Proche-Orient

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Thomas Rivière

Les États-Unis préparent une livraison massive de dizaines de milliers de bombes à Israël

L'administration Trump s'apprête à approuver la vente de 40 000 bombes à Israël pour 2,8 milliards de dollars, dont 20 000 Mark 84, parmi les munitions les plus destructrices de l'arsenal américain.

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Une vente d'armement de 2,8 milliards de dollars

L'administration Trump se prépare à livrer à Israël une cargaison de dizaines de milliers de bombes, ont révélé mardi plusieurs médias américains. Cette vente d'armement, d'un montant de 2,8 milliards de dollars (environ 2,4 milliards d'euros), comprend certaines des munitions les plus destructrices de l'arsenal des États-Unis.

Selon le Washington Post et le New York Times, la transaction inclut au moins 40 000 bombes, financées indirectement par les contribuables américains. Parmi celles-ci figurent 20 000 Mark 84, des ogives d'une tonne parmi les plus puissantes disponibles. Ces bombes contiennent 429 kilogrammes d'explosif au tritonal et peuvent projeter des éclats mortels jusqu'à 370 mètres du point d'impact. Leur explosion crée un cratère de 15 mètres de large et 11 mètres de profondeur.

Ces munitions, en service depuis les années 1960 et largement utilisées pendant la guerre du Vietnam, demeurent un élément central de l'arsenal militaire américain. La Maison Blanche et le département d'État n'ont pas souhaité commenter ces informations.

Un soutien militaire massif et continu

Cette livraison s'inscrit dans un soutien américain sans précédent à Israël depuis le début de la guerre à Gaza le 7 octobre 2023. Washington a fourni au moins 21,7 milliards de dollars d'aide militaire à l'État hébreu durant cette période, selon l'Institut Quincy pour une politique étrangère responsable. Ce montant s'ajoute à l'enveloppe annuelle de 3,8 milliards de dollars garantie par un protocole d'accord de dix ans couvrant la période jusqu'en 2028.

En janvier 2026, l'administration Trump avait déjà approuvé une vente d'armement de près de 3 milliards de dollars comprenant plus de 35 500 bombes MK-84 et BLU-117, pour une valeur de 2,04 milliards de dollars. La nouvelle transaction, si elle est confirmée, figurerait parmi les plus importantes livraisons de munitions américaines à Israël.

Selon le New York Times, bien que le Congrès dispose théoriquement d'un droit de regard sur ces ventes d'armes à l'étranger, l'exécutif possède des outils pour contourner cette règle. Israël bénéficie d'un délai de notification réduit de 15 jours, contre 30 jours pour les autres pays, en vertu de la loi sur le contrôle des exportations d'armes. De plus, le Congrès n'a jamais réussi à bloquer une vente d'armes proposée par une résolution de désapprobation conjointe, malgré son autorité légale pour le faire.

Des divisions politiques croissantes

Aux États-Unis, l'alliance historique avec Israël suscite des divisions de plus en plus marquées. Depuis la Seconde Guerre mondiale, Israël est le principal bénéficiaire de l'aide américaine, ayant reçu 174 milliards de dollars d'assistance totale depuis 1948, soit plus de 310 milliards ajustés à l'inflation. De nombreux démocrates font campagne pour les élections de mi-mandat de novembre sur une réduction de ce soutien, dénonçant le nombre de civils palestiniens tués.

Depuis l'entrée en vigueur en octobre 2025 du cessez-le-feu à Gaza, négocié sous l'égide des États-Unis, les opérations militaires israéliennes ont fait plus de 1 300 morts, selon le ministère de la santé de Gaza, placé sous l'autorité du Hamas. Les Nations unies jugent ces chiffres fiables. L'armée israélienne a fait état de cinq morts dans ses rangs sur la même période, ainsi que d'un employé civil sous contrat.

L'État hébreu continue de bombarder quasi quotidiennement la bande de Gaza malgré l'accord de cessez-le-feu, alimentant les critiques sur la poursuite des livraisons d'armes américaines.

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