L'exécution par peloton du tireur de Fort Hood sera publique et diffusée en direct, annonce le Pentagone
Le secrétaire à la défense américain Pete Hegseth a annoncé jeudi 8 octobre que l'exécution de Nidal Hasan, condamné pour la tuerie de Fort Hood au Texas en 2009, sera publique et diffusée en direct le 3 décembre prochain. Cette décision marque un tournant sans précédent dans l'histoire récente des exécutions américaines.
Dans une vidéo diffusée sur X par des comptes officiels du Pentagone, Pete Hegseth a déclaré que le condamné « sera fusillé par des soldats, comme il se doit, et nous veillerons à ce que le public puisse y assister, à ce que ce soit public ». L'enregistrement a été réalisé mercredi à bord du porte-avions USS Abraham Lincoln pour le média conservateur Real America's Voice.
Un responsable du ministère de la défense a confirmé à l'AFP que l'exécution sera « diffusée en direct », précisant que « des détails suivront ». Il s'agira de la première exécution publique aux États-Unis depuis le 14 août 1936, lorsque 20 000 personnes avaient assisté à une pendaison dans le Kentucky. La plupart des États américains ont interdit les exécutions publiques entre 1936 et 1937.
La fusillade la plus meurtrière sur une base militaire américaine
Le 5 novembre 2009, Nidal Hasan, psychiatre militaire américain d'origine palestinienne, avait ouvert le feu dans un centre médical de la base de Fort Hood, faisant 13 morts dont 12 soldats et des dizaines de blessés. Cette attaque reste la fusillade la plus meurtrière jamais perpétrée sur une base militaire américaine.
Lors de son procès en cour martiale en 2013, Hasan avait déclaré au magistrat qu'il agissait pour défendre « le leadership de l'Émirat islamique d'Afghanistan, les talibans ». Il avait reconnu sa responsabilité dans la fusillade, affirmant avoir ouvert le feu pour protéger les insurgés islamistes des forces militaires américaines, considérant les guerres en Afghanistan et en Irak comme « illégales ».
Touché à la colonne vertébrale durant l'assaut, Hasan est depuis paraplégique et se déplace en fauteuil roulant. Il avait choisi de se représenter lui-même après avoir congédié ses avocats commis d'office, une stratégie inhabituelle qui avait inquiété ses avocats auxiliaires, persuadés qu'il cherchait délibérément à obtenir la peine capitale.
Un précédent historique datant de la Seconde Guerre mondiale
La dernière exécution militaire aux États-Unis remonte au 13 avril 1961, lorsque John A. Bennett, 25 ans, avait été pendu à Fort Leavenworth, Kansas, pour le viol et la tentative de meurtre d'une fillette autrichienne de 11 ans. Pete Hegseth a souligné qu'il s'agira de la première exécution militaire par peloton depuis la Seconde Guerre mondiale.
Le dernier soldat américain fusillé par l'armée fut Eddie Slovik, exécuté le 31 janvier 1945 en France pour désertion. Il reste le seul militaire américain exécuté pour désertion depuis la guerre de Sécession, alors que 49 soldats avaient été condamnés à mort pour ce motif durant la Seconde Guerre mondiale.
J'apprécie notre mentalité pendant la seconde guerre mondiale, qui consistait à gagner, à comprendre que lorsque l'ennemi vous attaque, vous devez tenir bon
Depuis 1916, l'armée américaine a exécuté 135 hommes, mais seulement 10 de ces exécutions ont eu lieu depuis 1951, sous l'égide du Code uniforme de justice militaire moderne. Cette rareté souligne le caractère exceptionnel de la décision concernant Nidal Hasan.
Processus juridique et approbation présidentielle
Selon l'article 71 du Code uniforme de justice militaire, une condamnation à mort prononcée par une cour martiale ne peut être exécutée qu'après approbation présidentielle et épuisement des recours en appel. Le président Donald Trump, qui a approuvé l'exécution de Nidal Hasan, avait auparavant critiqué les exécutions publiques en Iran, évoquant parfois le traitement des manifestants par Téhéran comme justification d'une action militaire contre l'Iran, finalement menée le 28 février.
La Cour suprême des États-Unis a rejeté le 31 mars 2025 la demande d'appel de Hasan, ouvrant ainsi la voie à son exécution. Selon des experts, le condamné pourrait toutefois s'opposer à sa mise à mort en déposant une requête d'habeas corpus devant un tribunal civil pour contester la légalité de sa détention, ce qui pourrait retarder considérablement le processus. Cette option reste néanmoins hautement hypothétique compte tenu de la stratégie adoptée par Hasan lors de son procès.
Interrogé par Jack Posobiec, influenceur d'extrême droite, sur une éventuelle dernière volonté du condamné, Pete Hegseth a répondu :
Je m'en fiche. On verra le 3 décembre.
Contexte et controverses
Cette annonce intervient alors que les États-Unis sont secoués par la controverse entourant l'exécution ratée de Christa Pike la semaine dernière, une condamnée qui a survécu à son injection létale. Selon l'organisation Amnesty International, au moins 17 exécutions publiques auraient été menées à travers le monde en 2025, dont six en Afghanistan et 11 en Iran.
La Cour suprême des États-Unis n'a jamais jugé qu'une méthode d'exécution violait le huitième amendement de la Constitution interdisant les châtiments cruels et inhabituels, bien que certaines juridictions d'États aient déclaré inconstitutionnelles certaines méthodes au regard de leurs lois locales.









