Énergie

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Élise Rousseau

Gazole : E. Leclerc annonce 21 centimes de baisse dès ce dimanche, Coopérative U jusqu'à 21 centimes

Les 742 stations-service E. Leclerc doivent appliquer une réduction de 21 centimes par litre de gazole à partir de ce dimanche 1er novembre, soit un peu plus de 10 euros économisés pour 50 litres. Cette annonce, faite samedi, repose sur la mise à disposition de stocks stratégiques par l'État. Chez…

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Une réduction quotidienne, mais pas un prix fixe

E. Leclerc s'engage à retrancher chaque jour 21 centimes au prix du litre de gazole. Le prix de référence reste toutefois variable : il "continue de suivre les cours du marché", précise le distributeur dans son communiqué. La réduction annoncée dépasse les 12 à 18 centimes par litre qu'espérait le gouvernement.

L'enseigne assure transmettre aux automobilistes la totalité de l'écart entre le coût du gazole provenant des réserves stratégiques et les cours actuels, "sans en garder une part en marge".

Les achats de carburants de Coopérative U sont communs avec ceux d'E. Leclerc, mais l'application de la réduction ne sera pas uniforme. L'enseigne a annoncé à l'AFP une baisse "jusqu'à 21 centimes" par litre. Ses stations indépendantes disposent de leurs propres approvisionnements et de stocks qu'elles doivent écouler : le calendrier comme le montant de la remise varieront donc selon les points de vente.

TotalEnergies a commencé samedi par son réseau Access

TotalEnergies avait précédé cette annonce en portant, dès samedi, le litre de gazole à 2,15 euros dans ses 705 stations Access. Ce réseau à bas prix assure 60 % des ventes de carburant du groupe. Le tarif y est ainsi inférieur de 10 centimes au plafond de 2,25 euros appliqué dans l'ensemble de ses stations.

Les autres stations TotalEnergies, à l'exception de celles situées sur autoroute, doivent suivre à partir de lundi, "en fonction de l'évolution des marchés internationaux du diesel". Le groupe a également annoncé, jeudi 29 octobre, des bénéfices record au troisième trimestre. Selon Le Dauphiné libéré, ces résultats sont liés à l'envolée des hydrocarbures depuis le déclenchement de la guerre au Moyen-Orient par les États-Unis et Israël.

Du côté d'Intermarché, Thierry Cotillard, président des Mousquetaires, avait promis dès la mi-octobre de répercuter la baisse, sans en préciser le montant ni la date. À l'échelle nationale, l'analyse de l'AFP portant sur 8 842 stations situait le prix moyen du gazole à 2,379 euros le litre samedi vers 18 h 15.

Dix millions de barils distribués sur trois mois

Le mécanisme à l'origine de ces annonces a été présenté par le gouvernement le 12 octobre. Il prévoit de fournir aux distributeurs dix millions de barils de gazole des réserves stratégiques jusqu'à fin janvier. Les volumes attribués dépendent de leur part de marché en 2025.

Selon Matignon, ce gazole acheté avant la guerre au Moyen-Orient est vendu aux distributeurs à 0,28 euro le litre, alors que le marché se situait autour de 1,10 euro à la mi-octobre. Le ministère de l'Économie, cité par Le Figaro, précise que les livraisons sont réparties sur trois mois, à raison de 3,3 millions de barils par mois. Le 29 octobre, il a présenté l'opération comme la première libération de stocks stratégiques destinée à agir sur les prix.

Cette initiative française relève de l'accord conclu par le G7 le 2 octobre 2026. D'après l'Élysée, les dirigeants ont décidé de libérer, sur quatre mois, jusqu'à 100 millions de barils de produits raffinés, notamment de diesel, et de pétrole brut. L'Agence internationale de l'énergie coordonne l'opération.

L'acheminement constitue aussi un enjeu pour les stations isolées, en zone rurale, en montagne ou en outre-mer. Les réserves françaises étant réparties entre 80 sites, le gouvernement a prévu un prêt à taux zéro pour faciliter la trésorerie de ces stations et tenir compte de délais de transport plus longs, rapporte Le Figaro.

Des contrôles sur la transmission de la baisse

Les stations doivent indiquer "de manière claire" le montant de la réduction, comme l'impose un arrêté. À cette obligation d'affichage s'ajoute un décret publié le 24 octobre : selon le ministère de l'Économie cité par Le Figaro, l'État peut contrôler les opérateurs et les sanctionner si l'avantage économique obtenu grâce aux stocks stratégiques ne parvient pas jusqu'aux automobilistes.

Un second décret abaisse le niveau des stocks stratégiques. Selon Le Figaro, il vise à éviter qu'une reconstitution trop rapide des réserves ne provoque ensuite un rattrapage des prix à la pompe.

Un dispositif temporaire réservé au gazole

L'essence n'est pas concernée par cette mesure. La Croix souligne, dans son édition du 1er novembre, que la libération de réserves reste temporaire et pourra difficilement être renouvelée. Le journal rappelle aussi que la France refuse toujours de réduire la taxe sur les carburants, contrairement notamment à l'Allemagne, à la Pologne et à l'Espagne.

Une aide complémentaire est accessible aux gros rouleurs : depuis le mardi 27 octobre, l'élargissement de l'aide au carburant permet de demander un versement de 100 euros, rapporte Le Dauphiné libéré. En cumulant les dispositifs, certains foyers modestes pourraient bénéficier d'une baisse allant jusqu'à 60 centimes par litre, selon les estimations de Bercy rapportées par Le Figaro.

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