Manchester City reconnu coupable de violations financières graves par la Premier League
Une commission disciplinaire indépendante a reconnu mardi 29 septembre Manchester City coupable de graves violations des règles financières de la Premier League. Le verdict porte sur l'ensemble des 115 infractions examinées, commises entre 2009 et 2018. Ces accusations incluent 54 manquements concernant la fourniture d'informations financières exactes, 14 infractions liées aux paiements de joueurs et d'entraîneurs, 7 violations des règles de profits et de durabilité, 5 manquements aux règlements du fair-play financier de l'UEFA, et 35 cas de défaut de coopération avec les enquêtes de la ligue.
Selon les conclusions de la commission, le club mancunien aurait mis en place de faux contrats avec plusieurs partenaires commerciaux afin de gonfler artificiellement ses revenus, dissimulant ainsi la réalité de sa situation financière. La tromperie porterait sur plus de 900 millions de livres sterling, soit environ 1,05 milliard d'euros. L'audience s'est déroulée sur une période de dix semaines, de septembre à décembre 2024, avant l'annonce du verdict le 28 septembre 2026.
Un empire bâti depuis 2008
Manchester City avait été racheté en septembre 2008 par le cheikh Mansour bin Zayed Al Nahyan, propriétaire de l'Abu Dhabi United Group, pour 200 millions de livres. Cette acquisition avait transformé un club de milieu de tableau en l'une des formations les plus riches du football mondial. Le cheikh Mansour, vice-président et vice-Premier ministre des Émirats arabes unis et membre de la famille régnante Al Nahyan d'Abou Dhabi, dispose d'une fortune personnelle estimée à au moins 17 milliards de livres.
Depuis ce rachat, les Skyblues ont remporté huit titres de champion d'Angleterre, dont un record de quatre consécutifs entre 2020-2021 et 2023-2024. Le club a également décroché sa première Ligue des champions en 2023. Ces succès sportifs coïncident précisément avec la période durant laquelle les violations financières auraient été commises.
Des sanctions encore incertaines
La commission indépendante dispose d'une grande latitude pour déterminer les sanctions. Celles-ci pourraient prendre la forme d'amendes importantes, se chiffrant en millions de livres. En mars 2026, Chelsea s'était acquitté de 10,75 millions de livres pour des paiements non déclarés d'environ 47,5 millions de livres effectués sous l'ancien propriétaire Roman Abramovitch entre 2011 et 2018. Les Blues avaient évité un retrait de points grâce à leur autodéclaration des infractions et leur coopération exceptionnelle, la Premier League ayant déterminé que ces paiements n'auraient de toute façon pas violé les limites établies.
Des sanctions sportives sont également envisageables, allant d'un retrait de points pouvant mener à une relégation en division inférieure, jusqu'à une rétrogradation immédiate en Championship. À titre de comparaison, Everton avait subi un total de huit points de pénalité lors de la saison 2023-2024 pour avoir enfreint les règles financières de la Premier League : une première déduction de dix points (réduite à six en appel) pour la saison 2021-2022, puis deux points supplémentaires pour des violations lors de la saison 2022-2023. Nottingham Forest avait pour sa part perdu quatre points la même saison pour des raisons similaires. Manchester City occupe actuellement la tête du championnat avec 15 points.
Un précédent avec l'UEFA
Ce n'est pas la première fois que Manchester City fait face à des accusations de violations financières. En 2020, l'UEFA avait banni le club de la Ligue des champions pour deux ans et lui avait infligé une amende de 30 millions d'euros pour avoir enfreint les règles du fair-play financier. Toutefois, cette décision avait été annulée en appel par le Tribunal arbitral du sport (TAS).
Les règles de profits et de durabilité de la Premier League, en vigueur depuis la saison 2013-2014 suite à la mise en place du fair-play financier de l'UEFA en 2011, autorisent les clubs à enregistrer un maximum de 105 millions de livres de pertes sur une période glissante de trois ans. Les clubs peuvent augmenter ces pertes autorisées jusqu'à 35 millions de livres par an grâce à l'investissement des propriétaires. Ces règles visent à prévenir les pertes excessives et l'insolvabilité potentielle des clubs. Portsmouth reste le seul club de Premier League à être passé sous administration judiciaire, en 2010.
Des demandes d'indemnisation
La question du sort des trophées remportés par Manchester City pendant la période concernée – huit au total, dont trois titres de champion d'Angleterre – alimente les débats. Bien que leur retrait soit peu probable, de nombreuses équipes s'estiment lésées par les pratiques du club, considérant qu'elles ont faussé la compétition à tous les niveaux du championnat.
Plusieurs clubs ont déjà engagé des démarches juridiques pour obtenir des compensations financières de la part de Manchester City. En juin dernier, Everton avait été informé qu'il devait verser 35 millions de livres à Burnley en raison d'une infraction aux règles financières ayant causé la relégation des Clarets en Championship à l'issue de la saison 2021-2022.
Manchester City, qui nie l'intégralité des faits qui lui sont reprochés et se dit innocent, a déjà annoncé qu'il contestera les conclusions de l'enquête. Le club dispose d'un délai jusqu'à vendredi pour faire appel, selon la Premier League. La commission devrait prochainement révéler les sanctions qu'elle entend imposer au club mancunien.









