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Claire Moreau

Pentagone : le général Brett Sylvia limogé, des accusations de fuites rapportées par la presse

Chargé de la stratégie et de la planification à l'état-major interarmées américain, le lieutenant-général Brett Sylvia a été démis de ses fonctions cette semaine. Alors qu'aucun motif n'avait d'abord été avancé, CBS News et CNN font état d'accusations de divulgation d'informations classifiées, attr…

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Des communications successives sur les circonstances du départ

L'éviction a été révélée mercredi par des médias américains s'appuyant sur des sources anonymes du ministère de la Défense. Selon The Atlantic, aucune explication n'avait alors été donnée et personne n'avait été désigné pour succéder à Brett Sylvia au sein du Joint Staff, l'état-major interarmées.

Un premier communiqué de cette instance, qui semblait confirmer son départ, a été retiré. Le porte-parole avait invoqué le respect dû au militaire et la procédure de gestion du personnel en cours pour ne pas fournir d'autres précisions. CNN rapporte que le porte-parole du chef d'état-major interarmées Dan Caine avait initialement remercié Brett Sylvia pour ses 32 années de service, avant de revoir sa déclaration : "Après un nouvel examen, nous avons déterminé que le communiqué ne reflétait pas correctement l'ensemble des circonstances" entourant son départ. Dès mercredi soir, sa biographie n'était plus accessible sur le site des chefs d'état-major interarmées, selon CNN.

CBS News cite un responsable du Pentagone selon lequel Brett Sylvia est accusé d'avoir transmis à la presse des informations classifiées concernant les guerres en Iran et entre la Russie et l'Ukraine. D'après ce même responsable, il aurait échoué à trois tests polygraphiques. CNN évoque pour sa part un limogeage pour inconduite alléguée et une enquête sur une fuite présumée d'informations classifiées.

Jeudi matin, Sean Parnell, porte-parole en chef du Pentagone, a confirmé le limogeage sur X sans citer le nom de Brett Sylvia. Il a fait état d'une vaste enquête de l'OSI de l'Air Force et d'une mesure de gestion du personnel jugée nécessaire pour protéger des informations sensibles.

Un ancien commandant de la 101e division aéroportée

Avant de diriger le J-5, chargé de la stratégie et de la planification, Brett Sylvia avait notamment occupé les fonctions de vice-directeur de cette structure. Selon CNN, l'ancien secrétaire à la Défense Lloyd Austin l'avait nommé à sa tête vers la fin de l'administration Biden.

De juillet 2023 à mai 2025, il avait commandé la 101st Airborne Division (Air Assault) ainsi que Fort Campbell. Son parcours comprend aussi un poste de commandant adjoint de la 1re division de cavalerie à Fort Hood, notamment lors d'un déploiement en Pologne dans le cadre de l'opération Atlantic Resolve.

Le poste de directeur du J-5 avait déjà connu un départ sous pression. Selon des sources citées par CNN, le lieutenant-général Joe McGee, prédécesseur de Brett Sylvia, l'avait quitté en octobre 2025 sous la pression du secrétaire à la Défense Pete Hegseth. Ces sources faisaient état de désaccords fréquents avec Pete Hegseth et Dan Caine, aussi bien sur la Russie et l'Ukraine que sur les opérations militaires dans les Caraïbes.

De nombreuses évictions au sommet de l'armée

Depuis le retour de Donald Trump à la Maison-Blanche, début 2025, son administration a écarté de nombreux hauts responsables militaires, dans une institution habituellement tenue à distance des ingérences politiques partisanes. Dès février 2025, le général Charles "CQ" Brown, nommé chef d'état-major interarmées par Joe Biden, avait été renvoyé sans justification. Dan Caine lui avait succédé et a depuis dirigé les opérations dans la guerre contre l'Iran.

Les responsables de la Marine, des garde-côtes et de l'agence de renseignement NSA figurent également parmi les hauts gradés évincés, tout comme le chef d'état-major de l'armée de l'air et son adjoint. Début avril, alors que la guerre contre l'Iran était en cours, le général Randy George, chef d'état-major de l'armée de terre, avait dû quitter ses fonctions du jour au lendemain. Le Pentagone n'avait pas davantage expliqué cette décision.

Pete Hegseth a déclaré le mois dernier que les effectifs de généraux et d'amiraux américains avaient diminué de 20 %. Il a présenté cette réduction comme un moyen de leur faire "rendre des comptes".

De possibles opérations contre l'Iran après les élections

Le départ de Brett Sylvia survient alors que Donald Trump semble envisager de nouvelles frappes de grande ampleur contre l'Iran après les élections américaines de mi-mandat, prévues mardi 3 novembre. La semaine dernière, le président a évoqué la possibilité d'une nouvelle opération en faisant référence à "Fureur épique", le nom des attaques américano-israéliennes lancées le 28 février. Il n'a indiqué aucun calendrier.

Selon deux responsables américains cités cette semaine par CNN, les forces américaines présentes au Moyen-Orient sont prêtes à engager de nouvelles opérations militaires potentiellement majeures contre l'Iran dans les 96 heures suivant un ordre de Donald Trump. Plusieurs responsables estiment qu'une décision pourrait être prise avant la fin de l'année, probablement après le scrutin de mi-mandat.

Depuis le début de septembre, ni les États-Unis ni l'Iran n'ont mené d'attaques d'envergure contre des cibles terrestres. Leurs frappes ont plutôt visé des navires commerciaux.

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