Une solution de repli, faute de candidat de premier plan
Les adversaires de Gianni Infantino n'ont pas trouvé de personnalité de premier plan capable de le battre. La piste européenne décrite par L'Équipe répond donc à un autre objectif : maintenir une candidature possible dans l'hypothèse où l'Italo-Suisse n'irait pas jusqu'au scrutin.
Plusieurs dirigeants ont déjà écarté l'idée de se présenter. Aleksander Ceferin, président de l'UEFA, y a renoncé fin août 2026, suivi de Nasser Al-Khelaïfi, à la tête du PSG, et de Victor Montagliani, président de la Concacaf. Au 29 octobre 2026, seul l'ancien défenseur international suisse Ramon Vega s'est déclaré contre Infantino. Il a annoncé sa candidature le 7 octobre.
Le calendrier laisse peu de temps aux éventuels prétendants : les dossiers doivent être déposés avant le 18 novembre 2026 à 23 h 59 CET, avec le soutien d'au moins cinq associations membres.
Le ralliement asiatique renforce le président sortant
La situation d'Infantino s'est améliorée depuis l'été. Selon L'Équipe, la révélation d'un projet de cession d'une partie de la Coupe du monde à des fonds privés proches du président américain Donald Trump l'avait fortement fragilisé. Les controverses sur sa gestion et l'alliance entre l'UEFA, la Concacaf — qui couvre l'Amérique du Nord, l'Amérique centrale et les Caraïbes — et la confédération asiatique, l'AFC, avaient conduit de nombreux observateurs à le donner perdant.
L'AFC a depuis quitté ce front pour soutenir le président de la FIFA. Blick estime qu'avec les appuis de l'Afrique, de l'Amérique du Sud et désormais de l'Asie, Infantino peut l'emporter sans les 55 voix européennes.
Il vise un quatrième mandat, malgré la limite statutaire de trois mandats consécutifs. Son premier, commencé en février 2016 lors d'un congrès extraordinaire, était incomplet et a été reconnu comme "exceptionnel".
Documents judiciaires et promesses financières au cœur du conflit
La confrontation entre les deux instances dépasse la recherche d'un candidat. Le 29 septembre 2026, à l'assemblée générale de l'Association européenne des clubs (EFC), Aleksander Ceferin a qualifié Infantino d'"empereur".
Selon RFI, l'UEFA s'est adressée à la justice de Floride pour obtenir des filiales américaines de la FIFA des documents concernant le projet Fifa Forward Enterprise. Cette démarche vise à préparer une éventuelle procédure en Suisse contre Infantino pour "gestion déloyale". Dans une réponse de 26 pages, la FIFA accuse l'UEFA de mener une "campagne de désinformation" et de "harceler" afin d'influer sur l'élection de 2027.
Les versements aux fédérations alimentent également les désaccords. Ceferin et Montagliani ont réclamé "au moins 10 millions de dollars" pour chacune des 211 associations membres, à prélever sur des réserves qu'ils évaluent à "environ 6 milliards de dollars".
D'après Blick, Infantino promet pour sa part de verser 25 millions de dollars aux fédérations membres jusqu'en 2030, en puisant dans les réserves de la FIFA. Ce montant dépasse celui promis dans le cadre du projet Fifa Forward Enterprise.
Un scrutin prévu le 18 mars 2027 à Rabat
Les 211 associations membres disposeront chacune d'une voix lors de l'élection, organisée au 77e Congrès de la FIFA, le 18 mars 2027 à Rabat, au Maroc. Le mandat à pourvoir court jusqu'en 2031.
Avec un ou deux candidats, il faut recueillir plus de 50 % des suffrages valablement exprimés pour être élu. Si plus de deux candidats se présentent, le seuil du premier tour passe aux deux tiers des voix. Un second tour est organisé si personne ne l'atteint.









