115, avaient été formellement déposées en février 2023 par la Premier League, couvrant des violations entre 2009 et 2018. L'audience indépendante a débuté en septembre 2024 et s'est achevée en décembre, soit plus de trois ans après le dépôt des accusations.
Une sanction doit encore être prononcée à l'encontre du club, à une date non précisée. Dans le scénario le plus sévère, Manchester City risque la perte de plusieurs titres et l'exclusion de la Premier League. Le club a remporté huit titres de champion d'Angleterre depuis le rachat par le cheikh Mansour pour environ 200 millions de livres, dont une série historique de quatre titres consécutifs entre 2020-21 et 2023-24. En 2022-23, l'équipe a également réalisé un triplé continental inédit en remportant la Premier League, la FA Cup et, pour la première fois de son histoire, la Ligue des champions.
Des répercussions au-delà du terrain
L'affaire a suscité une réaction officielle de la Fédération anglaise de football, qui a estimé vendredi matin que les violations financières de Manchester City avaient eu des « conséquences majeures pour l'intégrité » du football. L'instance a précisé qu'elle « analysait avec attention les conclusions et ses implications » afin de prendre les mesures appropriées.
Alors que l'équipe nationale anglaise est réunie en Croatie dans le cadre de la Ligue des nations, le sélectionneur allemand des Three Lions, Thomas Tuchel, a reconnu en conférence de presse que le sujet s'était forcément invité dans les discussions.
Le dossier pourrait également avoir des répercussions géopolitiques. Manchester City constitue l'une des plus éclatantes vitrines du « soft power » d'Abou Dhabi, dont le dirigeant, le cheikh Mohamed bin Zayed Al Nahyan, frère du propriétaire du club, est président des Émirats arabes unis. La compagnie aérienne émiratie Etihad, partenaire principal de Manchester City, a d'ailleurs vivement critiqué le verdict jeudi.
Le premier ministre britannique, Andy Burnham, ancien maire du Grand Manchester, avait salué mercredi les investissements des propriétaires émiratis du club, avant que Downing Street ne tempère ce soutien, assurant le lendemain que la formation n'était pas « au-dessus des règles ».
Le lanceur d'alerte privé de protection
De leur côté, les avocats du pirate informatique et lanceur d'alerte Rui Pinto, à l'origine des révélations des « Football Leaks » qui ont notamment permis de mettre au jour les infractions imputées à Manchester City, ont dénoncé vendredi la fin du programme de protection spécial dont il bénéficiait. Arrêté en Hongrie en janvier 2019 puis extradé au Portugal en mars de la même année, Rui Pinto avait fait face à 147 chefs d'accusation incluant fraude informatique et tentative d'extorsion avant de coopérer avec les autorités.









