Des ambitions pour 2030 à justifier
Dans une analyse publiée mardi 27 octobre 2026 et relayée par dpa-AFX, Christoph Laskawi souligne la difficulté de l'exercice qui attend le spécialiste de la défense et équipementier automobile lors de sa journée des marchés de capitaux. Ce rendez-vous est prévu les 26 et 27 novembre à Hambourg, sur le site de Blohm+Voss B.V. & Co. KG, rattaché à la division Naval Systems de Rheinmetall.
Les ambitions en discussion remontent à la journée des marchés de capitaux de novembre 2025 : Rheinmetall visait alors environ 50 milliards d'euros de chiffre d'affaires en 2030, avec une marge opérationnelle supérieure à 20 %. Deutsche Bank anticipe une révision à la baisse de ces objectifs.
Selon Christoph Laskawi, les investisseurs attendent cette réduction et accueilleraient mal des ambitions jugées excessives. Mais un abaissement prononcé conduirait aussi à réduire les prévisions de bénéfices. Leur soutien par des prises de commandes solides à court et moyen terme reste, lui, incertain.
L'analyste demande donc au groupe d'apporter des preuves crédibles à l'appui de ses objectifs et de mieux expliquer comment il compte assurer la montée en puissance annoncée, sans faire de promesses excessives sur des commandes particulières. Il a lui-même revu ses estimations à la baisse.
Une prévision annuelle déjà réduite dans le naval
Rheinmetall a déjà abaissé ses prévisions pour l'exercice en cours. Le 24 juin 2026, le ministre allemand de la Défense, Boris Pistorius, a mis fin au programme de six frégates F126. Le 6 août, le groupe a ramené son objectif de chiffre d'affaires 2026 dans une fourchette de 13,7 à 14,2 milliards d'euros, contre 14,0 à 14,5 milliards auparavant. Il a expliqué cette révision par un chiffre d'affaires naval inférieur d'environ 300 millions d'euros.
Les besoins en commandes ont également motivé un changement d'avis chez Berenberg. Le 8 octobre, la banque a remplacé sa recommandation "Acheter" par "Conserver" et réduit sa cible de 1 600 à 1 020 euros. Elle estime que Rheinmetall doit obtenir nettement plus de commandes pour poursuivre sa croissance au-delà de 2030.
Un recul boursier après la hausse de 2025
Avec une progression de 153,99 %, Rheinmetall avait signé la meilleure performance du DAX en 2025. Au 16 octobre 2026, l'action valait 1 079,40 euros, soit environ 31 % de moins qu'à la clôture de 2025, après l'arrêt du F126 et la réduction des prévisions d'août.
Le 27 octobre, vers 13 h 25, le cours estimé en temps réel sur Tradegate s'établissait à 1 025,50 euros. Il reculait de 0,84 % sur la séance et de 33,95 % depuis le début de l'année.
Les données de Zonebourse font néanmoins ressortir une recommandation moyenne à "Acheter" parmi les 21 analystes recensés. Leur objectif moyen atteint 1 552,24 euros, soit un écart positif de 50,09 % par rapport au dernier cours de clôture de 1 034,20 euros.
Résultats et décisions budgétaires au calendrier
Avant la rencontre de Hambourg, Rheinmetall doit présenter ses résultats du troisième trimestre le 5 novembre 2026. Le vote final du Bundestag sur le budget allemand de la défense pour 2027 est ensuite prévu le 27 novembre. Le projet prévoit 109,7 milliards d'euros de dépenses, en hausse de 27 milliards, soit 32,7 %, par rapport à 2026.
Le Bundestag doit également se prononcer sur le financement du contrat Boxer/Arminius, avec une décision attendue le 9 décembre 2026. Ce contrat porte sur une commande ferme d'environ 25 milliards d'euros pour quelque 1 800 véhicules, répartie à parts égales avec KNDS. La part attendue de Rheinmetall représente environ 12,4 milliards d'euros.








