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Claire Moreau

La Russie relance ses exportations de diesel suite à l'accord Trump-Poutine

Moscou a repris les livraisons de diesel sur les marchés internationaux après la levée partielle de son interdiction d'exportation, dans le cadre d'un accord avec Washington visant à faire baisser les prix des carburants avant les élections de mi-mandat américaines.

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La Russie a repris ses exportations de diesel, annonce le Kremlin

Le Kremlin a confirmé jeudi que le diesel russe était de retour sur les marchés mondiaux, suite à l'accord conclu entre le président américain Donald Trump et Moscou. Cette reprise intervient après que la Russie a partiellement levé son interdiction d'exportation de diesel le 10 octobre, une mesure qui avait été imposée le 8 juillet dernier en réponse à une série de frappes de drones ukrainiens ayant gravement endommagé les raffineries russes.

« Le gazole commence à arriver sur les marchés mondiaux et devrait avoir un effet positif sur la stabilisation des marchés pétroliers, même si cela ne suffira pas à les stabiliser complètement »

a déclaré le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, lors de son point de presse quotidien.

Des volumes limités face à la demande mondiale

Selon les données maritimes de LSEG, la Russie a effectivement repris les chargements de diesel depuis le port balte de Primorsk, la plus grande installation de chargement pétrolier russe en mer Baltique et point terminal du système de pipeline baltique. Un pétrolier transportant environ 40 000 tonnes de diesel à très faible teneur en soufre a quitté le port le 13 octobre en direction du Maroc.

Donald Trump a annoncé que la Russie fournirait immédiatement plus de 300 000 tonnes métriques (2,25 millions de barils) de diesel aux marchés américains et mondiaux, suivies de 500 000 tonnes supplémentaires en novembre, puis d'un million de tonnes « immédiatement après ». Toutefois, ces volumes représentent moins d'une journée d'approvisionnement pour le seul secteur des transports américain, qui consomme quotidiennement environ 2,94 millions de barils selon l'Agence américaine d'information sur l'énergie. À l'échelle mondiale, où la consommation quotidienne de diesel atteint environ 28 à 30 millions de barils, l'ensemble des 4,8 millions de tonnes promises équivaut à environ un jour de demande.

Un contexte de crise énergétique

Les frappes ukrainiennes sur les infrastructures pétrolières russes ont considérablement réduit les capacités de raffinage du pays. Selon les estimations de l'Agence internationale de l'énergie, ces attaques ont diminué la capacité de production de diesel de la Russie d'environ un tiers, certains analystes évoquant même une réduction allant jusqu'à 50 % des capacités de raffinage. Avant cette crise, la Russie était le deuxième plus grand exportateur mondial de diesel avec des expéditions mensuelles d'environ 3,0 à 3,5 millions de tonnes.

Aux États-Unis, les prix du diesel ont grimpé en flèche, atteignant une moyenne de 6,28 dollars le gallon le 11 octobre 2026, soit une hausse de 72 % par rapport à l'année précédente, après avoir touché un record historique de 6,53 dollars le 22 septembre. Cette flambée des prix constitue un enjeu électoral majeur pour Donald Trump à moins d'un mois des élections de mi-mandat du 3 novembre.

Cadre juridique et critiques internationales

Pour permettre l'importation de diesel russe malgré les sanctions existantes, le Bureau américain de contrôle des avoirs étrangers (OFAC) a émis la licence générale 135, autorisant les transactions impliquant du diesel russe jusqu'au 7 avril 2027, suspendant temporairement la loi de 2022 interdisant l'importation de pétrole russe.

Cet accord a suscité de vives critiques de la part du président ukrainien Volodymyr Zelensky, de responsables européens et de partisans républicains de Trump. La Russie a qualifié de « cyniques » les reproches européens, soulignant que l'Europe continue d'acheter du pétrole et du gaz naturel liquéfié russes. Il convient de noter que l'Union européenne et le Royaume-Uni maintiennent leur propre interdiction d'importation de produits raffinés russes, en vigueur depuis février 2023, dans le cadre des sanctions du G7.

Zelensky a répondu aux déclarations de la dirigeante française Marine Le Pen, qui souhaite suspendre l'aide financière à l'Ukraine, en soulignant que la France « ne peut que gagner » de sa « coopération » avec Kiev, notamment grâce à l'expérience militaire acquise par l'armée ukrainienne.

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