Les émissaires américains présentent de nouvelles propositions de paix à Kiev
Les envoyés spéciaux du président américain Donald Trump, Steve Witkoff et Jared Kushner, ont présenté dimanche 6 septembre à Kiev de nouvelles propositions visant à mettre fin à la guerre entre l'Ukraine et la Russie, qualifiées de « plus efficaces » par un haut responsable de la présidence ukrainienne. Cette visite marque la première fois que les deux émissaires se rendent en Ukraine depuis le début de leur médiation, alors qu'ils ont effectué plusieurs déplacements en Russie au cours du conflit.
Les discussions avec le président Volodymyr Zelensky se sont déroulées dans un climat tendu. Lors d'une conférence de presse en soirée, le dirigeant ukrainien s'est montré peu optimiste quant à une résolution rapide du conflit. « Nous comptons sur le soutien de nos partenaires européens si la guerre se prolonge durant l'hiver, ce qui semble être le cas pour l'instant », a-t-il déclaré.
Cette mission diplomatique intervient après une rencontre de trois heures entre les envoyés américains et Vladimir Poutine à Moscou samedi soir, suivie d'un dîner avec le président russe. Les deux émissaires sont repartis de Kiev dimanche soir par train, sans que leur destination soit précisée par la compagnie ferroviaire ukrainienne.
La question territoriale au cœur des blocages
Steve Witkoff a souligné la nécessité de compromis des deux parties pour parvenir à un accord. « Il faudra que les deux parties fassent des compromis et réduisent les divergences, et nous pensons disposer des éléments nécessaires pour y parvenir », a-t-il affirmé, qualifiant les échanges de « très significatifs ». Malgré cet optimisme affiché, les négociations achoppent principalement sur la question territoriale.
Moscou exige le contrôle total des quatre oblasts qu'elle a annexés par décret le 30 septembre 2022 : Louhansk, Donetsk, Kherson et Zaporijia. Ces territoires représentent environ 15 % du territoire ukrainien. La Russie ne contrôle pas actuellement l'intégralité de ces zones qu'elle revendique. Cette annexion, effectuée à la suite de référendums largement condamnés comme frauduleux par la communauté internationale, n'a été reconnue que par la Corée du Nord. Le Conseil de sécurité de l'ONU avait voté 10 contre 1 (avec 4 abstentions) pour condamner cette annexation, mais la résolution a été bloquée par le veto russe.
Volodymyr Zelensky a maintenu sa position selon laquelle les questions territoriales ne peuvent être résolues qu'au niveau des chefs d'État. « Je veux m'en tenir à ma position, qui est que des questions aussi complexes ne peuvent être résolues qu'au niveau des dirigeants », a-t-il insisté, renouvelant son appel à des négociations directes avec Vladimir Poutine.
Une médiation européenne en parallèle
Une session de travail distincte s'est tenue dimanche avec la participation des émissaires américains, de la délégation ukrainienne et de conseillers européens de haut niveau. Étaient présents Emmanuel Bonne, conseiller diplomatique du président français Emmanuel Macron depuis 2019, Jonathan Powell, conseiller à la sécurité nationale du Premier ministre britannique, et Günter Sautter, représentant allemand. Cette présence européenne témoigne de l'implication des alliés occidentaux de l'Ukraine dans la recherche d'une solution diplomatique.
Ces nouvelles discussions s'inscrivent dans une série de tentatives diplomatiques menées par l'administration Trump depuis son retour à la Maison Blanche en janvier 2025. Des pourparlers trilatéraux ont eu lieu à Abu Dhabi en janvier et février 2026, puis à Genève en février 2026, sans aboutir à une percée significative. En décembre 2025, Volodymyr Zelensky avait affirmé que 90 % d'un accord de paix potentiel avait été conclu lors de discussions avec Donald Trump à Mar-a-Lago, bien que les questions territoriales soient restées en suspens.
Une trêve limitée sur les capitales
À l'occasion de ces pourparlers, Vladimir Poutine a décrété une suspension des frappes sur Kiev pour trois jours, du samedi au lundi inclus. Volodymyr Zelensky a annoncé de son côté l'arrêt des attaques visant Moscou pendant la même période. Toutefois, cette trêve reste limitée aux deux capitales, les hostilités se poursuivant ailleurs en Ukraine et en Russie.
Dans la nuit de samedi à dimanche, l'armée de l'air ukrainienne a signalé une attaque russe avec 108 drones et des missiles, dont la plupart ont été interceptés. Néanmoins, 11 sites ont été touchés par ces bombardements. De son côté, l'armée russe a affirmé avoir neutralisé 258 drones ukrainiens lancés pendant la même période. Un incendie s'est déclaré dans une entreprise de la ville de Riazan, au sud-est de Moscou, identifiée par le média indépendant russe Astra comme une raffinerie.
Depuis l'invasion russe de février 2022, la guerre en Ukraine est devenue le conflit le plus meurtrier en Europe depuis la Seconde Guerre mondiale. Malgré les multiples cycles de négociations initiés par l'administration Trump, aucune avancée tangible n'a été obtenue à ce jour. La poursuite des combats et les positions divergentes des parties sur les questions territoriales laissent présager la poursuite du conflit dans les mois à venir.









