Lufthansa l'emporte face à Air France-KLM
Le gouvernement portugais a annoncé ce mercredi la sélection du groupe Lufthansa pour acquérir 44,9% du capital de TAP Air Portugal, mettant fin à une compétition opposant le géant allemand au franco-néerlandais Air France-KLM. L'opération, valorisée à 1,2 milliard d'euros, représente la troisième tentative de privatisation partielle de la compagnie nationale depuis 1998.
Selon les déclarations du Premier ministre portugais lors du Conseil des ministres, l'offre de Lufthansa s'est distinguée par sa supériorité financière et sa structure.
Après avoir examiné les propositions, le gouvernement a retenu celle du groupe Lufthansa, dont l'offre financière est supérieure de 16% à l'offre concurrente et présente un degré d'incertitude moindre
Le groupe allemand a proposé un paiement intégralement en numéraire, contrairement à Air France-KLM dont l'offre combinait liquidités et titres.
Un actif stratégique majeur
TAP Air Portugal représente un actif stratégique majeur sur le marché du transport aérien européen. La compagnie a transporté 16,7 millions de passagers en 2025 et exploite plus de 90 appareils desservant 90 destinations réparties entre l'Europe (52), l'Amérique centrale et du Sud (16), l'Afrique (14) et l'Amérique du Nord (11). Son réseau brésilien constitue un atout particulièrement prisé, avec des liaisons vers 15 villes brésiliennes, dont 10 exclusivement desservies depuis l'Europe par TAP.
La santé financière de la compagnie portugaise a pesé dans l'attractivité du dossier. TAP a enregistré un bénéfice net de 4,1 millions d'euros en 2025, marquant sa quatrième année consécutive de rentabilité après sa sortie de la crise sanitaire. Cette performance a conforté la valorisation proposée par les candidats acquéreurs.
Une restructuration du capital en trois volets
La répartition du capital de TAP s'organisera selon trois composantes distinctes. L'État portugais conservera 50,1% des parts, garantissant le maintien d'un contrôle majoritaire public. Les 5% restants seront réservés aux plus de 9 000 salariés de la compagnie, qui pourront acquérir des actions dans l'entreprise.
Cette opération s'inscrit dans un historique complexe de privatisations avortées. Le Portugal avait déjà tenté de céder des participations dans TAP en 1998 et 2015, deux initiatives qui s'étaient soldées par des échecs et avaient conduit les gouvernements successifs à reprendre la compagnie sous contrôle étatique.
Le processus de privatisation, lancé fin 2025, avait initialement suscité l'intérêt de trois grands groupes européens. International Airlines Group (IAG), propriétaire de British Airways, s'était retiré de la compétition avant la remise des offres finales le 30 septembre 2026, laissant Lufthansa et Air France-KLM s'affronter pour la participation minoritaire.
Stratégie d'expansion européenne
L'acquisition de TAP s'inscrit dans une dynamique d'expansion géographique menée par Lufthansa en Europe méridionale. Le groupe allemand avait acquis 41% d'ITA Airways en janvier 2025, avant de porter sa participation à 90% en mai 2026, démontrant une stratégie cohérente de consolidation sur les marchés du sud du continent.
La finalisation de l'opération reste néanmoins conditionnée à l'approbation des autorités réglementaires de l'Union européenne, étape indispensable avant la concrétisation du transfert de participation. Par ailleurs, le Premier ministre portugais a évoqué la possibilité d'une privatisation totale de TAP d'ici 2028, ouvrant la perspective d'une évolution future de la structure capitalistique de la compagnie.









