Politique

3 min de lecture

Camille Deschamps

Après l'attentat de Trappes, les divisions de la gauche s'affichent dans les rassemblements antiracistes

Emmanuel Grégoire a été hué lundi 26 octobre place Stalingrad, à Paris, lors d'un rassemblement organisé après l'attentat raciste de Trappes. D'autres rendez-vous se tenaient séparément le même soir. Une mobilisation réunissant les partis de gauche est annoncée à Trappes ce vendredi 30 octobre.

lake-aebc0af5-1c57-4194-a511-ba05db6eb557-0.webp

Le maire de Paris pris à partie place Stalingrad

Des cris de "Tout le monde déteste le PS" ont accompagné l'intervention du maire socialiste de Paris. Olivier Faure a qualifié de "sordide" cette scène survenue en présence d'Ali Rabeh, maire de Trappes, et de la famille des victimes.

Selon Le Huffington Post, SOS Racisme et la Ligue des droits de l'homme organisaient ce rassemblement de la société civile. Outre Emmanuel Grégoire et Olivier Faure, les participants comptaient le socialiste Boris Vallaud et Raphaël Glucksmann, candidat désigné de l'espace social-démocrate à la présidentielle.

Face aux huées, Emmanuel Grégoire a répondu sur scène : "il arrive parfois à la gauche de préférer se huer elle-même plutôt que de parvenir à se réunir sur quelques combats essentiels". Il a également mis en doute l'idée que le maire de Paris soit la première des menaces pesant sur la France, rapporte actu.fr.

Un mort et cinq blessés graves dans les Yvelines

L'attentat à l'origine de ces mobilisations a eu lieu le vendredi 23 octobre 2026. Selon Ouest-France, Kevin T., 39 ans, a tué par balles Pengo Bossio Wangi, un combattant de MMA âgé de 26 ans. Cinq autres personnes, parmi lesquelles une enfant de 11 ans, ont été grièvement blessées.

Le suspect a tiré 128 munitions au cours d'un trajet de 12 km reliant Trappes, La Verrière et Coignières. Il a été interpellé dans cette dernière commune. Un exemplaire de Mein Kampf a été découvert chez lui. Le Parquet national antiterroriste (Pnat) a retenu la circonstance aggravante de racisme ; Kevin T. reconnaît la matérialité des faits, mais nie leur caractère raciste.

Des mobilisations séparées à Paris et à La Courneuve

Un autre rassemblement antiraciste avait lieu lundi soir devant la Bourse du travail, à Paris. D'après actu.fr, la coalition antiraciste l'avait organisé après que la préfecture de Paris eut interdit la manifestation prévue place de la République. Les organisateurs avaient refusé de se joindre à SOS Racisme : certains collectifs reprochent à l'association sa proximité avec le Parti socialiste et l'accusent de récupération politique.

Jean-Luc Mélenchon n'a pas participé au rendez-vous de Stalingrad. Pendant que les partis sociaux-démocrates se retrouvaient à Paris, il intervenait dans une réunion publique à La Courneuve, en Seine-Saint-Denis, une ville remportée par les insoumis aux municipales, indique Le Huffington Post. L'Express situe à la fin des années 2010 son choix de chercher à conquérir la jeunesse et les banlieues populaires.

Un rendez-vous commun annoncé le 30 octobre

À Trappes, Ali Rabeh (Génération.s) organise ce vendredi 30 octobre à 18 h un "grand rassemblement populaire contre le racisme", une semaine après l'attentat. Les candidats à la présidentielle François Ruffin, Raphaël Glucksmann et Jean-Luc Mélenchon doivent y participer, de même que Marine Tondelier et une représentation du PCF.

Selon Le Huffington Post, cette mobilisation doit réunir tous les partis de gauche contre le racisme pour la première fois depuis plus d'un an. Leur dernier défilé commun sur ce thème remonte au 22 mars 2025, lors de la huitième Marche des solidarités. Une affiche de La France insoumise avait alors suscité une polémique, tandis que les mélenchonistes souhaitaient élargir le mot d'ordre à la contestation du gouvernement de François Bayrou.

La France insoumiseTerrorismeParti socialistePrésidentielle 2027
← Retour à Politique

À lire aussi