Les soutiens locaux mobilisés sur les tarifs
Les élus qui défendent l'A69 au nom du développement économique du sud du Tarn avaient demandé cette visioconférence "en urgence". L'infrastructure, dont l'ouverture a déjà été reportée à plusieurs reprises, reste très contestée pour ses effets sur l'environnement. Elle doit permettre de gagner une vingtaine de minutes entre Castres et Toulouse.
La démarche avait notamment pris la forme d'un courrier envoyé le 12 octobre 2026 au ministre des transports, Philippe Tabarot. Selon TF1 Info, sept élus y sollicitaient une audience urgente consacrée aux péages. Parmi les signataires figuraient Jean Terlier, député Renaissance du Tarn, et Olivier Fabre, président LR de la communauté d'agglomération de Castres-Mazamet.
Deux péages pour rejoindre Toulouse
La grille publiée par Atosca le 8 octobre fixe à 8,50 euros le trajet Castres-Verfeil pour une voiture classique, soit 17 euros pour l'aller-retour. Pour poursuivre jusqu'à Toulouse, il faut aussi acquitter le péage de l'A68 : 1,70 euro dans chaque sens. Le total atteint ainsi 20,40 euros.
Dans son article du 16 octobre 2026, TF1 Info classe l'A69 parmi les autoroutes les plus chères de France. Selon le média, son tarif représente 1,6 fois la moyenne nationale et dépasse de plus du double ceux de grands axes comme l'A6 ou l'A7.
L'A69 compte 53 kilomètres, répartis entre 44 kilomètres de tracé neuf et 9 kilomètres de section réaménagée. Atosca annonce qu'elle sera la première autoroute d'Occitanie dotée d'un péage en flux libre, sans gares de péage.
Une baisse subventionnée écartée par le Conseil d'Etat
L'annonce des prix par Atosca a suivi l'avis défavorable du Conseil d'Etat sur un avenant au contrat de concession, signé en avril 2022 entre l'Etat et le concessionnaire chargé de construire et d'exploiter l'A69. Fin septembre, la juridiction a invalidé une enveloppe de 41 millions d'euros de subventions publiques destinée à réduire les péages de 33 % aux entrées de Soual et de Puylaurens pendant dix ans.
La Dépêche du Midi précise que cet avenant, conclu en février 2025, abaissait le plafond tarifaire des sections comprenant les déviations de ces deux communes. La réduction prévue était de 33 % durant les dix premières années d'exploitation, puis de 15 % au-delà. Le dispositif couvrait plus de la moitié des 53 kilomètres de l'autoroute.
Le financement devait être partagé entre l'Etat, à hauteur de 50,8 %, la région Occitanie pour 26,5 % et le département du Tarn pour 13,8 %. Deux intercommunalités devaient prendre en charge les parts restantes, de 6,7 % et 2,2 %.
Auprès de TF1 Info, Christine Arrighi, députée écologiste de Haute-Garonne et présidente de la commission d'enquête sur l'A69, souligne que le prix publié par Atosca correspond exactement à celui convenu à la signature du contrat. Selon elle, ce montant, initialement couvert par le secret des affaires, avait été dévoilé dans le cadre de la commission d'enquête.
Atosca indique pour sa part que le contrat retenait un prix de référence de 6,77 euros TTC, en valeur 2021, pour un parcours complet en véhicule léger classique.
Des remises selon le véhicule et la fréquence d'utilisation
Le contrat avec l'Etat engage également Atosca à accorder une réduction de 20 % aux conducteurs de véhicules à très faible émission, quel que soit leur trajet sur l'A69. Cumulable avec les abonnements, cette réduction peut porter la remise totale à 70 % pour une voiture électrique, selon le concessionnaire.
Des rabais allant de 30 à 70 % sont par ailleurs prévus pour les usagers fréquents.









