Un choc d'approvisionnement historique
Les automobilistes français continuent de subir les répercussions de la crise au Moyen-Orient sur leur budget carburant. Le blocage du détroit d'Ormuz, amorcé le 28 février 2026 lors de frappes américano-israéliennes contre l'Iran, a profondément perturbé l'approvisionnement mondial en pétrole, provoquant une envolée des prix à la pompe.
Le prix moyen du gazole s'établit actuellement à 2,40 € le litre en France métropolitaine. Les écarts demeurent significatifs selon les régions : le tarif le plus bas s'observe dans le Finistère à 2,19 €, tandis que les Hauts-de-Seine enregistrent le prix le plus élevé à 2,85 €.
L'Agence internationale de l'énergie a qualifié cette perturbation de « plus importante rupture d'approvisionnement de l'histoire du marché pétrolier mondial ». Avant le conflit, environ 20,3 millions de barils de pétrole transitaient quotidiennement par le détroit d'Ormuz, représentant 25 % du commerce maritime mondial de pétrole et 20 % de la consommation mondiale.
Le trafic maritime dans cette zone stratégique s'est effondré de 95 %. Alors que plus de 100 navires traversaient quotidiennement le détroit avant la crise, seuls 5 à 10 bâtiments y circulent désormais. Dans les 48 heures suivant les frappes du 28 février, les forces iraniennes ont déclaré le détroit fermé, piégeant des centaines de navires dans le golfe Persique.
Volatilité persistante des cours du brut
Le baril de Brent se négocie actuellement entre 99 et 104 dollars, soit une hausse de 32 à 36 dollars par rapport à l'année précédente. Les prix ont connu d'importantes fluctuations depuis le début du conflit : après avoir atteint un pic de 118 dollars fin mars 2026, ils sont redescendus à environ 70 dollars en juillet avant de rebondir au-dessus des 100 dollars fin juillet. Les cours ont oscillé entre 87 et 109 dollars tout au long du mois de septembre.
Face à cette crise sans précédent, l'AIE a coordonné le 21 mars 2026 la libération de 400 millions de barils issus des réserves stratégiques de ses pays membres, la plus importante opération de ce type jamais organisée.
Le gouvernement élargit les aides aux carburants
Le 22 septembre 2026, le gouvernement français a annoncé un renforcement substantiel de son dispositif d'aide. Le nombre de bénéficiaires du versement de 100 € destiné aux automobilistes à faibles revenus passe de 3 à 5,5 millions de personnes. Cette aide, prolongée jusqu'à la fin de l'année, représente un coût total de 450 millions d'euros.
Ces mesures s'ajoutent aux soutiens sectoriels annoncés le 16 septembre. Les aides ciblées incluent :
- Une subvention portée de 25 à 35 centimes par litre pour les pêcheurs
- 15 centimes par litre pour les agriculteurs
- 20 centimes par litre de gazole non routier pour les entreprises du bâtiment et des travaux publics
Toutes ces aides sont prolongées jusqu'au 31 décembre.
Un impact mondial malgré une concentration asiatique
Bien que la Chine, l'Inde, le Japon et la Corée du Sud aient collectivement reçu 69 % des flux de pétrole transitant par le détroit d'Ormuz en 2024-2025, les répercussions touchent l'ensemble de la planète. L'interconnexion des marchés pétroliers mondiaux explique pourquoi une perturbation au Moyen-Orient se traduit immédiatement par une hausse des prix en France et dans le reste de l'Europe.
Notre carte interactive permet de consulter en temps réel les tarifs pratiqués dans près de 10 000 stations-service françaises pour le gazole, le SP95, le SP98, le GPL, l'E85 et l'E10. Les données, issues de la plateforme gouvernementale data.gouv.fr, sont régulièrement mises à jour pour refléter l'évolution de la situation sur le terrain.









