Treize enfants libérés après une prise d'otages dans une école maternelle de Curitiba
Treize enfants âgés de quatre à cinq ans, retenus en otages vendredi 9 octobre dans une école maternelle de Curitiba, capitale de l'État du Paraná et huitième ville la plus peuplée du Brésil avec 1,8 million d'habitants, ont été libérés par les forces de l'ordre. L'assaillant a été abattu lors de l'intervention.
« Nous avons réussi à neutraliser cette personne et à secourir les 13 enfants, qui ont été conduits auprès des services médicaux et des pompiers pour recevoir des soins », a déclaré le colonel Alexandre Lopes Dias, commandant des forces spéciales de la police militaire de l'État du Paraná, lors d'une conférence de presse. Au moins un enfant a été blessé par le suspect.
Intervention après plusieurs heures de négociations
Selon les autorités, l'homme est arrivé à vélo au centre municipal d'éducation de la petite enfance, a franchi la clôture et s'est barricadé dans une salle avec les jeunes enfants. Il aurait répandu un produit inflammable dans la pièce tout en tenant un briquet. L'individu était également armé d'un couteau et d'une arme à feu qui s'est révélée factice.
« Pendant toute la négociation, il est resté avec tous les enfants autour de lui et l'un d'eux sur ses genoux », a rapporté le colonel Lopes Dias. Les échanges entre le ravisseur et la police ont duré environ deux heures et demie à trois heures. Progressivement, les enfants se sont agités et l'homme a commencé à les frapper.
« Lorsque nous avons constaté que les enfants étaient de plus en plus stressés et que l'assaillant commençait à les agresser physiquement, nous avons opté pour une intervention tactique pour éviter un mal plus grand », a expliqué le responsable des forces spéciales. Des images diffusées par des chaînes de télévision locales ont montré l'évacuation du reste des élèves présents dans l'établissement par les enseignants et la direction. Des coups de feu et de fortes détonations similaires à celles de grenades assourdissantes ont été entendus.
Après avoir neutralisé l'assaillant, la police a établi son identité et découvert qu'il souffrait de schizophrénie. Ses motivations et son éventuel lien avec l'établissement demeurent inconnus. « Les 13 enfants sont vivants et en sécurité ! Après des moments de grande tension et d'angoisse, c'est la nouvelle que nous attendions tous », s'est félicité le maire de Curitiba, Eduardo Pimentel, sur Instagram.
Une série d'attaques préoccupante
Cet incident survient huit jours seulement après une autre attaque meurtrière dans une école d'Heliópolis, dans l'État de Bahia, où un élève de 14 ans a tué trois camarades de classe âgés de 15 ans par balle avant de se suicider le 18 octobre 2024.
Le Brésil fait face à une multiplication inquiétante des violences dans les établissements scolaires. Entre 2002 et octobre 2023, le pays a enregistré 36 attaques visant des écoles, dont 16 pour la seule année 2023. Les années 2022 et 2023 représentent ainsi environ 60 % de l'ensemble des attaques recensées sur cette période de deux décennies. Ces violences ont causé 164 victimes, dont 49 décès, les armes à feu étant responsables de 77 % des morts.
En avril 2023, un homme de 25 ans avait tué à la hache quatre enfants âgés de 4 à 7 ans à la crèche Cantinho do Bom Pastor à Blumenau, également dans le sud du pays. L'attaque la plus meurtrière remonte à 2011, lorsqu'un homme avait ouvert le feu dans son ancienne école primaire de Realengo, dans la banlieue de Rio de Janeiro, tuant 12 enfants avant de mettre fin à ses jours.
Un rapport du ministère brésilien de l'Éducation révèle que tous les auteurs d'attaques contre des écoles entre 2002 et octobre 2023 étaient des hommes âgés de 10 à 25 ans.
Réponse des autorités
Face à cette recrudescence, les autorités brésiliennes ont déployé plusieurs mesures. En 2023, une opération policière nationale mobilisant plus de 3 400 agents a été lancée pour surveiller les réseaux sociaux et identifier les menaces potentielles. Les autorités ont demandé la suspension de 756 profils sur les réseaux sociaux soupçonnés de promouvoir des discours de haine.
L'État de São Paulo a temporairement recruté 550 psychologues pour les écoles publiques et déployé 1 000 agents de sécurité privés. En avril 2023, le gouvernement fédéral a annoncé un investissement de 3 milliards de réals (environ 600 millions de dollars) destiné aux États et municipalités pour financer des mesures de prévention de la violence scolaire.









