Crime organisé

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Hugo Petit

Les plantations de coca en Bolivie atteignent 36 400 hectares, en hausse de 7 % en un an

La superficie des cultures de coca en Bolivie a augmenté de 7 % en 2025 pour atteindre 36 400 hectares, selon l'ONU. L'expansion est particulièrement marquée dans le département de Cochabamba, fief d'Evo Morales, où les opérations d'éradication échouent face aux pressions des cultivateurs.

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Les plantations de coca en Bolivie atteignent 36 400 hectares, en hausse de 7 % en un an

La superficie des plantations de coca en Bolivie a atteint 36 400 hectares en 2025, soit une augmentation de 7 % par rapport à l'année précédente, a annoncé mardi 8 septembre Monica Mendoza, représentante de l'Office des Nations unies contre la drogue et le crime (ONUDC). Cette expansion s'avère particulièrement forte dans le département de Cochabamba, bastion de l'ancien président Evo Morales, où les tentatives d'éradication se heurtent à une opposition organisée.

Ces données couvrent les dix derniers mois du mandat du président de gauche Luis Arce (2020-2025) et le début de celui du président de centre droit Rodrigo Paz, arrivé au pouvoir en novembre. La croissance la plus marquée a été enregistrée dans le département de Cochabamba, au centre du pays, avec une hausse de 22 %. Cette région concentre désormais près de la moitié des cultures de coca boliviennes.

Le cadre légal bolivien autorise la culture de la coca sur 22 000 hectares maximum pour des usages traditionnels, conformément à la loi générale sur la coca adoptée en mars 2017. Les superficies actuelles dépassent donc largement ce plafond légal, avec un excédent que les autorités et experts attribuent principalement aux réseaux de trafic de drogue. En 2024, les cultures s'élevaient déjà à 34 000 hectares, marquant une augmentation de 10 % par rapport à 2023.

L'obstacle des barricades à Cochabamba

Depuis l'administration d'Evo Morales (2006-2019), premier président indigène du pays et lui-même issu du mouvement des cultivateurs de coca, l'État bolivien n'a pas réussi à pénétrer efficacement dans cette zone en raison des pressions exercées par les organisations de producteurs.

« Il n'y a pas eu de véritable lutte contre le trafic de drogue »
dans cette région, a expliqué à l'AFP Gloria Achá, chercheuse spécialisée dans les politiques antidrogue.

L'accès à la région s'est encore davantage restreint ces dernières années. Depuis près de deux ans, l'ex-président se retranche dans ce secteur pour échapper à deux mandats d'arrêt lancés contre lui pour traite d'une mineure et soulèvement armé, accusations qu'il rejette. Ses partisans ont bloqué les routes pendant 24 jours en octobre-novembre 2024 pour empêcher l'exécution des mandats d'arrêt, et continuent depuis à monter la garde pour prévenir toute incursion policière. Le premier mandat d'arrêt, émis en octobre 2024, concerne des accusations de traite d'une mineure de 15 ans entre 2015 et 2016, lorsqu'il était en fonction. Un second mandat, délivré en juillet 2026, l'accuse de soulèvement armé contre l'État, de terrorisme et d'atteintes à la sécurité des transports.

Éradication insuffisante

Selon les données de l'ONUDC, seulement 2 700 hectares de cultures de coca ont été éradiqués en 2025 dans le pays. Ce chiffre contraste fortement avec les années précédentes, où au moins 10 000 hectares étaient détruits annuellement. Cette baisse reflète les difficultés rencontrées par les autorités pour mener des opérations dans les zones contrôlées par les producteurs.

La consommation de feuilles de coca fraîches demeure légale en Bolivie et revêt un caractère traditionnel. Toutefois, sa transformation en cocaïne alimente un trafic international massif. Selon les données de 2023, la Bolivie représente 13 % de la production mondiale de coca, se plaçant au troisième rang derrière la Colombie (61 %) et le Pérou (26 %), ce qui en fait également le troisième producteur mondial de cocaïne.

Violence sans précédent dans l'est du pays

Ces derniers mois, le trafic de stupéfiants a engendré une vague de violence inédite dans l'est de la Bolivie. Les groupes criminels brésiliens Primeiro Comando da Capital (PCC) et Comando Vermelho (CV) se disputent le contrôle des corridors servant au trafic de cocaïne. En 2026, cette guerre des gangs a causé au moins neuf morts en cinq jours, dont un sous-lieutenant de police dont le corps calciné a été retrouvé après une attaque armée à San Matías, zone frontalière stratégique.

Face à cette situation, le gouvernement de Rodrigo Paz a intensifié les opérations antidrogue. Dans les six mois suivant sa prise de fonction en novembre 2025, les autorités boliviennes ont annoncé l'expulsion de 17 trafiquants majeurs, la saisie de 283 tonnes de stupéfiants, la confiscation de 58 petits avions, la destruction de 10 pistes d'atterrissage clandestines et la confiscation de 370 propriétés. Ces résultats témoignent d'un renforcement des efforts de répression, même si l'éradication des cultures demeure limitée dans les bastions historiques de la production.

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