Proche-Orient

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Thomas Rivière

Hébron : l'ONU alerte sur un risque de "nettoyage ethnique" pendant l'opération israélienne

Plus de 3 000 personnes ont dû quitter leur domicile à Hébron depuis le début de l'opération militaire israélienne, vendredi 23 octobre. Lundi 26 octobre 2026, le Haut-Commissaire de l'ONU aux droits de l'homme, Volker Türk, a dénoncé les déplacements forcés et les destructions dans cette ville de…

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Volker Türk dénonce des mesures punitives

Dans un communiqué, Volker Türk met en garde contre un risque de "nettoyage ethnique" : "La punition collective constitue une violation grave du droit international. Les menaces visant à vider et à effacer des quartiers entiers soulèvent également de sérieuses préoccupations quant à un éventuel nettoyage ethnique".

Le Haut-Commissaire qualifie l'opération d'"agressive". Il fait état de logements et de commerces démolis, de Palestiniens déplacés de force et d'entraves à leur liberté de circulation. Selon lui, le bouclage oblige de nombreux habitants à demeurer chez eux ou à proximité immédiate. Il demande l'arrêt d'un usage de la force qu'il redoute inutile et disproportionné.

Volker Türk estime également que les propos de hauts responsables israéliens révèlent une volonté de punir et de susciter la peur, qu'il juge inacceptable. L'organisation israélienne de défense des droits humains B'Tselem alerte, elle aussi, sur une "campagne de nettoyage ethnique" à Hébron. Selon franceinfo, Benjamin Netanyahou a annoncé vouloir "détruire cet endroit et le transformer complètement", en parlant des quartiers visés.

Des milliers d'habitants déplacés, un retour refusé pour l'instant

La municipalité a annoncé lundi que l'opération avait déplacé plus de 3 000 personnes, soit près de 500 familles. Les chiffres communiqués le même jour par les responsables locaux précisent l'étendue de ces déplacements : le gouverneur Khaled Dudin recense 488 familles, représentant 3 171 personnes, dans l'ensemble du gouvernorat. Le maire Yousef al-Jabari indique que 3 043 de ces personnes habitaient dans les limites de la ville d'Hébron.

Selon Al Jazeera, des dizaines de maisons appartenant à des familles palestiniennes déplacées ont été systématiquement converties par les soldats israéliens en casernes et en centres d'interrogation de campagne.

Le 24 octobre, le ministre israélien de la Défense, Israel Katz, a déclaré que les habitants déplacés ne pourraient pas revenir tant que les autorités n'auraient pas fini de régler tous les problèmes liés au Hamas à Hébron.

Volker Türk réclame au contraire que les personnes déplacées puissent rentrer chez elles. Il demande aussi à Israël de garantir une compensation et des réparations pour les expulsions et les démolitions illégales, ainsi que pour les déplacements qu'elles ont provoqués.

Une opération engagée après une attaque meurtrière

Vendredi 23 octobre, deux assaillants palestiniens ont tué deux soldats israéliens de 20 et 23 ans près d'Hébron. Cette ville est la plus grande de Cisjordanie, territoire occupé par Israël depuis 1967. Après l'attaque, le Premier ministre Benjamin Netanyahou a annoncé une vaste opération militaire en Cisjordanie, présentée comme "antiterroriste". Les soldats ont ensuite pénétré dans le quartier d'origine des assaillants et sommé les habitants de prendre leurs affaires et de partir.

L'armée israélienne a déclaré à l'AFP avoir arrêté 40 personnes en Cisjordanie depuis le lancement de l'opération, dont 20 dans la région d'Hébron. Elle dit avoir effectué des recherches sur plus de 400 sites. Elle prévoit de poursuivre l'opération pendant plusieurs jours et de la concentrer sur Ein Deir Baha, le quartier d'où venaient les auteurs de l'attaque.

De son côté, la Société des prisonniers palestiniens fait état d'au moins 71 personnes détenues à Hébron au cours des quatre derniers jours dans le cadre de l'opération.

Des organisations de défense des droits rapprochent les tactiques employées à Hébron de celles de l'opération "Mur de fer", menée début 2025 dans les camps de Jénine, Nur Shams et Tulkarem. Selon Al Jazeera, cette précédente opération a fait au moins 102 morts, déplacé plus de 33 000 personnes et détruit plus de la moitié des bâtiments résidentiels de ces camps.

Un bouclage annoncé pour le scrutin du 27 octobre

L'opération intervient à l'approche des élections législatives, alors que la colonisation israélienne en Cisjordanie occupée connaît une intensification historique depuis le retour au pouvoir de Benjamin Netanyahou.

Dimanche, l'armée a annoncé un bouclage de la Cisjordanie occupée pour la journée du scrutin, mardi 27 octobre. Tous les points de passage terrestres avec la Cisjordanie doivent être fermés. Les travailleurs palestiniens ne seront pas non plus autorisés à entrer dans les localités israéliennes de Judée-Samarie et de la vallée du Jourdain, y compris dans les zones industrielles.

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