Une décision à 14 h 15 après deux hausses cette année
Le maintien des taux domine les prévisions pour la réunion du 29 octobre 2026 : dans un sondage Reuters mené auprès de 73 économistes, 70 retenaient ce scénario. La BCE annoncera sa décision à 14 h 15, puis Christine Lagarde s'exprimera devant la presse à 14 h 45.
Cette pause interviendrait après les deux premiers relèvements depuis 2023. Le taux de dépôt a été porté à 2,25 % avec effet au 17 juin 2026, puis à 2,50 % au 16 septembre. Au 28 octobre, le taux de refinancement principal est de 2,65 % et celui du prêt marginal de 2,90 %.
La présidente de la BCE prendra aussi la parole alors que les spéculations sur un départ anticipé ont repris ces dernières semaines. Son mandat doit s'achever en octobre 2027.
Les anticipations restent orientées vers un durcissement en décembre
Au-delà du statu quo attendu jeudi, les investisseurs examineront les propos de Christine Lagarde pour y déceler une éventuelle orientation à la hausse des taux en décembre. Joe Sulllivan-Bissett, responsable des investissements de taux obligataires chez MNG Investments, chiffre à 83 % la probabilité de cette hypothèse, qui occupe une place majeure dans les anticipations du marché.
Le sondage Reuters fait également ressortir cette perspective : 64 des 73 économistes interrogés prévoyaient une hausse de 25 points de base en décembre. Concernant le sommet du cycle, 40 répondants sur 70 envisageaient un taux de dépôt à 2,75 %, tandis que 24 le situaient à 3,00 %.
L'inflation reste nettement au-dessus de la cible de 2 %. Dans la zone euro, elle a atteint 3,8 % sur un an en septembre, un plus haut de trois ans, contre 3,2 % en août. Aux États-Unis, la hausse annuelle des prix s'est établie à 3,7 % en septembre.
La dette française complique l'équation de la BCE
Pour Oddo BHF, "la situation est délicate". Le cabinet souligne que la BCE doit tenir compte à la fois de la résistance de la croissance, d'une inflation plus tenace que prévu et de tensions extrêmes sur les taux français. Selon son analyse, ces dernières se propagent à d'autres pays et à l'euro.
Fin octobre 2026, le rendement de l'OAT française à dix ans a franchi 5 %, une première depuis 2002. Il avait atteint un pic de 5,14 % début octobre. L'écart avec le rendement du Bund allemand de même échéance a dépassé 160 points de base, un niveau qui n'avait plus été observé depuis 2011.
Moody's a toutefois laissé inchangée la note souveraine française le 23 octobre : elle reste à Aa3, assortie d'une perspective négative. L'agence n'a donc pris aucune mesure de notation, contrairement aux attentes.
Oddo BHF estime qu'une activation du TPI ne paraît pas réunir les conditions nécessaires à ce stade, faute de visibilité suffisante sur l'adoption du budget français et sur le résultat des prochaines élections. Cet Instrument de protection de la transmission permet des rachats d'obligations souveraines pour assurer la bonne transmission de la politique monétaire dans toute la zone euro. Mis en place en 2022, il n'a encore jamais servi.
Un statu quo également attendu de la Fed
La réunion européenne suit celle de la Réserve fédérale, organisée les 27 et 28 octobre. La banque centrale américaine devait conserver sa fourchette cible de 3,75 % à 4,00 %. Elle l'avait relevée de 25 points de base le 16 septembre 2026, lors de la première hausse sous la présidence de Kevin Warsh.
Ce rendez-vous de la Fed précédait de cinq jours ouvrés les élections américaines de mi-mandat, prévues le 3 novembre 2026.









