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Julien Lefèvre

À Charleville-Mézières, Édouard Philippe défend ses propositions familiales et sécuritaires

Le candidat d'Horizons à la présidentielle de 2027 a maintenu sa visite dans les Ardennes le 21 octobre 2026, malgré la crise sociale et politique. Devant des parents, il a repris ses propositions d'aides aux familles et soumis à la discussion plusieurs pistes sur la garde des enfants et les congés…

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Des aides dès la naissance, des pistes pour la reprise du travail

Dans une ludothèque du centre de Charleville-Mézières, une vingtaine de parents ont échangé avec Édouard Philippe sur ses projets pour les familles et la natalité. L'ancien Premier ministre d'Emmanuel Macron, en fonction de 2017 à 2020, a notamment défendu une allocation familiale unique et dégressive, versée dès le premier enfant, d'un montant pouvant atteindre 350 euros par mois.

Deux autres mesures complètent ce volet financier : une réduction d'impôt sur le revenu pouvant atteindre 3 000 euros pendant trois ans à chaque naissance, destinée aux parents des classes moyennes, jusqu'aux 30 % les plus aisés ; et un prêt à taux zéro pour les familles qui souhaitent changer de logement à l'arrivée d'un enfant. Ces trois propositions avaient été annoncées le 8 octobre sur France 2, dans l'émission "L'Heure de vérité", avant d'être reprises dans les Ardennes, selon le site de campagne du candidat et Les Echos.

Pour la garde, Édouard Philippe souhaite que les familles aient la garantie d'obtenir une place en crèche ou chez une nounou dans les quelques mois suivant la naissance. Il étudie aussi un dispositif qui permettrait aux mères de nouveau-nés volontaires de reprendre leur emploi à 80 % tout en conservant l'intégralité de leur rémunération.

Le candidat n'a, en revanche, pas arrêté sa position sur l'obligation de prendre la totalité du congé paternité, comme dans plusieurs pays voisins. Il a interrogé les parents sur cette possibilité. Tout en défendant ses propositions en faveur de la natalité, il a aussi marqué sa distance avec le vocabulaire d'Emmanuel Macron : "Je n'ai jamais aimé le terme réarmement démographique, que je trouve très militaire".

Le financement des mesures et le lien avec les retraites

Le site de campagne chiffre à 3 milliards d'euros par an le dispositif d'exonération ou de réduction d'impôt destiné aux jeunes parents des classes moyennes. Il indique que cette dépense serait financée par le plan de redressement des finances publiques d'Édouard Philippe. L'allocation familiale unique est, elle, présentée comme une réforme à coût constant : elle résulterait de la fusion d'une dizaine de dispositifs, dont les allocations familiales, le supplément familial de traitement et la prime de naissance.

Édouard Philippe a également relié le financement de ces aides à sa position sur la durée du travail : "Je rase assez peu gratis, si j'explique parfois qu'il va falloir travailler plus longtemps, c'est notamment pour financer ce genre de choses".

Sa réforme des retraites prévoit un âge de départ à 65 ans et 45 annuités. Les Echos la présentent comme la plus ambitieuse de la campagne. Lors de la réunion publique organisée le soir à Charleville-Mézières, le candidat a assuré qu'un tiers des salariés ne seraient pas concernés, en raison de conditions de travail difficiles, notamment le travail de nuit.

Cette réunion s'est tenue au cinéma Métropolis devant environ 200 personnes. Édouard Philippe était accompagné de Boris Ravignon, maire Horizons de la ville, ancien sarkozyste et ami de longue date, rapportent Les Echos et L'Ardennais. Il y a exposé trois priorités : transformer l'école, remettre l'économie française sur pied et rétablir l'ordre dans le pays comme aux frontières.

Un calendrier de campagne maintenu malgré la crise

La visite intervient environ six mois avant le premier tour de la présidentielle, prévu le 18 avril 2027 selon Les Echos. Alors que la crise fragilise l'exécutif et les candidats du bloc central, Édouard Philippe a refusé de laisser l'actualité dicter tout son programme. Devant la presse, il a expliqué qu'une campagne devait aussi permettre d'aborder des sujets moins visibles, mais souvent essentiels.

Il a donc conservé son déplacement à Charleville-Mézières. Seul son programme du lendemain a été modifié pour inclure une rencontre avec des policiers municipaux. Christophe Béchu, président par intérim d'Horizons, l'a représenté à la réunion de crise convoquée à Matignon par le Premier ministre Sébastien Lecornu le jeudi 22 octobre.

Cette séquence suit la mobilisation nationale du 17 octobre contre la vie chère. Selon RFI, le ministère de l'Intérieur a recensé 550 000 participants, contre 800 000 pour les organisateurs. Le bilan consolidé du ministère fait état de 2 397 interpellations et de 997 policiers et gendarmes blessés, dont sept gravement.

Des sanctions renforcées et davantage de pouvoirs locaux

Après les violences du 17 octobre, Édouard Philippe s'est prononcé pour le rétablissement des peines plancher visant les casseurs et les pilleurs. Il soutient également la loi "casseurs-payeurs" et veut autoriser le recours à la reconnaissance faciale ainsi qu'à des techniques de marquage.

Le candidat souhaite aussi donner aux maires un pouvoir de sanction pénale s'il est élu à l'Élysée en 2027, selon Les Echos. Il a écrit à Sébastien Lecornu pour réclamer l'inscription à l'ordre du jour de l'Assemblée nationale du texte étendant les prérogatives des polices municipales et demander d'en accélérer l'examen.

S'il a jugé inopportun et mal compris le maintien du déplacement d'Emmanuel Macron dans les pays du Golfe en début de semaine, Édouard Philippe a salué les moyens supplémentaires mobilisés ces derniers jours par le gouvernement pour permettre le retour à l'ordre.

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