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Marie Lambert

Acte II à Épinal : la police met en joue avec un lance-lacrymo près de l'espace Cours

À Épinal, la mobilisation du samedi 24 octobre 2026 s'est poursuivie près de l'espace Cours, où des manifestants souhaitaient rejoindre la préfecture. Selon Vosges Matin, la police leur faisait face avec un lance-lacrymo. Vers 16 h 30, une cinquantaine de personnes étaient encore rassemblées dans l…

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Des manifestants franchissent la passerelle

Des personnes masquées, certaines vêtues de noir, ont traversé la passerelle située au niveau de l'espace Cours avec l'intention de gagner la préfecture. Vosges Matin rapporte également que des barrières de chantier ont été prises devant l'espace Cours. En face du groupe, la police mettait en joue avec un lance-lacrymo.

Épinal était l'une des trois communes vosgiennes concernées par les rassemblements du 24 octobre, avec Golbey et Saint-Dié-des-Vosges. D'après Vosges Matin, seul le rassemblement organisé par la CGT à Saint-Dié-des-Vosges avait fait l'objet d'une déclaration officielle et disposait d'un parcours validé par les autorités. Le rendez-vous y était fixé à 14 h, au pied de la Tour de la Liberté.

Un périmètre interdit aux manifestations dans le centre-ville

À Épinal, l'arrêté préfectoral n° 078-2026/BSOP, pris le 23 octobre, interdit les manifestations et rassemblements revendicatifs dans une partie du centre-ville du samedi 24 octobre à 8 h au lundi 26 octobre à 8 h. La zone est bordée par les rues des Petites Boucheries, Léopold Bourg, Rualménil et du Boudiou. Ces quatre voies sont elles-mêmes comprises dans l'interdiction.

Le texte distingue les sanctions encourues par les organisateurs et les participants. Organiser une manifestation interdite sur la voie publique expose à six mois d'emprisonnement et à 7 500 euros d'amende, en application de l'article 431-9 du Code pénal. Participer à une manifestation interdite sur le fondement de l'article L. 211-4 du Code de la sécurité intérieure relève d'une contravention de quatrième classe, conformément à l'article R. 644-4 du Code pénal.

Un autre arrêté préfectoral s'applique à l'ensemble des Vosges. Il interdit, sauf autorisation, l'utilisation d'artifices et de fumigènes sur la voie publique entre le vendredi 23 octobre à 22 h et le lundi 26 octobre à 8 h. L'achat de carburant ou de substances inflammables en jerrican est également interdit, sauf pour des besoins professionnels, agricoles ou de secours. Les participants ne peuvent pas porter d'équipements de protection individuelle, tels qu'un casque ou un gilet, ni d'armes, y compris factices. Le transport de substances explosives, inflammables ou corrosives leur est aussi interdit.

Des restrictions et un déploiement policier à l'échelle nationale

Selon Vosges Matin, Emmanuel Macron a décidé d'interdire les rassemblements du samedi 24 octobre à l'échelle nationale, avec une exception pour les cortèges syndicaux empruntant des parcours alternatifs qui évitent les centres-villes.

Le ministre de l'Intérieur a annoncé la mobilisation de 70 000 policiers et gendarmes pour cette journée. Le dispositif annoncé comprend des CRS, des escadrons de gendarmerie mobile, des unités spécialisées du Raid, du GIGN et de la BRI, ainsi que des brigades équestres. Des drones, des hélicoptères, des blindés Centaure et des lanceurs d'eau figurent également parmi les moyens prévus.

Une semaine après la mobilisation du 17 octobre

Cet Acte II a été lancé par la coordination des Gilets jaunes après la journée nationale du 17 octobre contre le coût de la vie. À cette occasion, 550 000 personnes avaient manifesté en France selon le ministère de l'Intérieur, contre 800 000 selon les syndicats, rapporte L'Est Républicain.

À Épinal, entre 1 000 et 1 500 personnes avaient défilé pendant près de trois heures le 17 octobre, selon Vosges Matin. L'arrêté préfectoral retient pour sa part environ 1 000 participants à cette manifestation non déclarée. Il précise que la majorité était restée pacifique, mais attribue à une cinquantaine d'individus des affrontements avec les forces de l'ordre et des dégradations en fin de journée, notamment dans un établissement de restauration. Le bilan mentionne aussi une dizaine de feux de poubelles et une interpellation.

L'appel de la coordination des Gilets jaunes à l'Acte II porte sur deux samedis : le 24 octobre et le 31 octobre 2026.

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