Les sacs à main progressent, les volumes sous pression
Les sacs à main échappent au repli des ventes à l'étranger : leurs exportations ont atteint 4,54 milliards d'euros entre janvier et juin, soit une hausse de 1 %. La FFM, qui réunit notamment Hermès, Louis Vuitton et Chanel, met en avant cette progression dans un contexte de crise de la consommation qui touche aussi le luxe.
Les importations de maroquinerie se sont établies à 2,18 milliards d'euros sur le semestre. La fédération souligne que la branche conserve ainsi un important excédent commercial. Avec 14,6 % des exportations mondiales de produits de maroquinerie, la France occupe le troisième rang, après la Chine et l'Italie.
Le ralentissement concerne également le périmètre plus large de la filière cuir française. Selon les données de la FFM rapportées par FashionNetwork France, ses exportations ont diminué de 2 % au premier semestre 2026, à 9,2 milliards d'euros. Son excédent commercial s'élève à 4,9 milliards d'euros sur cette période.
Le bilan de 2025 faisait déjà apparaître un décalage entre chiffre d'affaires et volumes. Dans ce document publié le 12 octobre 2026, la FFM chiffre les ventes de la maroquinerie à 6,1 milliards d'euros, en hausse de 3,4 %. Mais la production a reculé de 7,3 % entre 2024 et 2025, signe d'une contraction des volumes, rapporte FashionNetwork France.
Des trajectoires différentes selon les entreprises
Edgard Schaffhauser, président exécutif de la FFM, reconnaît un ralentissement qui "appelle à la vigilance". "Derrière les chiffres globaux se trouvent des situations très contrastées, avec des entreprises qui continuent de se développer et d'autres qui font face à un contexte plus tendu", souligne-t-il. Les TPE et PME sont, selon lui, davantage exposées à la baisse des volumes que les grandes maisons, parmi lesquelles les géants du luxe, Longchamp et Lancel.
Hermès poursuit ainsi sa croissance. Dans ses résultats semestriels publiés le 29 juillet 2026, le groupe annonce une progression de 10 % à taux de change constants de son métier Maroquinerie-Sellerie, à 3 761 millions d'euros. Il a inauguré début avril sa vingt-cinquième maroquinerie à Loupes, en Gironde. Trois autres ouvertures sont prévues : Charleville-Mézières vers 2027, Colombelles vers 2028 et Les Andelys vers 2030.
Chez Savebag, la situation est différente. Ce sous-traitant de maroquinerie de luxe, installé à Perrusson en Indre-et-Loire et fournisseur notamment de LVMH, a engagé en janvier 2026 un plan de sauvegarde de l'emploi menaçant 44 postes. Selon France 3 Centre-Val de Loire, l'entreprise était déjà passée de 240 à 220 salariés après un premier plan social.
Un emploi en hausse, des besoins de recrutement persistants
"Ce qui demeure constant, c'est la solidité de notre secteur", affirme Edgard Schaffhauser. Pour étayer ce constat, il cite une hausse de près de 27 % des emplois depuis 2021, la reconnaissance internationale des savoir-faire, la présence d'ateliers sur l'ensemble du territoire et une balance commerciale largement positive.
La FFM recense quelque 42 750 salariés dans 380 entreprises, réparties sur 708 sites en France. Les très petites entreprises constituent 62 % des sociétés de la branche, selon les chiffres de la fédération relayés par FashionNetwork France. Les femmes occupent 75 % des emplois, contre 25 % pour les hommes ; leur part atteint 30 % dans l'industrie en moyenne.
Malgré les difficultés de certaines entreprises, la fédération estime les besoins de la filière entre 4 000 et 5 000 recrutements par an, après un triplement des effectifs en quinze ans. Selon L'Essentiel de l'Éco, ces besoins conduisent le secteur à accueillir des personnes en reconversion et à les former en interne.









