Un bénéfice net en hausse de 30 %, une marge opérationnelle en recul
Au troisième trimestre 2026, Lufthansa a dégagé 1,26 milliard d'euros de bénéfice net, soit 30 % de plus qu'un an auparavant. Les analystes attendaient 1,07 milliard. Le bénéfice par action dépasse lui aussi le consensus : il atteint 1,05 euro, en progression de 30 %, contre une estimation de 0,92 euro. Selon Investing.com, le résultat net a notamment bénéficié d'un gain de couverture carburant de 1,21 milliard d'euros, alors que ces couvertures avaient occasionné une perte de 204 millions un an plus tôt.
Les revenus du groupe atteignent 12,24 milliards d'euros, en hausse de 9 %, pour un consensus de 12,20 milliards. Lufthansa qualifie ce niveau d'"historique". La progression des résultats opérationnels est moins rapide : l'EBITDA ajusté comme l'EBIT ajusté augmentent de 6 %, à respectivement 2,05 milliards et 1,41 milliard d'euros. La marge d'EBIT ajusté s'établit ainsi à 11,5 %, en retrait de 0,4 point.
La croissance des recettes et la maîtrise des dépenses ont permis au groupe de compenser une augmentation de 543 millions d'euros de sa facture de carburant sur un an. Le flux de trésorerie disponible ajusté recule toutefois de 3 %, passant de 818 millions à 793 millions d'euros.
Le fret et la maintenance progressent, Lufthansa Airlines reste à la peine
Lufthansa Cargo compte parmi les principaux soutiens des résultats, avec un EBIT ajusté de 162 millions d'euros, contre 49 millions un an auparavant, soit plus du triple. Le communiqué du groupe détaille une hausse de capacité de 5 %, portée par les capacités en soute d'ITA Airways. Les volumes transportés ont augmenté de 7 % et le coefficient de remplissage a gagné 3 points. Avec des rendements supérieurs de 22 % à ceux de l'an dernier, la marge d'EBIT ajusté du fret atteint 15,6 %, contre 6,0 %.
La demande élevée de services de maintenance bénéficie également à Lufthansa Technik. Son EBIT ajusté s'élève à 200 millions d'euros, soit une hausse de 54 %. Selon le groupe, la croissance de son chiffre d'affaires, de 20 % à 2,3 milliards d'euros, provient principalement des clients externes. Sa marge d'EBIT ajusté passe à 8,6 %, en amélioration de 1,9 point.
Le bilan est plus contrasté pour les compagnies de réseau. La demande est restée soutenue sur les liaisons avec l'Asie et l'Amérique du Nord, ainsi que dans les classes premium. Leurs recettes unitaires ont progressé de 5,2 %. Leur EBIT ajusté cumulé n'en a pas moins diminué de 108 millions d'euros, à 853 millions, notamment sous l'effet du renchérissement du carburant. D'après le communiqué, leur capacité en sièges a augmenté de 1,6 % et leurs rendements de 6,8 %, tandis que le coefficient de remplissage a cédé 1,3 point.
Au sein de cet ensemble, SWISS, Austrian Airlines et Brussels Airlines ont dépassé leurs résultats de l'année précédente. Lufthansa Airlines demeure en difficulté : Deutsche Bank relève que son EBIT est passé de 454 millions à 300 millions d'euros. Outre le carburant, la compagnie a supporté environ 65 millions d'euros de coûts liés aux grèves du premier semestre 2026, précise le groupe. Le directeur général Carsten Spohr souligne la vigueur de la demande et la discipline sur les coûts, mais appelle à accélérer le redressement financier de la principale compagnie du groupe.
Eurowings a, pour sa part, réduit ses capacités de 3,5 % sur un an et accru ses recettes unitaires de 10,0 %. Dans le segment des compagnies point à point qu'elle représente, l'EBIT ajusté a augmenté de 16 millions d'euros pour atteindre 214 millions, selon le communiqué.
Une facture de carburant réévaluée à 9,3 milliards d'euros
Pour l'ensemble de 2026, Lufthansa vise désormais un EBIT ajusté compris entre 1,7 milliard et 2 milliards d'euros. La borne basse est inchangée, mais la borne haute était auparavant fixée à 2,2 milliards. Le groupe prévoit une dépense annuelle de carburant de 9,3 milliards d'euros, soit environ 600 millions de plus que précédemment anticipé, selon Investing.com.
Le directeur financier Till Streichert indique dans le communiqué que les compagnies de passagers disposent d'un taux de couverture carburant d'environ 86 % pour 2026 et déjà supérieur à 60 % pour 2027. Ces prévisions s'inscrivent dans un environnement géopolitique incertain. Investing.com rapporte que les actions européennes et le secteur aérien étaient sous pression le 3 novembre après des frappes militaires américaines sur l'île iranienne de Qeshm, dans le détroit d'Ormuz, qui ont fait monter le Brent au-dessus de 100 dollars le baril. Le même média indique que Ryanair a signalé environ 2 milliards d'euros de coûts de kérosène supplémentaires pour son prochain exercice.
Sur le plan du bilan, les données publiées par Lufthansa font état d'une dette nette, engagements de retraite nets compris, de 7,3 milliards d'euros au 30 septembre 2026, contre 8,3 milliards à la fin de 2025. La liquidité totale disponible s'élève à 11,8 milliards d'euros, un niveau également supérieur à celui de fin 2025.
UBS à l'achat, les trois autres bureaux d'études plus réservés
UBS conserve l'avis le plus favorable des quatre bureaux d'études, avec une recommandation "acheter" et un objectif de cours de 10 euros. Malgré la réduction du haut de la fourchette annuelle, la banque juge rassurant son point médian, à 1,85 milliard d'euros d'EBIT ajusté. Sa propre estimation approche 2 milliards pour 2026, ce qui la conduit à maintenir son opinion positive.
Bernstein reste à "Market-Perform", soit une performance attendue en ligne avec le marché, et vise 9 euros. Le bureau salue les performances du fret, de la maintenance et des compagnies, tout en surveillant les difficultés des compagnies de réseau et le coût du carburant. À ses yeux, les investisseurs avaient largement anticipé la révision de la prévision annuelle.
Deutsche Bank maintient une recommandation "conserver" et un objectif de 8 euros. Si la banque apprécie les progrès dans la maîtrise des dépenses et la dynamique des recettes unitaires, elle se dit déçue par Lufthansa Airlines. Elle relève cependant que le milieu de la nouvelle fourchette annuelle d'EBIT ajusté dépasse encore de 7 % le consensus utilisé dans sa note. L'accélération attendue des recettes unitaires au quatrième trimestre représente, selon elle, "un élément déterminant pour les prochains résultats".
DZ Bank conserve également son avis "conserver", assorti d'une juste valeur de 7,80 euros. Elle porte une appréciation neutre à légèrement positive sur la publication : le fret et la maintenance compensent en partie la faiblesse des compagnies de réseau, tandis que la demande premium et le meilleur contrôle des coûts soutiennent le dossier. La volatilité du kérosène et le redressement de Lufthansa Airlines restent ses principaux sujets de vigilance. Elle n'attend pas de révision majeure du consensus à la suite de ces résultats.









