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Sophie Marchand

Les Bourses européennes reculent avant le verdict des élections de mi-mandat américaines

Les principaux indices européens baissent mardi 3 novembre, alors que les Américains votent pour renouveler le Congrès. Les marchés de prédiction privilégient une victoire démocrate, dont les conséquences possibles sur la politique américaine retiennent l'attention des investisseurs.

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L'Euro Stoxx 50 perd 1,1 % en début de séance

Au terme de la première heure de cotation environ, les places européennes évoluent toutes dans le rouge. À Paris, le CAC 40 s'établit à 8 010 points, en baisse de 0,5 %. Francfort recule davantage, avec un DAX en retrait de 1 %, tandis que le FTSE londonien abandonne 0,5 % et le SMI zurichois 0,3 %. À l'échelle de la zone euro, l'Euro Stoxx 50 cède 1,1 %.

Les publications d'entreprises provoquent toutefois des mouvements contrastés. bioMérieux arrive en tête du SBF 120 avec une hausse de 3,4 % : le spécialiste du diagnostic in vitro a annoncé une accélération de la croissance organique de ses ventes au troisième trimestre. Rubis gagne 2,9 %, après avoir publié un chiffre d'affaires trimestriel en forte progression, soutenu notamment par les volumes de sa branche Retail & Marketing.

Les valeurs technologiques sont à la peine : STMicroelectronics recule de 3 % et Soitec de 2,4 %. Alstom chute de 9,8 %, toujours pénalisé par la réaction défavorable à ses résultats présentés la veille. À Francfort, Bayer se distingue au contraire par un gain de 5,4 %, le plus élevé de l'Euro Stoxx 50. Le groupe a relevé ses objectifs annuels lors de sa publication trimestrielle, portée notamment par la bonne tenue de ses activités pharmaceutiques.

Le contrôle des deux chambres en jeu

Le scrutin américain porte sur les 435 sièges de la Chambre des représentants et sur 35 des 100 sièges du Sénat. Les résultats sont en principe attendus dans la nuit de mardi à mercredi.

Les marchés de prédiction, dont Polymarket, évaluent à 91 % les chances d'une prise de contrôle de la Chambre par les démocrates et à 76 % celles d'une victoire au Sénat. Ces estimations laissent ouverte une possibilité sérieuse de majorité démocrate dans les deux chambres. En octobre, Pictet Asset Management rapportait une probabilité de 60 % pour ce scénario, contre environ 30 % pour un Congrès divisé.

Les républicains disposent actuellement de la majorité dans les deux chambres, rappelle J.P. Morgan Asset Management dans une note du 14 octobre 2026. À la Chambre des représentants, les démocrates détiennent 214 sièges et deux sièges sont vacants ; selon cette note, trois sièges supplémentaires leur suffiraient pour obtenir la majorité. Au Sénat, ils auraient besoin d'un gain net de quatre sièges. Sur les 35 sièges soumis au vote cette année, 22 sont occupés par des républicains.

J.P. Morgan Asset Management souligne aussi la fréquence des revers du parti présidentiel lors de ces scrutins : il a perdu des sièges à la Chambre dans 20 des 23 dernières élections de mi-mandat, avec une perte moyenne de 27 sièges.

Technologie et budget au centre des scénarios de risque

"Une large victoire des démocrates aux élections de mi-mandat pourrait impacter les obligations du Trésor et les valeurs technologiques", prévient César Pérez Ruiz, CIO et responsable des investissements chez Pictet Wealth Management.

Dans son analyse d'octobre 2026, Pictet Asset Management envisage un scénario plus précis : une vague démocrate, de solides résultats pour les candidats progressistes et l'approbation d'un impôt sur la fortune en Californie. Cette combinaison pourrait, selon le gestionnaire, entraîner une baisse d'environ 10 à 15 % des actions américaines. Les valeurs technologiques mèneraient le recul, sur fond de craintes concernant un relèvement de l'impôt sur les sociétés et une réglementation plus stricte de l'intelligence artificielle.

Le risque budgétaire figure également dans l'analyse de J.P. Morgan Asset Management. Le plafond de la dette américaine devrait être atteint vers le milieu de 2027, même si les "mesures extraordinaires" du Trésor pourraient décaler l'échéance de six à neuf mois. Le gestionnaire redoute surtout un bras de fer politique, susceptible de provoquer de vifs affrontements budgétaires et une paralysie partielle de l'administration fédérale.

Des précédents boursiers favorables après les scrutins

Fidelity décrit un climat d'incertitude encore élevé. Selon son analyse, l'indice d'incertitude de la politique économique de la Réserve fédérale de St. Louis a dépassé, plus tôt en 2026, huit fois sa moyenne de long terme. Il a ensuite reflué, sans retrouver un niveau bas.

L'analyse publiée par Fidelity le 26 octobre 2026 apporte aussi un éclairage historique sur les marchés : depuis 1938, le S&P 500 a progressé dans 95 % des cas pendant les douze mois suivant une élection de mi-mandat. Les rendements moyens, proches de 5 % durant la deuxième année d'un mandat présidentiel, ont atteint 14 % sur les douze mois suivants.

États-UnisCAC 40
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