Deux mesures envisagées pour le salaire minimum
L'exécutif pourrait agir à la fois sur le calendrier et sur le montant de la hausse : avancer la revalorisation automatique normalement prévue le 1er janvier, puis lui ajouter une augmentation discrétionnaire. Selon les informations des Échos, ce supplément serait de 0,5 ou 0,6 point.
Ces deux mesures porteraient le salaire mensuel net d'un salarié à temps plein d'environ 1 478 à 1 498 euros. Elles restent à l'étude.
Le débat intervient après une décennie durant laquelle le Smic a progressé de 29 %, rapporte Le Figaro, soit nettement plus vite que le salaire médian.
La crainte d'un resserrement des bas salaires
Des chefs d'entreprise avaient exprimé leurs réserves avant même que l'hypothèse d'un coup de pouce supplémentaire ne soit connue. Ils estiment qu'une hausse trop importante du minimum salarial ferait davantage de perdants que de bénéficiaires : selon leur raisonnement, les sommes consacrées au relèvement du Smic ne seraient plus disponibles pour augmenter les autres salariés, notamment ceux rémunérés juste au-dessus.
C'est ce rapprochement des rémunérations vers le salaire minimum qu'ils dénoncent sous le terme de "smicardisation".
Dans la fonction publique, la hausse du Smic de 2,41 % au 1er juin 2026 s'est accompagnée d'une indemnité différentielle. Le ministère de l'Économie et des Finances en avait confirmé le versement dans son communiqué du 28 mai : environ 862 000 agents publics, dont 306 000 agents de l'État, étaient concernés. Destinée à éviter qu'un agent perçoive une rémunération indiciaire inférieure au Smic, cette indemnité atteint au maximum 65,28 euros bruts par mois.
Moins de bénéficiaires directs qu'au pic de 2023
Les dernières données de la Dares font toutefois état d'un recul de la proportion de salariés directement concernés par les revalorisations. L'étude publiée le 15 octobre 2026, relayée par BFM Business, en dénombre 2,1 millions dans le secteur privé hors agriculture au 1er janvier 2026, soit 11,8 % des salariés. Cette part était de 12,4 % lors de la hausse du 1er novembre 2024, après un pic de 17,3 % au 1er janvier 2023.
Les femmes représentent 59,6 % des bénéficiaires de la revalorisation de janvier 2026. Celle-ci a touché 25,6 % des salariés à temps partiel, contre 8,8 % de ceux à temps complet. Dans les entreprises de moins de dix salariés, la proportion atteint 21,9 %. La branche de la restauration rapide présente la part la plus élevée, avec 62,3 % de salariés concernés.
Le sixième salaire minimum brut de l'Union européenne
La comparaison européenne d'Eurostat situe la France au sixième rang pour le salaire minimum mensuel brut au 1er janvier 2026, avec 1 823 euros. Le Luxembourg arrive devant avec 2 704 euros, suivi de l'Irlande à 2 391 euros, de l'Allemagne à 2 343 euros, des Pays-Bas à 2 295 euros et de la Belgique à 2 112 euros.
En standard de pouvoir d'achat, le minimum français appartient au groupe des pays dont le salaire minimum dépasse 1 500 PPS par mois.









