Économie

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Sophie Marchand

Accord UE-Chine sur les véhicules hybrides : un quota de 350 000 unités par an pour limiter les importations chinoises

L'Union européenne et la Chine ont conclu vendredi 9 octobre un accord encadrant les exportations de voitures hybrides chinoises vers le marché européen, avec un quota initial de 350 000 véhicules par an. Cette mesure intervient alors que les importations de ces véhicules ont plus que doublé entre…

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Voitures électriques et hybrides : la Chine principal fournisseur des véhicules importés dans l'Union européenne

L'Union européenne et la Chine ont trouvé un terrain d'entente vendredi 9 octobre pour réguler les flux de véhicules hybrides en provenance de l'empire du Milieu. Cet accord, négocié lors de deux jours d'entretiens à Pékin les 8 et 9 octobre entre le commissaire européen au Commerce Maroš Šefčovič et le ministre chinois du Commerce Wang Wentao, prévoit l'instauration d'un quota initial de 350 000 véhicules par an, qui augmentera de 6 % chaque année.

Cette décision s'inscrit dans le contexte de la 91e édition du Mondial de l'Auto de Paris, qui se tient du 12 au 18 octobre, et vise à protéger l'industrie automobile européenne, qui emploie environ 14 millions de personnes.

Une réponse à l'explosion des importations de véhicules hybrides

Les importations de voitures hybrides chinoises ont connu une croissance spectaculaire : leur valeur a plus que doublé entre 2024 et 2025, atteignant 5,4 milliards d'euros selon Eurostat. Cette envolée s'explique en partie par la stratégie des constructeurs chinois cherchant à contourner les droits compensateurs mis en place sur les véhicules entièrement électriques. Entre juillet et octobre 2024, les exportations chinoises de véhicules hybrides vers l'Europe ont triplé, avec 65 800 unités expédiées durant cette période, contre le même volume sur toute l'année précédente.

Sans ce dispositif de limitation, les exportations chinoises de voitures hybrides vers l'UE auraient pu atteindre environ 800 000 véhicules en 2026. Selon la Commission européenne, qui a précisé lundi 12 octobre les modalités de l'accord, cette mesure devrait faire passer la part de marché des véhicules fabriqués en Chine d'environ 12 % à 6 %.

Le mécanisme de sauvegarde entrera en vigueur début décembre et s'appliquera pendant quatre ans. Il concernera également les autres partenaires commerciaux de l'UE, même si ses modalités juridiques formelles restent à finaliser.

Des droits de douane ciblés sur les véhicules électriques

Cet accord sur les hybrides fait suite aux droits compensateurs imposés depuis le 31 octobre 2024 sur les voitures entièrement électriques fabriquées en Chine. Ces tarifs, qui varient selon les constructeurs, s'ajoutent aux droits de douane européens existants de 10 % :

  • 17 % pour BYD
  • 18,8 % pour Geely
  • 35,3 % pour SAIC
  • 7,8 % pour Tesla

Ces mesures font suite à une enquête de la Commission européenne ayant démontré que la chaîne de valeur chinoise des véhicules électriques bénéficiait de subventions déloyales. L'investigation a notamment révélé que BYD avait reçu environ 2,1 milliards d'euros de subventions directes du gouvernement chinois en 2022. En réaction, Pékin a saisi l'Organisation mondiale du commerce, dénonçant une violation des règles commerciales internationales et accusant l'UE de protectionnisme.

Cette approche plus souple pour les hybrides contraste avec la rigueur appliquée aux véhicules électriques, et fait écho à l'accord conclu en février 2026 pour le modèle CUPRA Tavascan, qui prévoyait déjà des prix minimaux d'importation et un engagement sur les volumes annuels.

La Chine, fournisseur dominant malgré un recul récent

Malgré l'introduction des droits compensateurs, la Chine demeure le premier fournisseur de véhicules électriques de l'Union européenne. En 2025, elle représentait 42 % des importations européennes de voitures électriques, devant la Corée du Sud (27 %) et le Japon (9 %).

Toutefois, la valeur des importations de véhicules entièrement électriques en provenance de Chine a nettement diminué depuis son pic de 2023. En 2025, l'UE a importé pour 45,1 milliards d'euros de voitures hybrides et électriques, soit une hausse de 4 % par rapport à 2024 (43,4 milliards d'euros), mais un niveau inférieur à celui de 2023 (48,3 milliards d'euros).

Une production européenne en forte électrification

La production automobile européenne s'est considérablement électrifiée ces dernières années. Sur les 12,6 millions de véhicules produits dans l'UE en 2025, près de 40 % étaient des voitures hybrides ou électriques (4,8 millions), soit près d'un million de plus qu'en 2024 (3,9 millions). Plus précisément, 17 % des voitures produites dans l'UE étaient électriques, 7 % hybrides rechargeables et 14 % hybrides non rechargeables.

L'Allemagne domine largement cette production, représentant 56 % de la fabrication totale de véhicules électriques à batterie et hybrides rechargeables dans les États membres producteurs automobiles de l'UE en 2025.

Les exportations européennes de véhicules électriques et hybrides ont atteint 64,7 milliards d'euros en 2025, en progression de 10 % par rapport à 2024 (58,7 milliards d'euros). L'UE a dégagé un excédent commercial de 14 milliards d'euros dans le secteur des véhicules électriques à batterie en 2025. Les trois principales destinations des exportations européennes étaient le Royaume-Uni (35 % des exportations, soit 10 milliards d'euros), les États-Unis et la Norvège (14 % chacun, représentant 4 milliards d'euros pour chaque pays). À elles trois, ces destinations absorbaient 63 % des exportations européennes de véhicules électriques à batterie.

Une transition qui s'accélère

Depuis 2017, la part des voitures électriques et hybrides dans les importations automobiles de l'UE a connu une progression remarquable. À l'époque, ces véhicules ne représentaient que 10 % des importations. En 2025, 20 % des voitures importées sont totalement électriques, 17 % sont des hybrides rechargeables et 23 % des hybrides non rechargeables.

Cette évolution témoigne d'une transformation profonde du marché automobile européen, où les véhicules électrifiés occupent désormais une place centrale, même si cette transition s'accompagne de tensions commerciales avec la Chine, principal acteur mondial de ce secteur.

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