Des dépréciations qui creusent les pertes
Au troisième trimestre 2026, Volkswagen a réalisé un chiffre d'affaires de 75,28 milliards d'euros, en baisse de 6,3 %, tandis que ses livraisons mondiales diminuaient de 14 %. Sa marge opérationnelle est tombée à -7,8 %, contre -1,6 % un an auparavant.
La perte nette, distincte de la perte opérationnelle de 5,9 milliards d'euros, atteint 5,8 milliards d'euros selon le communiqué du groupe. Elle représente plus de cinq fois celle du troisième trimestre 2025. Les éléments exceptionnels totalisent 7,8 milliards d'euros sur le trimestre et 8,7 milliards sur les neuf premiers mois de l'année.
L'essentiel de ces charges provient d'une dépréciation de 6,4 milliards d'euros concernant Porsche. Volkswagen a également déprécié des actifs en Chine pour un milliard d'euros. S'ajoutent notamment les conséquences financières de l'arrêt de la production de l'ID.4 électrique aux États-Unis et les coûts associés à la cession envisagée de l'usine d'Osnabrück, destinée à une reconversion dans la défense.
Sur les neuf premiers mois de 2026, le résultat opérationnel du groupe reste tout juste positif, à 71 millions d'euros. Il a fondu de 98,7 % par rapport aux 5,4 milliards enregistrés sur la même période de 2025. La division "Sport Luxury" de Porsche affiche pour sa part un bénéfice opérationnel de 1,49 milliard d'euros et une marge de 6,7 %, après une perte de 228 millions un an plus tôt.
La Chine et l'électrique pèsent aussi sur la rentabilité
Au-delà des charges exceptionnelles, Volkswagen doit composer avec le recul de son activité en Chine, marché historique où la concurrence locale lui fait perdre du terrain. D'après les chiffres du groupe, ses livraisons y ont baissé de 38,5 % au troisième trimestre 2026, à 405 800 véhicules. Les droits de douane américains pénalisent également ses finances.
En Europe, la progression de l'électrique ne se traduit pas, à court terme, par une amélioration de la rentabilité. Arno Antlitz, directeur financier et opérationnel du constructeur, l'explique ainsi : "Le succès commercial de nos véhicules électriques exerce une pression supplémentaire sur nos résultats, car nous gagnons actuellement moins avec les véhicules électriques qu'avec les véhicules thermiques".
Volkswagen avait revu ses ambitions annuelles à la baisse dès la mi-septembre. Pour 2026, il attend désormais une marge opérationnelle ne dépassant pas 1 %, au lieu des 4 à 5 % visés auparavant, et un chiffre d'affaires consolidé d'environ 315 milliards d'euros.
"Les résultats sur neuf mois montrent une chose clairement : nous ne pouvons pas nous permettre de perdre du temps et nous devons agir vite et de manière décisive", a déclaré Arno Antlitz.
Environ 100 000 postes supprimés d'ici fin 2030
La direction accélère son programme de restructuration et vise 31 milliards d'euros d'économies d'ici à 2030. Elle entend notamment diviser par deux son catalogue de véhicules et simplifier son organisation industrielle.
Approuvé par le conseil de surveillance le 3 septembre 2026, le "Future Plan 2030" prévoit environ 50 000 suppressions de postes supplémentaires dans le monde. Avec les programmes déjà engagés, le total atteindrait environ 100 000 postes d'ici fin 2030, soit près de 15 % des effectifs. Volkswagen employait quelque 663 000 personnes en 2025. Un gel des salaires est également prévu.
Ces réductions d'effectifs ne remettent pas en cause la protection de l'emploi chez Volkswagen AG et Volkswagen Sachsen : les licenciements contraints y restent exclus jusqu'à fin 2030. La ventilation des suppressions de postes entre les marques et les sociétés du groupe doit encore être négociée avec les représentants du personnel. Les syndicats s'opposent vivement au projet, avec un risque de grèves d'ici au début de 2027.
Quatre sites allemands à l'avenir incertain
Les usines d'Emden, de Zwickau, de Hanovre et de Neckarsulm restent menacées de fermeture. Pour ces quatre sites, Volkswagen ne peut garantir une charge de production compétitive aux échéances comprises entre 2031 et 2034. Le groupe reconnaît que ses capacités européennes dépassent la demande de plus de 500 000 véhicules.
Des reconversions dans la défense ou la robotique sont à l'étude. Un projet d'organisation de la production européenne doit être élaboré d'ici à la fin juin 2027.









