Une équipe réduite pour organiser le départ
La Mission des Nations unies pour l'organisation d'un référendum au Sahara occidental (MINURSO), créée en 1991, entre dans sa phase de liquidation. Selon son site internet, elle réunissait encore 359 personnels civils et militaires en juin 2026.
Stéphane Dujarric, porte-parole du secrétaire général, a précisé les modalités de cette opération dans un communiqué. Une équipe réduite du Département de l'appui opérationnel de l'ONU organisera le retour, dans les pays fournisseurs de contingents, des biens leur appartenant. Elle supervisera aussi la cession ou l'élimination du matériel de l'Organisation.
Dans ce même texte, Antonio Guterres demande de respecter les droits du peuple du Sahara occidental, dont son "droit inaliénable à l'autodétermination". Inquiet d'une possible intensification des combats, il appelle les parties à "faire preuve de la plus grande retenue".
Deux votes sans accord sur la prolongation
Le Conseil de sécurité n'est parvenu à adopter aucun des deux textes soumis au vote vendredi 30 octobre. Le projet américain prévoyait de prolonger la mission d'un an et de placer le plan d'autonomie marocain au centre d'un règlement du conflit. Malgré le soutien de onze des quinze membres du Conseil, il a été bloqué par un veto russe.
Moscou, qui dénonçait une "approche unilatérale", a ensuite proposé de maintenir le mandat dans ses termes antérieurs. Cette reconduction technique aurait prolongé la MINURSO jusqu'au 31 octobre 2027. D'après UN News, le contre-projet russe a obtenu trois voix favorables, une voix contre et onze abstentions, loin des neuf voix nécessaires à son adoption. Les États-Unis lui ont opposé leur veto ; les pays ayant soutenu le projet américain se sont abstenus.
Le plan marocain, présenté en 2007, prévoit une autonomie du Sahara occidental sous la souveraineté de Rabat. Ce territoire désertique, doté de ressources en phosphate et bordé d'eaux poissonneuses, oppose depuis cinquante ans le Maroc aux indépendantistes du Front Polisario, soutenus par l'Algérie. Ancienne colonie espagnole jusqu'en 1975, il est aujourd'hui contrôlé en majeure partie par le Maroc. L'ONU le considère comme un territoire non autonome.
Rabat réclame un départ rapide, Paris dénonce l'obstruction russe
Le Cabinet royal marocain a accueilli favorablement la fin du mandat. Selon RFI, il y voit "un pas significatif vers la clôture définitive du dossier du Sahara marocain aux Nations unies". TV5MONDE rapporte qu'il a demandé le départ "dans les prochains jours" du personnel, des véhicules, du matériel et des symboles de la mission.
À l'ONU, le représentant algérien Amar Bendjama a remercié la Russie "ainsi que tous les pays qui ont choisi de ne pas s'associer à une injustice aussi flagrante". Il a assuré qu'Alger poursuivrait ses efforts en faveur d'une solution garantissant l'autodétermination du peuple sahraoui. Sidi Omar, représentant du Front Polisario à New York, a pour sa part exprimé sa "satisfaction" après le rejet du texte américain, selon RFI.
La France a jugé la fermeture brutale et "extrêmement préoccupante" dans un contexte de regain de tension, rapporte TV5MONDE. Son représentant Jérôme Bonnafont a dénoncé "l'obstruction" russe, selon RFI.
Le Conseil de sécurité reste saisi du dossier
La disparition de la mission ne clôt pas juridiquement le dossier. Comme le rappelle TV5MONDE, la résolution 2797, adoptée en 2025, prévoit que le Conseil de sécurité "reste saisi de la question" du Sahara occidental.
La chaîne cite aussi le précédent géorgien : en 2009, un veto russe avait entraîné le départ d'une mission de l'ONU, qui n'est jamais revenue.
Les Nations unies se disent toujours disposées à accompagner le dialogue et la recherche d'un règlement pacifique par l'intermédiaire de Staffan de Mistura, envoyé personnel du secrétaire général. Antonio Guterres quittera ses fonctions le 31 décembre 2026 et transmettra ce dossier à son successeur, selon TV5MONDE.









