Économie

2 min de lecture

Sophie Marchand

Banques de l'UE : Machado veut des garanties pour faciliter le soutien aux filiales à l'étranger

Pedro Machado, superviseur à la Banque centrale européenne (BCE), a plaidé mardi 3 novembre pour un dispositif assurant qu'une banque vienne en aide à ses filiales en difficulté dans un autre pays de l'Union européenne. Selon ses déclarations rapportées par Reuters, ces garanties pourraient facilit…

lake-488d970b-4ff2-41bf-b32d-5cbfaa48fa1a-pexels-39274072.webp

Environ 200 milliards d'euros de liquidités potentiellement libérés

Lors d'une conférence à Francfort, Pedro Machado a évoqué les réformes en discussion à Bruxelles pour permettre aux liquidités de mieux circuler au sein des groupes bancaires européens. Les superviseurs nationaux en maintiennent aujourd'hui une partie dans chaque pays d'activité afin d'y préserver une réserve locale. Selon lui, les changements envisagés pourraient libérer environ 200 milliards d'euros, soit 224 milliards de dollars.

L'enjeu serait de donner aux autorités chargées de surveiller les filiales suffisamment de garanties sur le soutien qu'elles recevraient en cas de difficultés. "La proposition tentera notamment d'instaurer le type de garde-fous privés qui (garantiraient) aux autorités des pays d'accueil un niveau de confort suffisant et leur permettraient de mettre fin au cantonnement", a expliqué Pedro Machado au cours d'une discussion.

Depuis la crise financière, les rapprochements entre banques de pays différents de la zone euro sont devenus presque inexistants. L'union bancaire demeure inachevée, tandis que les règles nationales de liquidité, d'assurance des dépôts et d'insolvabilité entretiennent la fragmentation du marché.

Simplifier les règles sans affaiblir les fonds propres

Cette volonté de faciliter les activités transfrontalières ne signifie pas un abandon des protections instaurées après la crise. Dans un discours prononcé plus tôt à la même conférence, Pedro Machado avait averti les banques : les efforts de simplification réglementaire et de soutien au crédit ne devaient pas leur faire espérer un assouplissement des principales exigences de fonds propres.

Il a ainsi soutenu le maintien de l'"output floor". Cette règle mondiale encadre les réductions d'exigences de fonds propres que les banques peuvent obtenir lorsqu'elles évaluent leurs risques avec leurs modèles internes.

"Nous devons maintenir des normes rigoureuses en matière de fonds propres, préserver le rôle de l'output floor comme garde-fou pour les modèles internes et continuer à prendre en compte les coûts de la résolution, afin que la taille des établissements n'ait pas pour contrepartie un coût pour le contribuable", a-t-il déclaré.

Des allègements ciblés pour les petites banques

Les établissements européens accentuent leurs pressions pour obtenir des règles moins contraignantes. Ils invoquent un désavantage face à leurs concurrents américains et soutiennent qu'une baisse des exigences leur permettrait de financer davantage l'économie.

Pedro Machado conteste ces arguments. Selon lui, les études étayent peu l'idée qu'une diminution des fonds propres requis apporterait des bénéfices économiques significatifs. Il doute également que le cadre applicable aux grandes banques américaines soit nettement moins exigeant.

Le superviseur a néanmoins confirmé que la BCE soutenait des allègements réservés aux petits établissements. Ceux-ci porteraient sur les déclarations à fournir et les contraintes de supervision, tout en maintenant les normes prudentielles.

Union européenneBCE
← Retour à Économie

À lire aussi