Une colère particulièrement forte chez les plus âgés
Le sondage Ipsos-BVA-Cési École d'ingénieurs fait état de 58 % de Français en colère après les événements. L'inquiétude est citée par 37 % des personnes interrogées, la honte par 33 % et la tristesse par 20 %. Brice Teinturier, directeur général délégué d'Ipsos-BVA, décrit une opinion qui condamne massivement les violences et un pays sidéré par la journée du 17 octobre.
Les réponses varient nettement selon l'âge : la colère atteint 67 % chez les 60-69 ans et 64 % chez les plus de 70 ans, contre 39 % parmi les 18-24 ans. Les électeurs les plus âgés, qui votent le plus, sont aussi les plus sévères envers Jean-Luc Mélenchon. Brice Teinturier parle d'un "plafond de verre" pour le candidat de La France insoumise.
Selon Ipsos, l'enquête a été menée sur Internet les 21 et 22 octobre 2026 auprès de 1 500 inscrits sur les listes électorales, constituant un échantillon représentatif de la population française de 18 ans et plus. Elle a été publiée samedi 24 octobre au soir, après une nouvelle journée de manifestations qui semble avoir été mieux maîtrisée par le gouvernement.
Le gouvernement et les groupes radicaux mis en cause
Pour 81 % des Français, le gouvernement porte une responsabilité dans la situation. Une meilleure anticipation des pouvoirs publics aurait permis d'éviter les violences, estiment par ailleurs 58 % des répondants.
Les groupes radicaux qui encouragent les affrontements avec les forces de l'ordre sont jugés responsables par 79 % des sondés. Cette proportion s'établit à 62 % pour les partis de gauche ayant appelé à manifester et à 52 % pour les forces de l'ordre.
Concernant LFI, deux appréciations se distinguent : 55 % des personnes interrogées considèrent que le mouvement a directement renforcé les tensions et attisé les violences. Sans lui attribuer ce rôle direct, 24 % supplémentaires estiment que les déclarations de certains de ses dirigeants ont légitimé ces violences.
L'attitude de Macron désapprouvée, y compris dans son camp
Seuls 12 % des Français approuvent l'attitude d'Emmanuel Macron depuis les événements, contre 17 % pour Jean-Luc Mélenchon et 38 % pour Marine Le Pen, en tête du classement. À l'inverse, 80 % jugent que le président n'a pas eu la bonne attitude, dont 62 % répondent "pas du tout". Ce jugement négatif est également porté par 54 % de ses sympathisants.
L'attitude de Jean-Luc Mélenchon est désapprouvée par 71 % des répondants, celle de Marine Le Pen par 43 %. Le mécontentement touche aussi le Premier ministre Sébastien Lecornu, à 61 %, le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez et Gabriel Attal, tous deux à 58 %, ainsi qu'Édouard Philippe, à 53 %.
Pour expliquer les résultats plus favorables de Marine Le Pen, Brice Teinturier souligne qu'elle n'a jamais gouverné et qu'elle incarne, aux yeux des électeurs, l'ordre et la sécurité.
Le Pen et Mélenchon au second tour dans les scénarios testés
Le volet présidentiel de cette même enquête place Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon au second tour de l'élection de 2027 dans toutes les hypothèses testées. Début septembre 2026, lors de la précédente enquête, Édouard Philippe était donné au second tour face à la candidate du RN.
Le Parisien relève un fort recul d'Édouard Philippe et de Gabriel Attal, ainsi qu'une entrée remarquée de David Lisnard. Ces résultats restent des intentions de vote recueillies dans les configurations proposées aux sondés.
Des milliers d'interpellations et d'importants dégâts
La mobilisation contre la vie chère du 17 octobre 2026 a réuni 550 000 personnes d'après le ministère de l'Intérieur et 800 000 selon les organisateurs. Le bilan consolidé des autorités fait état de 2 397 interpellations et de près de 1 000 policiers et gendarmes blessés.
À Limoges, un incendie volontaire a détruit une grande partie de l'hôtel de ville. Inauguré en 1883, cet édifice du XIXe siècle est inscrit au titre des monuments historiques. À l'échelle nationale, la Fédération du commerce et de la distribution évalue à 1 500 le nombre de commerces touchés et à plusieurs centaines de millions d'euros le montant des dégâts.
Wikipédia indique que les contrats d'assurance ne couvrent pas par défaut les dommages liés aux émeutes et qu'une partie des pertes ne sera donc pas remboursée. La même source décrit une hausse du coût des dégâts : après les estimations de 256 millions d'euros pour le mouvement des Gilets jaunes en 2018-2019 et de 795 millions pour les émeutes de 2023, elle fait état d'un coût anticipé de l'ordre d'un milliard d'euros pour le mouvement du 17 octobre.
Un couvre-feu dans deux secteurs de Paris jusqu'au 26 octobre
Après les violences, un couvre-feu a été instauré de 23 h à 6 h dans les périmètres de la place de la République et des Halles, à Paris. Il doit rester en vigueur jusqu'au 26 octobre.
Le 22 octobre, Emmanuel Macron a annoncé que les préfets interdiraient les rassemblements sans légitimité. Il a également recommandé de ne pas organiser de manifestations dans les jours suivants.









