Proche-Orient

4 min de lecture

Thomas Rivière

Trois morts dans des frappes houthistes sur des aéroports saoudiens

L'Arabie saoudite a annoncé mercredi la mort de trois personnes lors d'attaques menées par les houthistes contre deux de ses aéroports, tandis que le conflit au Yémen s'intensifie avec plus de 200 000 déplacés.

680b55e_upload-1-qxmavyjbyble-000-c8rq663.jpg

Trois morts dans des frappes houthistes sur des aéroports saoudiens

L'Arabie saoudite a annoncé mercredi 7 octobre la mort de trois personnes lors d'attaques menées par les combattants houthistes contre ses aéroports. Ces frappes interviennent alors que Riyad tente de contrer ces rebelles pro-iraniens au Yémen, où les hostilités ont provoqué le déplacement de plus de 200 000 personnes.

Les houthistes ont revendiqué des tirs de missiles et de drones contre l'aéroport international de Riyad et celui d'Abha, situé dans le sud-ouest du royaume. Selon la Direction générale de l'aviation civile saoudienne, les victimes sont de nationalité égyptienne, algérienne et soudanaise. Trente-six autres personnes ont été blessées, dont certaines grièvement, et des dégâts matériels ont été signalés.

Tôt jeudi, Riyad a affirmé par le biais d'un communiqué de sa coalition militaire au Yémen que ces attaques ne resteraient pas impunies. Le royaume a annoncé avoir détruit en représailles 82 cibles militaires houthistes. La coalition avait déjà indiqué avoir intercepté des tirs et détruit la rampe de lancement de missiles balistiques utilisée pour l'attaque visant l'aéroport de Riyad.

Le trafic aérien à l'aéroport de la capitale saoudienne est régulièrement perturbé depuis plusieurs jours, selon le site de suivi Flightradar24. Les houthistes ont averti les compagnies aériennes que le ciel saoudien n'était pas sûr.

Nouvelle crise humanitaire au Yémen

Le conflit entre ces combattants, qui contrôlent la capitale yéménite Sanaa et de vastes territoires du pays depuis plus d'une décennie, et le gouvernement reconnu par la communauté internationale et soutenu par le royaume saoudien, s'est réveillé en juillet après des années d'accalmie. Il constitue désormais un nouveau front de la guerre au Moyen-Orient.

Depuis lors, 201 217 personnes ont été contraintes de quitter leur foyer, selon l'Organisation internationale des migrations. Celle-ci s'alarme du manque de financements nécessaires pour faire face à cette nouvelle crise humanitaire dans le pays le plus pauvre de la péninsule arabique.

En septembre, une offensive éclair des houthistes leur a permis de prendre le contrôle de l'ensemble du littoral yéménite donnant sur la mer Rouge et de renforcer leur emprise sur le stratégique détroit de Bab Al-Mandab, qui relie l'Asie à l'Europe via le canal de Suez.

Les forces gouvernementales, appuyées par des avions de combat saoudiens, ont lancé une contre-offensive le week-end dernier, revendiquant des victoires sur plusieurs fronts. Mais les houthistes démentent ces avancées. Des sources militaires des deux camps interrogées par l'Agence France-Presse n'ont pas rapporté d'évolutions majeures sur le terrain. Les positions respectives sont difficiles à déterminer de manière indépendante, dans des zones difficiles d'accès pour les journalistes.

Intensification des combats

De nouveaux affrontements dans l'ouest du pays ont fait au moins 62 morts mercredi, selon des sources militaires dans les deux camps, portant à plus de 330 le nombre de combattants tués depuis lundi.

L'Arabie saoudite a encore bombardé dans la nuit plusieurs régions tenues par les houthistes, dont la capitale Sanaa. Ces derniers ont recensé 1 642 frappes et attaques de missiles saoudiennes au cours des trois derniers mois. De leur côté, ils ont attaqué une base militaire dans la zone de l'aéroport d'Aden, dans le sud du Yémen, où le gouvernement s'est replié en 2015, au début du conflit.

Selon le ministère des transports, un missile est tombé près de la piste d'atterrissage quelques minutes avant l'arrivée d'un vol de la compagnie aérienne yéménite en provenance du Caire, qui a dû être dérouté vers un aéroport saoudien.

L'agence de presse gouvernementale Saba a également fait état d'une frappe sur la grande ville de Taëz, tenue par les forces gouvernementales mais en partie encerclée par les houthistes, faisant cinq blessés parmi les civils. Un habitant, Al-Fateh al-Eisaei, a raconté :

Nous sommes sortis dans la rue et nous avons vu de jeunes gens qui avaient été touchés. Le projectile a atterri en plein milieu de la rue, à un moment où le quartier était bondé.

Mobilisation d'alliés internationaux

Peinant à repousser les attaques des houthistes, en Arabie saoudite comme au Yémen, Riyad et ses alliés ont réclamé à plusieurs reprises un soutien international ces dernières semaines, notamment des États-Unis, sans succès jusqu'ici.

La Turquie, le Pakistan et l'Arabie saoudite se sont mis d'accord pour passer immédiatement à la mise en pratique d'un accord de défense signé le 7 août à La Mecque. Ils ont annoncé lundi leur intention de fournir les forces et moyens militaires convenus, et les déployer rapidement dans le royaume.

Le conflit continue à perturber sérieusement le pétrole saoudien – Riyad est le deuxième exportateur mondial de brut – avec des attaques régulières des houthistes sur les raffineries du royaume et la flotte saoudienne en mer Rouge.

Diplomatie françaiseTerrorismeÉtats-Unis
← Retour à Proche-Orient

À lire aussi