Des arrêts de deux à vingt-quatre heures selon les pays
Hambourg, Valence, Le Havre, Algésiras, Le Pirée et Gênes comptent parmi les grands ports où des actions sont attendues. La mobilisation doit également toucher Tanger Med, au Maroc, et Nhava Sheva, en Inde. Les modalités d'arrêt du travail varient toutefois d'un pays à l'autre.
En France, l'appel de la fédération nationale des ports et docks CGT porte sur vingt-quatre heures et concerne environ 14 000 travailleurs portuaires, dont quelque 7 500 dockers. Cette fédération représente près de 90 % des salariés du secteur. Son secrétaire général, Tony Hautbois, prévoit des ports français "à l'arrêt à 95 %".
En Espagne, Coordinadora a fixé l'arrêt de travail de 13 h à 15 h. Au Maroc, à Chypre et sur d'autres sites, les interruptions prévues ne devaient pas excéder deux heures, d'après un communiqué du syndicat italien Unione Sindacale di Base (USB).
En Italie, une grève nationale de vingt-quatre heures du secteur portuaire a été enregistrée par le ministère des Transports, rapporte Tech Times. Elle couvre notamment Gênes, Livourne, Trieste, Civitavecchia, Ancône, Ravenne et Gioia Tauro. L'USB a parallèlement appelé à une grève générale de même durée ce vendredi ; des rassemblements et des manifestations sont prévus dans plus de 40 villes italiennes. Un représentant du port de Gênes estime néanmoins que les effets du mouvement y seront limités.
Les ferries grecs concernés, des perturbations possibles en Inde
En Grèce, la participation des salariés portuaires, des ingénieurs et des organisations de marins devrait maintenir les navires à quai vendredi. Trois syndicats de marins ont annoncé une grève nationale de vingt-quatre heures : aucun service de ferries ne sera assuré dans les ports du Pirée, de Rafina, de Lavrio, de Patras, d'Igoumenitsa, d'Éleusis et du Rio-Antirrio. Au Pirée, des perturbations ont également été annoncées comme possibles sur les liaisons vers les îles grecques.
En Inde, les organisateurs envisagent des perturbations dans une douzaine de ports. La Fédération des travailleurs du transport maritime de l'Inde (WTWFI) soutient l'action.
Aux États-Unis, aucun syndicat national n'a officiellement rejoint la grève, selon Mother Jones. Des groupes de dockers d'Oakland et de San Francisco prévoient toutefois d'y prendre part.
Un refus du transport d'armes et des revendications sociales
Le refus de manutentionner du matériel de guerre s'accompagne de demandes sur les salaires et l'organisation du travail. Les grévistes réclament une augmentation de 12 % négociée dans les conventions collectives, une journée de travail de sept heures, de meilleures conditions de travail et de sécurité, ainsi que la présence obligatoire de médecins à bord des navires.
L'initiative a été portée au départ par des syndicats d'Italie, de France, de Grèce, du Pays basque espagnol, de Turquie et du Maroc. Parmi les organisations qui la soutiennent figurent aussi ver.di en Allemagne, SIPTU, le plus grand syndicat d'Irlande, le danois 3F et la CGT Ports et Docks en France.
La préparation du mouvement du 30 octobre remonte à une rencontre internationale organisée à Istanbul les 18 et 19 mai 2026. Les participants, parmi lesquels des syndicats représentant plus de 35 ports européens et méditerranéens, ont adopté la "déclaration d'Istanbul". Ce texte rejette l'utilisation des infrastructures portuaires civiles pour faire transiter des armes et des équipements militaires.
Tech Times présente cette journée comme la troisième action internationale du réseau. La première, en octobre 2025, avait concerné environ 20 ports dans sept pays ; celle du 6 février 2026 avait également couvert 20 ports de sept pays. Le mouvement du 30 octobre s'étend, lui, à 113 ports de 22 pays répartis sur quatre continents.
Des estimations économiques encore incertaines
Les organisateurs estiment que plus de 40 % du trafic de marchandises en Méditerranée pourrait être affecté. Les retards et les difficultés de transport concerneraient des cargaisons d'une valeur totale supérieure à 2 milliards de dollars. Ce montant correspond à la valeur des marchandises exposées aux perturbations, et non à une estimation des pertes.
Deux autres évaluations syndicales portent sur les conteneurs : une journée d'action pourrait en retarder environ 40 000, tandis que les ports représentés par les syndicats engagés dès le départ traitent environ 40 % de l'activité de conteneurs en Méditerranée.
Lors d'une conférence de presse organisée à Rome le 15 octobre 2026, des représentants des syndicats participants ont évalué à environ 43 millions de dollars les pertes de profit que pourrait provoquer une seule journée de retard d'expédition, selon Mother Jones. L'effet réel de la grève sur le fonctionnement des ports n'est pas encore connu.
Des soutiens palestiniens et des actions annoncées en mer
Dix-sept syndicats et confédérations palestiniens, ainsi que le mouvement Boycott, Désinvestissement et Sanctions (BDS), ont apporté leur soutien à la journée du 30 octobre, rapporte l'agence Anadolu.
La Global Sumud Flotilla soutient également les grévistes. Cette initiative pro-palestinienne a tenté à plusieurs reprises d'acheminer de l'aide humanitaire à Gaza pour briser le blocus israélien. Elle annonce à son tour "des actions coordonnées et stratégiquement planifiées en mer".









