Des incidents dans les rassemblements et au quotidien
Participer aux mobilisations pour l'éducation et le pouvoir d'achat est devenu difficile pour Raphaël Glucksmann. Selon le récit de l'AFP, le candidat de la gauche sociale-démocrate est régulièrement interpellé avec hostilité par des militants lorsqu'il rejoint les manifestations.
Les incidents se sont succédé : des invectives dans un rassemblement féministe, un enfarinage dans une rue parisienne le soir de sa victoire à la primaire, puis des prises à partie à Nancy et à Amiens. Il a également été chahuté lors d'un rassemblement devant l'Hôtel de ville de Paris.
Son proche Jérôme Auslender y voit un problème de sécurité et de participation à la vie démocratique. "Aller dans les manifestations, c'est devenu très compliqué. C'est un vrai sujet démocratique", dit-il, évoquant "des expressions de violence qui n'assurent pas des conditions de sécurité garanties".
Les difficultés ne se limitent pas aux rendez-vous politiques. Alexandre Ouizille, sénateur socialiste et directeur de campagne, rapporte que le candidat subit aussi du harcèlement lorsqu'il va acheter des cigarettes ou accompagne son fils à l'école. Il estime que son ampleur est inédite dans une campagne présidentielle. Raphaël Glucksmann est par ailleurs très visé sur les réseaux sociaux.
LFI mise en cause, puis un démenti de ses dirigeants
Le responsable de Place publique attribue ces perturbations à La France insoumise. "Tous les événements qu'on organise sont troublés par des militants de la France insoumise et il n'y a pas un pas que je puisse faire sans rencontrer une hostilité, donc ça, c'est organisé", a-t-il dénoncé lundi.
Cette accusation rappelle celles qu'il avait formulées pendant la campagne des européennes. Le 1er mai 2024, à Saint-Étienne, il avait dû quitter une manifestation sous protection après avoir reçu des jets de peinture et des insultes.
Manuel Bompard, coordinateur de LFI, nie toute implication de son mouvement : "Il ne devrait pas dire ça, parce que ce n'est pas vrai tout simplement". Il reproche au contraire à l'eurodéputé de rechercher constamment la confrontation avec les Insoumis. Mardi, la présidente du groupe LFI à l'Assemblée nationale, Mathilde Panot, a déclaré : "Nous ne parlons jamais de Raphaël Glucksmann". Elle lui a demandé de privilégier son programme plutôt que ses critiques envers LFI.
Dans l'entourage du candidat, on interprète sa progression de quelques points dans les sondages comme une source d'inquiétude pour le camp de Jean-Luc Mélenchon. Un socialiste affirme que des collaborateurs de députés de la gauche radicale se trouvaient près des lieux de l'enfarinage. Selon lui, des sympathisants ou militants insoumis sont présents à chaque incident et une consigne d'arrêt de la direction de LFI suffirait à y mettre fin. Un autre proche décrit des personnes qui se disent électrices de Jean-Luc Mélenchon et prédit que leur comportement nuira à LFI.
Une victoire à la primaire sans élan sur le terrain
Ces tensions compliquent la campagne d'un candidat pourtant largement désigné par son camp. D'après RFI, Raphaël Glucksmann a remporté dès le premier tour la primaire sociale-démocrate du 11 octobre 2026 : il a obtenu 66,17 % des suffrages, soit 79 613 voix, pour 120 587 votants. Olivier Faure, premier secrétaire du PS, a réuni 14,46 % des voix, soit 17 398 suffrages. Ségolène Royal, Jérôme Guedj et Emmanuel Maurel sont chacun restés sous les 10 %.
Crédité de 12 à 15 % des intentions de vote, l'eurodéputé porte une orientation modérée, écologiste et pro-européenne. Il revendique sa rupture avec le parti de Jean-Luc Mélenchon, dont il critique régulièrement la brutalité. Le scrutin présidentiel se tiendra les dimanches 18 avril et 2 mai 2027, selon le calendrier officiel du gouvernement.
L'hostilité d'une partie de la gauche radicale envers les sociaux-démocrates, qu'elle considère comme des traîtres, n'est pas nouvelle dans les manifestations. Lundi encore, des militants ont conspué le Parti socialiste, qui soutient la candidature de Raphaël Glucksmann, en scandant "tout le monde déteste le PS" lors d'un hommage aux victimes de l'attentat raciste de Trappes.
Un déplacement annoncé à Trappes, avec des précautions
L'attentat du 23 octobre 2026 à Trappes et à La Verrière, dans les Yvelines, a coûté la vie à Pengo Bossio Wangi, un Français de 26 ans d'origine africaine. Kévin T., 39 ans, a également blessé cinq personnes, dont une fillette de 12 ans. Le Parquet national antiterroriste a pris en charge l'enquête.
Le gouvernement a annoncé le 28 octobre qu'un hommage national serait rendu à Pengo Bossio Wangi sous la présidence du Premier ministre Sébastien Lecornu. La date n'a pas été précisée.
Raphaël Glucksmann a pour sa part annoncé qu'il participerait vendredi à un rassemblement contre le racisme à Trappes. Alexandre Ouizille assure que le candidat "n'a pas peur" et qu'il sera présent "dans le mouvement social dans les prochaines semaines".
Son équipe garde toutefois ses déplacements confidentiels aussi longtemps que possible et en prépare soigneusement les modalités. Outre le service d'ordre du Parti socialiste, le candidat dispose désormais d'une protection policière permanente.









