Une rentabilité en baisse et 70 millions d'euros de trésorerie sur neuf mois
Les ventes nettes sous-jacentes du trimestre totalisent 1 031 millions d'euros, contre 1 044 millions un an auparavant. Le recul atteint 1,3 % en données publiées et 3,3 % en organique. Solvay met en cause les répercussions du conflit au Moyen-Orient sur ses opérations, ainsi qu'un marché du carbonate de soude toujours faible. De janvier à septembre, le chiffre d'affaires s'établit à 3 059 millions d'euros, soit une baisse de 6,4 %.
La marge d'EBITDA sous-jacent passe de 22,2 % au troisième trimestre 2025 à 16,8 %. Pour expliquer la diminution du résultat trimestriel, le groupe cite un effet négatif du conflit d'environ 25 millions d'euros et une base de comparaison qui comprenait près de 40 millions d'euros de produits de cession de droits d'émission de CO2. Sur les neuf premiers mois, l'EBITDA sous-jacent atteint 579 millions d'euros, contre 712 millions un an plus tôt.
Le bénéfice net sous-jacent des activités poursuivies tombe à 35 millions d'euros au troisième trimestre, contre 90 millions un an auparavant. Le flux de trésorerie disponible aux actionnaires de Solvay, pour ces mêmes activités, s'élève à 54 millions d'euros sur le trimestre. Son cumul sur neuf mois atteint 70 millions, contre 214 millions sur la période comparable de 2025, pour 203 millions d'euros d'investissements.
À fin septembre, l'endettement net sous-jacent s'établit à 1,8 milliard d'euros et le ratio de levier à 2,4 fois. Les mesures structurelles de réduction des coûts ont apporté 25 millions d'euros d'économies supplémentaires au trimestre. Leur total cumulé atteint ainsi 283 millions d'euros, le groupe estimant rester en mesure d'atteindre les 300 millions visés pour fin 2026.
Jubail continue de peser sur les objectifs annuels
L'arrêt prolongé de l'usine de peroxyde d'hydrogène de Jubail, sur le complexe saoudien de Sadara, constitue la principale composante de l'impact du conflit. À lui seul, il a amputé l'EBITDA sous-jacent de près de 15 millions d'euros au deuxième trimestre, puis d'un montant comparable au troisième. L'effet total du conflit atteint respectivement 20 et 25 millions d'euros sur ces deux périodes. Le directeur général Philippe Kehren souligne les conséquences sensibles de cette suspension temporaire sur la performance à court terme.
D'après The Brussels Times, qui citait Belga et un porte-parole en mai 2026, cette usine, l'une des plus grandes au monde pour le peroxyde d'hydrogène, est arrêtée depuis la mi-mars. Le conflit et les perturbations des chaînes d'approvisionnement sont à l'origine de cette situation, sans dommage physique ni blessé signalé. Moins de 5 % du chiffre d'affaires total de Solvay provient de la région.
Solvay exploite le site par l'intermédiaire d'une coentreprise avec Sadara, détenue majoritairement par Saudi Aramco et comptant aussi Dow Chemical parmi ses actionnaires, selon les précisions du groupe et d'Agefi-Dow Jones. Le chimiste examine les possibilités de limiter les pertes financières. Il indique que les contrats de la coentreprise comportent des mécanismes permettant de recouvrer la rentabilité perdue.
Les objectifs annuels restent ceux annoncés le 19 octobre : entre 720 et 740 millions d'euros d'EBITDA sous-jacent et entre 120 et 150 millions d'euros de flux de trésorerie disponible, après environ 90 millions de dépenses de transformation. Ces prévisions excluent, pour le reste de 2026, les revenus potentiels ou les mesures de recouvrement liés à Sadara. Les investissements doivent rester sous 300 millions d'euros.
Selon Agefi-Dow Jones, les objectifs précédents étaient de 770 à 850 millions d'euros pour l'EBITDA sous-jacent et d'au moins 200 millions pour le flux de trésorerie disponible. L'agence chiffre à 9,9 % et 32,5 %, respectivement, la baisse des nouveaux objectifs à leur point médian par rapport aux prévisions initiales.
Viridis et La Rochelle au centre des projets dans les terres rares
L'accord de long terme signé avec Viridis doit assurer à Solvay un approvisionnement en matières premières de terres rares à compter de 2028. Philippe Kehren y voit un moyen de renforcer l'activité de séparation du groupe et de construire une chaîne de valeur allant jusqu'aux clients, avec des perspectives de croissance pour le site de La Rochelle.
Sud Ouest précisait le 8 septembre que le projet brésilien Colossus, porté par l'australienne Viridis Mining and Minerals, devrait couvrir environ 75 % des besoins de l'usine rochelaise en carbonate de terres rares mixtes pendant cinq ans. Cette durée pourrait être prolongée de cinq années supplémentaires. La production de l'usine commerciale de Viridis est attendue au second semestre 2028.
Le site de La Rochelle, âgé de 78 ans, compte parmi les rares installations situées hors de Chine capables de séparer les 17 éléments des terres rares, rapportait Reuters le 8 septembre. Ses prix servaient de référence mondiale dans les années 1980 et 1990. Solvay ambitionne de fournir, d'ici 2030, 30 % du marché européen des terres rares légères et lourdes de qualité magnétique, selon Le Figaro et l'AFP.
Pour développer la séparation des terres rares lourdes, Solvay a approuvé en juillet 2026 une enveloppe supplémentaire de 15 à 20 millions d'euros, après environ 10 millions déjà consacrés aux terres rares légères. Le directeur financier Alexandre Blum, cité par Le Figaro et l'AFP, prévoyait alors un démarrage en 2027. Ces nouveaux investissements font partie du budget 2026, plafonné à moins de 300 millions d'euros.
En parallèle, les négociations se poursuivent avec One Investment Management, ou OneIM, spécialisé dans les minéraux critiques. Si elles aboutissent, Solvay transférerait ses activités de terres rares à une nouvelle coentreprise dont il garderait une participation minoritaire significative. Ce périmètre représente environ 80 millions d'euros d'EBITDA sous-jacent annuel. La conclusion d'un accord définitif n'est toutefois pas garantie.
Reuters indiquait le 8 septembre, sur la foi de deux sources, que ces discussions avaient commencé en mars 2026. Dirigé par Rajeev Misra, ancien dirigeant des Vision Funds de SoftBank, OneIM gère 11,8 milliards de dollars d'actifs et possède des bureaux à Abou Dhabi, Londres, New York et Tokyo. Le fonds avait accepté fin août de devenir investisseur de référence de Viridis pour 75 millions de dollars, après un investissement de 200 millions dans Noveon Magnetics en janvier 2026.
Un acompte sur dividende inchangé, payable en janvier
Le conseil d'administration a validé un acompte brut de 0,97 euro par action, identique à celui de l'an dernier. Ce montant correspond à 40 % du dividende total de 2025, qui s'élevait à 2,43 euros par action, conformément à la politique du groupe et à ses pratiques historiques. Le détachement est prévu le 18 janvier 2027, avant un paiement le 20 janvier.
Une conférence téléphonique destinée aux analystes et aux investisseurs est prévue le 4 novembre 2026 à 14 h CET. Solvay publiera ses résultats du quatrième trimestre et de l'ensemble de l'année le 4 mars 2027, puis tiendra un événement pour les investisseurs au cours du même mois.









