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Hugo Petit

Choco : un mois après le séisme dévastateur, des milliers de sinistrés attendent toujours une solution de relogement

Plus d'un mois après le tremblement de terre de magnitude 7,4 qui a frappé l'ouest de la Colombie le 10 août, faisant au moins 331 morts, les habitants du Choco, département le plus pauvre du pays, vivent dans des conditions précaires en attendant l'aide promise par l'État.

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Un mois après le séisme dévastateur, des milliers de sinistrés attendent toujours une solution de relogement

Dans le gymnase de Quibdo, capitale du département du Choco, Katherin Renteria Asprilla, 11 ans, a installé une table et une chaise au milieu d'une cinquantaine de tentes. Sur le parquet du terrain de basket-ball, entourée d'une centaine de personnes qui partagent cet abri temporaire, elle s'applique à faire ses devoirs. Avec sa mère Ingris Asprilla Moreno, elle vit depuis plus d'un mois dans cette cohabitation précaire, après avoir perdu sa maison lors du séisme qui a frappé l'ouest de la Colombie le 10 août.

Ce tremblement de terre de magnitude 7,4, survenu à une profondeur d'environ 103 à 110 kilomètres, constitue le plus important événement sismique enregistré en Colombie ce siècle, selon le Service géologique colombien. La secousse a été ressentie dans les pays voisins, notamment en Équateur, au Panama et au Venezuela, et a été suivie d'au moins 21 répliques dans les heures qui ont suivi. Le bilan s'établit à au moins 331 morts.

À l'échelle nationale, plus de 36 000 logements ont été détruits et plus de 100 000 sont considérés comme inhabitables. Au total, 759 immeubles se sont effondrés et plus de 4 300 établissements scolaires ont été affectés, selon un bilan communiqué le 10 septembre par l'Unité de gestion des risques et des catastrophes (UNGRD). La Colombie a déclaré l'état de catastrophe nationale, entraînant la suspension des vols vers plusieurs villes, dont Quibdo, Cali, Armenia, Cartago, Buenaventura et Medellin.

Une région déjà fragilisée

Épicentre du séisme, le Choco cumule les fragilités. Ce département enregistre les taux de pauvreté et d'extrême pauvreté les plus élevés du pays : 67,4 % et 44,9 % respectivement en 2024, selon le réseau d'alerte précoce contre la famine (FEWS NET). Plus de 82 % de sa population est afro-colombienne, avec également des communautés autochtones comme les Embera. Ces populations majoritairement issues de minorités font face à une marginalisation structurelle.

L'isolement géographique du territoire aggrave la situation. Depuis 1967, date à laquelle les fondations initiales d'une autoroute reliant le Choco à Medellin ont été posées, aucune infrastructure routière majeure n'a été construite pour désenclaver la région. Les routes d'accès demeurent rares ou en mauvais état, compliquant l'entrée et la sortie de biens et de services.

L'économie locale repose largement sur l'exploitation minière – le Choco est la deuxième région productrice d'or de Colombie et le premier producteur de platine du pays – mais cette activité est dominée par des opérations informelles, souvent illégales, impliquant des groupes armés. Cette présence de groupes armés fragilise davantage la sécurité et le développement de la région.

Une catastrophe dans un contexte politique délicat

Le séisme est survenu deux jours seulement après la prise de fonction du président colombien Abelardo de la Espriella, le 8 août 2026. Cette première crise majeure pour le nouveau chef d'État complexifie la coordination de la réponse gouvernementale dans une région déjà sous-équipée et difficile d'accès.

La vulnérabilité sismique de la Colombie n'est pas nouvelle. Le pays, situé sur la ceinture de feu du Pacifique, enregistre en moyenne environ 2 500 tremblements de terre par mois, soit près de trois secousses par heure, selon le Service géologique colombien. En 1999, un séisme de magnitude 6,2 près de la ville d'Armenia avait tué plus de 1 100 personnes, démontrant la fragilité du pays face à des événements sismiques pourtant nettement moins puissants que celui du 10 août.

Plus d'un mois après la catastrophe, dans les abris temporaires comme le gymnase de Quibdo, des milliers de sinistrés demeurent sans solution de relogement durable. Ils attendent l'aide promise par un État dont ils dépendent, dans un département où les infrastructures font cruellement défaut et où les cicatrices du séisme restent béantes.

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