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Claire Moreau

Sahara occidental : le chef de la Minurso à Rabat pour préparer le retrait

Après une rencontre avec les équipes à Laayoune, Alexander Ivanko doit discuter avec les autorités marocaines du départ de la mission onusienne. Ses 13 sites au Sahara occidental fermeront, mais le calendrier du retrait n'est pas encore connu. La Minurso a cessé ses opérations le 31 octobre 2026 à…

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Des départs échelonnés et 13 sites à fermer

Le déplacement d'Alexander Ivanko porte sur l'organisation concrète du retrait. Lundi 2 novembre, le chef de la Minurso a expliqué les modalités du départ à une partie du personnel réuni à Laayoune, où se trouve le quartier général. À Rabat, ses échanges prévus mardi 3 novembre avec des responsables marocains doivent notamment porter sur le calendrier, encore indéterminé.

RFI précise qu'Alexander Ivanko n'a rencontré aucun représentant du Front Polisario avant de rejoindre Rabat. Aucun entretien avec le mouvement indépendantiste sahraoui ne figure non plus à son programme.

Le rapatriement concernera d'abord les 160 observateurs militaires, puis les 180 membres du personnel civil et affilié. Une petite équipe envoyée sur place supervisera la fermeture des 13 sites. La liquidation comprend aussi la cession ou le transfert des biens, des équipements et des archives, ainsi que le démantèlement des systèmes de communication et de soutien logistique.

Ce retrait concerne une mission dont les effectifs provenaient de plus de 35 pays : personnels civils, observateurs militaires et officiers d'état-major. Selon l'ONU, son implantation comprenait, à la fin du déploiement, le quartier général de Laayoune, neuf bases d'opérations réparties de part et d'autre du mur de sable — quatre à l'ouest et cinq à l'est — et un bureau de liaison à Tindouf. Le site de la Minurso faisait état de 359 membres civils et militaires en juin 2026.

Deux vetos et un mandat non renouvelé

La cessation des opérations intervient après 35 ans de présence au Sahara occidental. Le Conseil de sécurité avait créé la Minurso en 1991 par sa résolution 690 pour surveiller le cessez-le-feu et préparer un référendum d'autodétermination. Ce scrutin n'a jamais été organisé.

Deux textes ont échoué au Conseil de sécurité. Le projet américain, référencé S/2026/868, aurait remplacé le nom de la Minurso par celui de "Mission des Nations unies au Sahara occidental" (MINUSO), sans référence au référendum. Il prévoyait également une réduction de la composante militaire et retenait l'autonomie sous souveraineté marocaine comme "seule base" de négociation. Malgré 11 voix favorables, il a été bloqué par le veto russe ; la Chine, le Pakistan et la Somalie se sont abstenus.

La proposition russe, le document S/2026/870, visait pour sa part à prolonger techniquement le mandat d'un an, jusqu'au 31 octobre 2027, sans en changer le contenu ni les objectifs. La Chine, la Somalie et la Russie l'ont soutenue, mais les États-Unis ont opposé leur veto. Les 11 autres membres se sont abstenus.

Rabat et le Polisario saluent des aspects différents du vote

Le 30 octobre, le Cabinet royal marocain s'est félicité du non-renouvellement du mandat. Selon lui, cette décision devrait mettre fin à l'implication du Conseil de sécurité et conduire au retrait du dossier de son ordre du jour. À New York, le représentant du Front Polisario, Sidi Omar, a exprimé sa satisfaction devant le rejet du texte américain.

António Guterres a rappelé, dans une déclaration du 1er novembre, que la fin de la mission "ne remet nullement en cause" le droit inaliénable du peuple sahraoui à l'autodétermination. Le secrétaire général de l'ONU a également honoré la mémoire des 20 membres de la Minurso morts au cours de ses 35 années de présence. Les Nations unies restent prêtes à appuyer une solution politique par l'intermédiaire de leur envoyé personnel, Staffan de Mistura.

Après avoir appelé toutes les parties à la plus grande retenue durant le week-end, António Guterres attend leur coopération pour mener le départ à son terme "de manière ordonnée et dès que possible".

Un débat à l'Assemblée générale le 10 novembre

Le dossier sera examiné mardi 10 novembre à l'Assemblée générale de l'ONU, réunie automatiquement après le recours au veto d'un membre permanent du Conseil de sécurité. Cette séance ne pourra pas inverser la décision, mais elle donnera aux différentes parties l'occasion de préciser leur position.

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