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Claire Moreau

L'Iran frappe une base américaine en Jordanie en représailles aux attaques de pétroliers

Les gardiens de la révolution iraniens ont attaqué mercredi une installation militaire américaine en Jordanie après que Washington a détruit cinq pétroliers iraniens dans le Golfe, marquant une nouvelle escalade dans le conflit autour du détroit d'Ormuz.

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L'Iran frappe une base américaine en Jordanie en représailles aux attaques de pétroliers

Les gardiens de la révolution iraniens ont lancé mercredi 9 septembre une attaque contre la base aérienne d'Al-Azraq en Jordanie, en réponse aux frappes américaines qui ont détruit cinq pétroliers iraniens la veille dans la région du Golfe. Cette escalade intervient alors que le trafic maritime reste paralysé dans le détroit d'Ormuz depuis plusieurs mois.

Selon l'agence officielle Irna, les gardiens de la révolution ont ciblé les infrastructures militaires de la base d'Al-Azraq, située à une centaine de kilomètres à l'est d'Amman. L'attaque aurait endommagé les zones de déploiement des avions de chasse F-35, F-16 et F-15, ainsi que les abris pour avions de combat. La base abrite le quartier général de la 332e escadre expéditionnaire aérienne américaine et a fait l'objet d'investissements de plus de 265 millions de dollars depuis 2017 pour l'expansion de ses infrastructures, incluant des pistes, des puits d'eau et des dortoirs pouvant accueillir jusqu'à 280 personnes.

Cette frappe constitue une réponse directe aux opérations menées mardi par le commandement militaire américain pour le Moyen-Orient (CentCom), qui a détruit cinq pétroliers iraniens après avoir ordonné aux équipages d'abandonner leurs navires. Parmi les cibles figurait un petit pétrolier près de l'île de Kharg, terminal pétrolier stratégique qui assure normalement environ 90 % des exportations de brut iranien, avec une capacité de chargement d'environ 7 millions de barils par jour.

Le secrétaire d'État américain Marco Rubio a averti, lors d'une visite en Colombie, que toute tentative iranienne de frapper des navires de guerre américains entraînerait la destruction de nouveaux pétroliers. De son côté, le général Ali Abdollahi Aliabadi, chef d'état-major des forces armées iraniennes, a menacé de répliquer par des frappes contre les bases américaines de la région en cas de nouvelles attaques contre des pétroliers iraniens.

Les gardiens de la révolution, force militaire idéologique créée en avril 1979 par l'ayatollah Ruhollah Khomeini pour protéger la révolution islamique, opèrent indépendamment de l'armée régulière iranienne et répondent directement au guide suprême. Cette organisation dispose d'environ 190 000 personnels actifs et maintient ses propres branches terrestre, navale, aérienne et de renseignement, ce qui en fait la force militaire la plus puissante d'Iran.

Les gardiens ont également annoncé mercredi qu'ils viseraient des pétroliers au Koweït et à Bahreïn, enjoignant les équipages à quitter immédiatement leurs navires. Par ailleurs, ils affirment avoir saisi l'un des drones sous-marins les plus modernes de l'armée américaine à l'entrée du détroit d'Ormuz. L'armée américaine a confirmé qu'un de ses drones, qu'elle décrit comme un modèle ancien, était tombé en panne dans la région, sans préciser s'il s'agissait de l'appareil revendiqué par Téhéran.

Le détroit d'Ormuz, verrou énergétique mondial

Les échanges de tirs entre Téhéran et Washington se poursuivent dans et autour du détroit d'Ormuz malgré le cessez-le-feu instauré en avril, qui avait suspendu la première phase de bombardements intenses déclenchée par l'attaque israélo-américaine contre l'Iran le 28 février. Les négociations diplomatiques demeurent dans l'impasse, les deux parties se disputant le contrôle de ce passage maritime stratégique.

Dans des conditions normales, le détroit d'Ormuz achemine environ 20 millions de barils de pétrole par jour, soit approximativement 20 % de la consommation mondiale de pétrole et environ 25 % du commerce maritime pétrolier mondial. Environ 84 % du brut et des condensats qui transitent par le détroit sont destinés aux marchés asiatiques, la Chine, l'Inde, le Japon et la Corée du Sud représentant à eux seuls entre 67 et 69 % de l'ensemble des flux. Large de seulement 39 kilomètres à son point le plus étroit, le détroit ne dispose que de couloirs de navigation de 3,2 kilomètres de largeur chacun, séparés par une zone tampon de 3,2 kilomètres.

Depuis le début du conflit, le trafic dans le détroit est quasiment paralysé, perturbant les marchés mondiaux de l'énergie et faisant flamber les cours du pétrole brut. L'Iran exige désormais que les navires obtiennent une autorisation pour franchir le détroit, une mesure fermement rejetée par Washington et plusieurs pays de la région. Le gouvernement américain, qui applique de son côté un blocus sur les ports iraniens, a placé mardi l'ensemble du secteur aérien iranien sur sa liste noire, menaçant de sanctionner toute organisation collaborant avec les compagnies aériennes du pays, dont les principales sont Mahan Air et Iran Air.

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