Proche-Orient

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Thomas Rivière

Israël : des manifestations prévues pour réclamer une coalition judéo-arabe

Standing Together appelle à manifester samedi 31 octobre à 19 h 30 dans cinq villes israéliennes pour demander aux partis juifs de l'opposition de gouverner avec les formations arabes. Après les législatives du 27 octobre, Benjamin Netanyahou n'a plus de majorité, mais les dirigeants de l'oppositio…

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Des rassemblements et une pétition

Tel-Aviv, Jérusalem, Haïfa, Beer-Sheva et Tayibe doivent accueillir les rassemblements annoncés par le mouvement judéo-arabe, selon i24NEWS. Une première mobilisation avait réuni plusieurs centaines de personnes jeudi à Herzliya, devant le domicile de Gadi Eisenkot, pour lui demander de coopérer avec les partis arabes.

Standing Together porte aussi cette demande dans une pétition adressée aux responsables de l'opposition, notamment Gadi Eisenkot et Naftali Bennett. Le mouvement les appelle à former avec les partis arabes un gouvernement qui remplacerait Benjamin Netanyahou, en affirmant que "les votes arabes valent exactement autant que les votes juifs".

Une majorité parlementaire qui reste à construire

Les résultats définitifs du 27 octobre 2026 donnent 67 sièges au bloc d'opposition mené par Gadi Eisenkot : 48 reviennent aux partis sionistes et 19 aux partis arabes non sionistes. La coalition sortante de Benjamin Netanyahou recule, elle, de 64 à 53 députés.

La représentation des partis arabes à la Knesset passe de 10 à 19 sièges. Selon L'Est Républicain, les citoyens israéliens d'origine palestinienne sont ainsi représentés pour la première fois à hauteur de leur poids dans la population, soit environ 20 %. Avant le vote, les estimations relayées par Jewish News annonçaient une participation de plus de 60 % des électeurs arabes, contre 53,2 % en 2022. Cette progression était présentée comme susceptible de modifier l'équilibre entre le camp de Netanyahou et le bloc de changement.

Selon L'Est Républicain, le camp de Netanyahou accuse pour sa part les partis arabes de fraude électorale et les soupçonne d'avoir financé des achats de voix avec des fonds reçus du Qatar.

Les désaccords traversent aussi l'opposition. Yair Golan, qui dirige les Démocrates, défend une coopération avec les partis arabes et a rencontré jeudi Mansour Abbas pour examiner les possibilités d'entente parlementaire. Gadi Eisenkot, Naftali Bennett et Avigdor Liberman ont, à l'inverse, rejeté l'entrée de ces partis au gouvernement.

Ra'am ouvert à une coalition, la Liste commune à un soutien extérieur

Ra'am, le parti de Mansour Abbas, se dit disposé à rejoindre une coalition. Il l'avait déjà fait en 2021 au sein du gouvernement Bennett-Lapid, qui avait mis fin à douze années consécutives de pouvoir de Benjamin Netanyahou. Ra'am était alors devenu le premier parti arabe indépendant à entrer dans un gouvernement israélien.

La Liste commune envisage une autre formule. Cette alliance de partis arabes de gauche et nationalistes palestiniens se dit prête, sous conditions politiques, à soutenir un gouvernement alternatif sans y siéger. Ce soutien extérieur rappellerait celui apporté par des partis arabes au gouvernement d'Yitzhak Rabin dans les années 1990.

Chez les électeurs des quatre principales formations d'opposition, l'option d'un gouvernement Eisenkot incluant Ra'am recueille 61 % d'avis favorables, selon une enquête du centre Accord de l'Université hébraïque de Jérusalem publiée le 29 octobre par le Jerusalem Post.

Ce sondage a été réalisé le soir du scrutin, le 27 octobre, auprès de 467 électeurs de Yashar, B'Yachad, des Démocrates et d'Israel Beiteinou. Les autres préférences se répartissent entre de nouvelles élections, à 20 %, un gouvernement de rotation avec Netanyahou, à 12 %, et une coalition avec les partis ultraorthodoxes, à 7 %.

L'élection directe du Premier ministre également envisagée

Une autre piste était à l'étude au sein du bloc d'opposition au 31 octobre 2026, selon The Times of Israel, cité par The Tribune : déposer un projet de loi permettant d'élire directement le Premier ministre. Les partis qui l'envisagent cherchent à sortir de l'impasse et à former un gouvernement minoritaire sans dépendre du soutien des formations arabes.

Cette réforme nécessiterait de modifier la Loi fondamentale sur le gouvernement et de réunir au moins 61 voix à la Knesset. Benjamin Netanyahou avait lui-même défendu une proposition similaire après les élections de mars 2021.

Les résultats officiels définitifs doivent être remis au président israélien Isaac Herzog le 4 novembre 2026. La prestation de serment de la nouvelle Knesset est prévue le 10 novembre.

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