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Claire Moreau

Le Venezuela conserve sa souveraineté pétrolière malgré l'accord historique avec Washington

La présidente par intérim Delcy Rodriguez affirme que le Venezuela garde le contrôle de ses ressources pétrolières dans le cadre d'un accord de 25 ans avec les États-Unis portant sur 65 milliards de barils, qui prévoit plus de 100 milliards de dollars d'investissements.

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Le Venezuela conserve sa souveraineté pétrolière malgré l'accord historique avec Washington

La présidente par intérim du Venezuela, Delcy Rodriguez, a fermement affirmé samedi 29 août que son pays conservait la pleine souveraineté sur ses ressources pétrolières, malgré l'accord conclu avec les États-Unis neuf mois après la capture de Nicolas Maduro par l'armée américaine.

« Une chose qui doit être absolument claire : le Venezuela conserve la propriété et la souveraineté sur ses ressources », a déclaré Mme Rodriguez lors d'une allocution télévisée. Cette mise au point intervient après l'annonce vendredi du président Donald Trump, selon laquelle les États-Unis auraient le contrôle de 65 milliards de barils provenant des réserves vénézuéliennes, qualifiant cet accord de « plus grand deal pétrolier de l'histoire ».

Un accord sur 17 champs stratégiques

L'accord porte sur le développement de 17 champs pétroliers stratégiques et vise une production supérieure à 1,5 million de barils par jour sur une période de 25 ans. Les investissements prévus dépassent 100 milliards de dollars. Caracas estime les revenus générés à 209 milliards de dollars sur la durée de l'accord.

Delcy Rodriguez, avocate du travail de 56 ans qui a prêté serment le 5 janvier 2026 après que la Cour suprême lui eut ordonné d'assumer la présidence par intérim, a précisé les termes financiers. Le Venezuela recevra des redevances minimales de 16 % sur les opérations et des taxes sur le revenu de 34 %. « En termes concrets, cela signifie que pour chaque baril produit et vendu, près de 19 dollars entrent directement dans notre pays », a-t-elle expliqué.

Une industrie pétrolière à reconstruire

Le Venezuela détient les plus importantes réserves de pétrole prouvées au monde, avec environ 303 milliards de barils, représentant quelque 17 % des réserves mondiales, devant l'Arabie saoudite. Cependant, la production du pays s'est effondrée au fil des décennies. D'environ 3,5 millions de barils par jour à la fin des années 1990, elle a chuté à environ 1,2 million de barils aujourd'hui.

Cette dégringolade résulte de multiples facteurs : le manque d'entretien des infrastructures, la corruption, une mauvaise gestion, le départ des compagnies étrangères après les nationalisations de 2007, et les sanctions américaines imposées à partir de 2017. Les sanctions, qui ont notamment interdit à la compagnie nationale PDVSA d'accéder aux marchés financiers américains, ont contribué à faire chuter la production jusqu'à un minimum historique de moins de 400 000 barils par jour en 2020.

La présidente par intérim a défendu l'accord en soulignant qu'il permettrait au pays de bénéficier de « capital, technologie et capacité opérationnelle pour soutenir la reprise d'une industrie stratégique durement frappée par les sanctions ». Environ 80 % des réserves vénézuéliennes sont concentrées dans la ceinture de l'Orénoque et consistent en pétrole lourd et extra-lourd, coûteux à produire et nécessitant des raffineries spécialisées.

Un rapprochement diplomatique avec Washington

« C'est pourquoi nous avons choisi la voie de la diplomatie avec les États-Unis d'Amérique, afin de transformer notre différend en coopération. Et cette coopération en investissement, en production, en bien-être, en résultats concrets pour les Vénézuéliens », a souligné Delcy Rodriguez, ancienne vice-présidente, ministre des Finances et ministre du Pétrole.

« Je remercie le président Donald Trump, le secrétaire Marco Rubio, son gouvernement pour les efforts que nos deux États ont consacré à parvenir à cet accord », a-t-elle ajouté. « Nous voulons être une puissance énergétique, un grand producteur de pétrole, un important exportateur de gaz et développer fortement la pétrochimie nationale. »

Nicolas Maduro avait été capturé le 3 janvier 2026 lors d'une opération militaire américaine. Transporté à New York, il a comparu devant un tribunal le 5 janvier 2026, faisant face à quatre chefs d'accusation dont le narcoterrorisme, la conspiration pour importer de la cocaïne et la possession illégale d'armes. L'intervention militaire américaine a également conduit à la levée des sanctions sur le commerce pétrolier et à la libération de 621 prisonniers politiques au Venezuela en mars 2026.

Le manque de détails initiaux sur l'accord avait suscité de nombreuses rumeurs et spéculations concernant un texte potentiellement très avantageux pour Washington au détriment de Caracas. Les précisions apportées samedi visent à rassurer sur la préservation de la souveraineté vénézuélienne tout en ouvrant la voie à une relance de l'industrie pétrolière nationale.

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